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Comment vivre normalement avec du diabète
Comment vivre normalement avec du diabète
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16 novembre 2012
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

Bien-être et santé

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Comment vivre normalement avec du diabète

Comment vivre normalement avec du diabète

On compte en France 3 millions de diabétiques et des centaines de milliers qui s’ignorent. Gérer et surveiller sa maladie et vivre avec au quotidien est aujourd’hui plus facile.

Vous êtes diabétique si votre glycémie (taux sanguin de sucre) à jeun est supérieure à 1,26 g/l. Il y a en France 3 millions de diabétiques, sans compter les centaines de milliers d’autres qui ignorent leur maladie. Le moins fréquent (10 % des cas), le diabète de type 1 insulinodépendant, apparaissant dans l’enfance ou à l’adolescence, est forcément diagnostiqué tôt car les symptômes sont très révélateurs  : besoin de boire souvent et de manger beaucoup, avec paradoxalement amaigrissement et grande fatigue ou perte de connaissance brutale. Il n’en va pas de même du diabète de type 2, lié au surpoids. La glycémie, taux de sucre dans le sang, s’élevant peu à peu, les signes sont absents ou discrets  : infections urinaires ou cutanées répétées, retard de cicatrisation… Or, sans un traitement adapté et une bonne hygiène de vie, le diabète évolue insidieusement et provoque des complications graves. Une atteinte des petites artères des yeux, responsable de troubles de la vision, voire de cécité, et des reins, qui peut entraîner une insuffisance rénale et nécessiter le recours à la dialyse ou même à la greffe. Une atteinte des nerfs qui provoque une perte de sensibilité au niveau des pieds, d’où infections et ulcérations, parfois amputation, en particulier des doigts de pieds. Une atteinte des grosses artères au niveau du cœur, des carotides (infarctus, accidents vasculaires cérébraux) et des jambes (artérite, gangrène).

 

Prévenir les complications

Toutes ces complications ont un coût et devraient peser de plus en plus sur le budget de l’Assurance maladie (et des malades) dans les années à venir, car le nombre
de diabétiques continue d’augmenter, parallèlement au nombre
de personnes en surpoids ou obèses. L’allongement de la durée de vie va aussi dans le sens d’une hausse du nombre de diabétiques handicapés.

Limiter les risques

Il n’est pas possible d’agir sur le vieillissement ni sur la génétique qui joue un rôle dans les deux sortes de diabète. Surtout dans le diabète de type 1, les diabétiques insulinodépendants ne transmettent pas automatiquement leur maladie à leur progéniture (2 enfants pour 2 000 naissances sont atteints quand un parent l’est). Mais aussi, on le sait moins, dans le diabète de type 2  : une alimentation trop riche en graisses et le surpoids augmentent le risque de devenir diabétique de type 2 de 30 % quand un parent est lui-même diabétique et de 70 % quand les deux le sont. Ici, on peut donc malgré tout limiter les risques en adoptant une bonne hygiène de vie.

Surveiller son alimentation

Même quand le diabète, quel que soit son type, est installé, une alimentation déséquilibrée est néfaste. Des repas équilibrés en sucres, pauvres en graisses saturées, riches en fibres permettent de minimiser les risques, notamment cardiovasculaires. Cela dit, la surveillance diététique diffère un peu selon le type de diabète.

• Diabétiques de type 1

Ils doivent réfléchir à l’avance à ce qu’ils vont manger, s’injecter une dose d’insuline adaptée au repas et respecter leurs prévisions sous peine de surdosage ou de sous-dosage, donc d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie.

• Diabétiques de type 2

Leur surcharge pondérale est surtout localisée à l’abdomen. Ils doivent perdre des kilos, donc réduire leurs apports caloriques  : diminution des graisses animales (viandes, charcuteries, beurre, crème, fromages) et des sucres (confiseries, pâtisseries, boissons sucrées) au profit de sucres complexes (céréales, féculents, fruits secs).

Bouger aussi  !

Une activité physique ou sportive régulière, marche, natation, vélo, gymnastique… est également bénéfique dans le diabète de type 2, en préventif comme en curatif. Elle réduit de moitié le risque d’apparition de la maladie chez les personnes prédisposées. Et une fois que la maladie est là, elle permet d’abaisser la glycémie, de rendre le traitement plus efficace et de perdre du poids. Pour le diabète de type 1, le sport est également recommandé pour ses bénéfices à long terme, mais il faut prendre des précautions  : diminuer la dose d’insuline avant l’effort et avoir sur soi sucres, biscuits ou jus de fruits.

 

SITE INTERNET

Le laboratoire Abbott a lancé en septembre un site très pratique, conçu en partenariat avec des associations de diabétiques, pour les aider à mieux vivre au quotidien avec leur maladie. Bonne idée, un jeu de rôle pour les jeunes. www.freestyle-diabete.fr

Le pied diabétique, prévention et traitement
Parce que des dessins valent mieux que de grands discours, Roche propose une BD sur le pied du diabétique. À commander au N° Azur 0 820 201 045.


 

Réponses d’expert

Pr Bruno Guerci, Chef du service de diabétologie au CHU de Nancy

« L’autosurveillance glycémique des patients sous insuline est insuffisante. »

La Haute autorité de santé (HAS) préconise au moins 4 mesures de la glycémie par jour pour les patients traités par plus d’une injection d’insuline par jour et, pour les jeunes, la Société internationale pour le diabète de l’enfant et de l’adolescent en conseille 4 à 6 par jour. Dans la réalité, il en va tout autrement. En France, 58 % des diabétiques de type 1 et 35 % des diabétiques de type 2 traités par insuline mesurent leur glycémie moins de 3 fois par jour. Or cette autosurveillance fait partie intégrante du traitement. Elle permet d’ajuster sa dose d’insuline et ainsi d’équilibrer son taux de sucre dans le sang, et de prévenir les complications chroniques qui font la gravité du diabète… Pourquoi des chiffres aussi bas  ? Une enquête hollandaise montre que, pour 70 % des patients, les mesures de la glycémie constituent une contrainte dans leur vie quotidienne. Les autres freins sont d’ordre psychologique. Beaucoup de diabétiques n’ont pas envie de penser tout le temps à leur maladie et l’autosurveillance de la glycémie la leur rappelle. Comme c’est une maladie silencieuse, il semble parfois plus simple de l’oublier…  

Abaisser le taux de sucre

Vous êtes peut-être diabétique de type 2 sans le savoir… N’attendez pas d’avoir des complications, faites surveiller votre glycémie dès l’âge de 40 ans tous les deux à trois ans, en même temps que le cholestérol par exemple. Mais aussi en cas de fatigue, d’amaigrissement, de prise de poids, d’infection qui traîne et, bien entendu, tous les ans en cas de forte hérédité, de surpoids, d’excès de cholestérol ou d’hypertension artérielle.

Diabète gestationnel

Vous avez souffert de diabète gestationnel pendant la grossesse ou vous avez donné naissance à un gros bébé (plus de 4,5 kg)  ? Faites doser de temps en temps votre taux de sucre dans le sang car vous risquez de devenir un jour vraiment diabétique.

Votre glycémie est égale ou supérieure à 1,26 g/l  ? Vous avez vraisemblablement un diabète, mais le médecin demandera une autre prise de sang pour vérifier le résultat avant de vous traiter.

Médicament ou insuline  ?

 

Le traitement est différent selon le type de diabète.

• Diabète de type 1

Le corps ne fabriquant plus du tout d’insuline, la solution, et la seule encore en 2012, consiste à lui en fournir par injections plusieurs fois par jour à l’aide d’une seringue ou, plus pratique, d’un stylo injectable. Ou encore d’une pompe à insuline, portable ou implantable, qui délivre l’insuline en continu.

• Diabète de type 2

Lorsqu’il a été diagnostiqué tôt, un changement de mode de vie, alimentation équilibrée et activité physique régulière surtout, peut suffire. En tout cas ça vaut la peine d’essayer, mais le soutien de l’entourage est essentiel. La glycémie ne revient pas à un niveau normal  ? Alors, il faut impérativement et sans tarder prendre des médicaments antidiabétiques par voie orale, seuls ou en association  : metformine, sulfamide hypoglycémiant, in-crétines, analogues du GRP-1, inhibiteurs des alpha-glucosidases, inhibiteur de la dipeptidyl peptidase-4… Si la maladie évolue malgré les médicaments, des injections d’insuline sont souvent nécessaires au bout d’un certain temps, variable selon les personnes. D’où l’intérêt, encore une fois, de surveiller régulièrement votre glycémie  !

Evelyne Oudry

 

IMPACT PSYCHOLOGIQUE

Le diabète peut entraîner une dépression, responsable d’un mauvais contrôle de la glycémie et d’une aggravation de la maladie.


 

À surveiller

- Si votre glycémie à jeun est supérieure à 1 g/l et inférieure à 1,26 g/l, vous avez un prédiabète. Surveillez votre glycémie tous les six mois et prenez des mesures pour limiter le risque d’évolution en diabète.

- Les recommandations nutritionnelles habituelles réduisent d’environ 45 % le taux d’apparition du diabète dans les deux ans chez les personnes prédiabétiques et cet effet préventif persiste encore 10 ans plus tard, même s’il s’atténue. Ceci a été prouvé par les études.

- Les prédiabétiques récupérant une glycémie normale après avoir perdu du poids et/ou accru leur activité physique ne deviennent pas diabétiques. Ce qu’a montré une étude, présentée au dernier congrès de l’American Diabetes Association. En revanche, si leur glycémie reste « limite haute » malgré une modification de leur mode de vie, ils risquent fort de le devenir.


 

Utiliser les lecteurs de glycémie

Les lecteurs de glycémie permettent aux diabétiques de mesurer eux-mêmes leur taux de sucre dans le sang à partir d’une gouttelette prélevée au bout du doigt, pour adapter ensuite leurs doses d’insuline.

Les lecteurs d’aujourd’hui ont bénéficié des progrès technologiques pour minimiser la douleur et faciliter la vie.

Les plus récents ressemblent à de petits téléphones mobiles et sont tout-en-un, sans bandelette. Cassette intégrée pour réaliser 50 glycémies, barillet de lancettes, manipulations réduites, transfert possible sur ordinateur… tout est conçu pour gagner du temps et améliorer l’autosurveillance, donc le traitement.


 

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Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés
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Diabète