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« Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? » Alice Miller
« Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? » Alice Miller
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22 mars 2010
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Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Tichote

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« Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? » Alice Miller

« Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? » Alice Miller

J’ai reçu un commentaire lors de la parution de mon précédent article : Mon expérience en psychiatrie. Mon interlocuteur s’exprimait en ces termes : Psychiatrie et Psy = Danger ! Pour m’expliquer son ressenti il me renvoyait vers différents liens :

 
Je les ai découvert avec mon propre ressenti et mon propre vécu. J’ai toujours eu un fonctionnement de la pensée qui m’incite à considérer que rien ne peut être tout blanc ou tout noir.
Que des abus soient dénoncés en cas de connivence avec des laboratoires pharmaceutiques est une bonne chose car ces abus existent.
Que des psychiatres véreux existent, cela ne me surprend pas car je ne connais aucune catégorie professionnelles, ni même aucune organisation politique qui ne compte pas en ses rangs « des brebis galeuses »

J’ai aimé lire et découvrir les propos de Alice Miller, docteur en philosophie, psychologie et sociologie, ainsi que chercheur sur l'enfance.

Je me suis arrêtée sur l'article d'Alice Miller. « Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? »

« Je sais comme il est difficile de trouver le bon thérapeute mais néanmoins je pense que c'est possible si vous connaissez vos besoins. Alors, j'essaie ici de répondre à quelques questions qui peuvent vous encourager à vérifier l'attitude du candidat qui pourrait être votre thérapeute »

Car notre problème est bien là : Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ?

Et ce chemin de croix, je l’ai passé au côté de ma fille en m’adressant à plusieurs psychiatres et psychologues.

Je ne connaissais pas les besoins réels de mon enfant et ce « foutu secret professionnel » ne m’a jamais permis de savoir sa pathologie.

Elle était Borderline et le 1er Psychiatre qu’elle a rencontré à Douai n’a nullement hésité dans son diagnostic qu’il a fait parvenir au médecin traitant de ma fille.

Elle a été orientée vers le CMP (Centre Médico Psychologique)

En dépit de tout cela, j’ai vu sombrer mon enfant dans la boulimie et dans la drogue.

Que devais-je faire ? J’ai cherché de l’aide, encore et toujours…

J’ai réussi à faire admettre à Céline qu’un séjour dans un établissement qui pourrait l’aider à surmonter sa dépression et à se sevrer de la drogue serait des plus bénéfiques.

Avec son accord nous nous sommes rendues à la clinique de *** où j’ai pu rencontré le docteur *** avec ma fille le 20 juillet 2005 lors de l’entretien de pré-admission.

Il m’a ainsi pour la 1ère fois été donné d’exprimer toutes mes craintes sur l’évolution dramatique de son état général.

Ma fille est entrée en clinique le 27 juillet 2005, et pendant prés d’un mois je reprenais espoir chaque jour, la sentant plus calme au téléphone et lors de mes visites.

C’est terrible l’espoir quand d’un seul coup le couperet tombe ; le Docteur ***m’a appelé le 23 août pour venir rechercher immédiatement ma fille qui faisait l’objet d’un renvoi par mesure disciplinaire.

Aucun contact ne m’a été permis auprès du corps médical, la directrice que j’ai rencontré a eu l’attitude fermée des responsables qui ne veulent rien entendre en se retranchant à plusieurs reprises derrière la décision médicale.

Le mercredi 25 août, ma fille m’appelait de chez elle en pleine crise de désespoir, elle se claquait contre les murs. J’ai réussi tant bien que mal à la calmer et à lui faire admettre qu’il lui fallait revoir notre médecin traitant. Elle m’a averti le soir même qu’elle avait obtenu un rendez-vous pour le lendemain 16H et mon conjoint qui était en congé lui a promis de l’accompagner.

Le médecin traitant n’a eu aucune hésitation et a informé mon conjoint qu’il demandait son placement d’office car Céline est dangereuse pour elle-même et pour autrui.

Sectoriellement, la compétence géographique dans la situation de ma fille revenait au Centre Hospitalier de ***. Mon conjoint est informé à son arrivée avec ma fille dans l’unité psychiatrique qu’il faut d’abord passer par les urgences.

Une voix féminine (la neuro psychiatre des urgences) m’appelle par téléphone et me demande mon avis en qualité de mère.

Je lui exprime mon désarroi face à la détérioration de l’état de santé de Céline. Je donne mon accord ce soir là sur le placement de Céline et la neuro psychiatre des urgences m’informe que je pourrai passer au 5ème étage de l’unité psychiatrique pour amener à ma fille ses affaires.

Le lendemain, vendredi 26 août, j’appelle le service : on m’informe que ma fille est au 4ème étage, elle n’a pas encore vu le psychiatre, elle ne veut pas rester et me demande d’intervenir auprès de la Clinique où elle avait séjourné.

J’appelle donc, réponse m’est donnée que le docteur *** ne sera pas là avant lundi. Je rappelle l’hôpital de *** en les informant de la réponse faite par la clinique. J’évoque ma détermination à laisser ma fille en lieu sûr allant jusqu’à proposer de signer une demande de tiers.

Il m’est simplement répondu que le psychiatre examinera ma fille.

Vers 12H15, je rappelle à nouveau le service, le psychiatre a jugé ma fille calme et il m’est demandé de venir la reprendre.

Lorsque j’arrive au 4ème étage du Pavillon *** (unité psychiatrique), une personne veut me conduire vers ma fille en me disant « vous pouvez l’emmener ».

J’élève le ton en réclamant de voir le psychiatre qui a examiné ma fille. On me répond qu’elle n’est pas là pour l’instant. J’insiste pour attendre dans le service.

Quelques instants plus tard, ma fille arrive et me serre dans ses bras. Je lui dis que je ne veux pas la reprendre, que pour sa sécurité il faut qu’elle reste quelques jours, le temps de trouver une autre solution.

Ma fille s’énerve, devient agressive. Une dame qu’on m’informe être le psychiatre intervient en m’accusant ; ma fille était calme jusqu’alors. Elle ne comprend pas mon obstination mais quand je lui demande de me signer un bon de sortie attestant que ma fille est mentalement apte à sortir, il m’est répondu qu’on ne délivre pas de bon de sortie et que c’est une affaire à régler entre ma fille et moi.

Mon conjoint, qui m’a accompagné, est envoyé au rez de chaussée et moi je suis invitée à dialoguer avec ma fille dans sa chambre.

Je m’exécute et j’entreprends de calmer ma fille, de lui demander un peu de patience, de me laisser le temps d’intervenir auprès de la clinique, qu’on trouverait une solution.

Mais ma fille n’entend déjà plus rien, elle est en crise et me bouscule. Je lui prends les mains ; elles sont couvertes de bleus tant elle a du serrer les poings lorsqu’elle était en crise et taper dans le mur de son appartement.

Je retourne en pleurant vers le bureau des infirmières et je crie : « vous pouvez me donner le mauvais rôle mais vous ne pouvez pas la laisser comme cela. Il s’agit de sa sécurité vous comprenez ».

Et je m’enfuis dans l’ascenseur en pleurant à la recherche de mon conjoint. Je le rejoins et m’effondre dans ses bras à la cafétéria. Il me fait prendre un Xanax et parvient doucement à me calmer.

Lorsqu’une jeune fille de salle du personnel du service que je venais de quitter intervient pour me demander de remonter car ils ne parviennent pas à calmer ma fille.

Je remonte, ma fille est en train de hurler, personne ne peut la contenir. En me voyant elle se jette dans mes bras et me serre en disant « je croyais que tu étais partie sans me dire au revoir ». J’interpelle la psychiatre en lui demandant si elle oserait la laisser sortir dans cet état, elle convient que non et me demande de venir la reprendre le lendemain.

Céline se calme dans mes bras et accepte avec difficulté de me laisser partir.

Céline sortira le lendemain, contre mon avis, contre l’avis de notre médecin traitant.

Deux jours après, elle sera retrouvée pendue dans son petit appartement de Sallaumines.

Comme vous le voyez, moi aussi j’ai beaucoup de rancœur contre certains professionnels de la santé mentale.

Je ne pourrai jamais réécrire cette histoire : Personne ne me rendra mon enfant que je pleure encore chaque jour.

Face à ce drame terrible, j’ai maintes fois été tentée de suivre mon enfant en renonçant à ma vie de souffrance.

Ce serait oublier que j’ai encore un fils.

Ce serait oublier que j’ai de l’amour autour de moi.

Alors je survis, avec l’aide d’un thérapeute qui a acquis toute ma confiance au fils des années. C’est un chemin long et difficile qu’on ne peut parcourir seul.

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