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Cholestérol : et si on lui fichait la paix ?
Cholestérol : et si on lui fichait la paix ?
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20 décembre 2010 | 3 commentaires
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Dimitri Jacques, 16 articles (Naturopathe)

Dimitri Jacques

Naturopathe
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Cholestérol : et si on lui fichait la paix ?

Cholestérol : et si on lui fichait la paix ?

On nous a tous rebattu les oreilles à propos du cholestérol, de son lien avec les maladies cardio-vasculaires, de l’existence d’un bon et d’un mauvais cholestérol. Il est important de faire la part des choses pour éviter d’incriminer abusivement une substance essentielle à l’organisme et dont l’insuffisance peut devenir rapidement préjudiciable.

Comment le cholestérol parvient à boucher nos artères ?

Essayons d’abord de comprendre comment des processus normaux dégénèrent. Le cholestérol ne circule pas tout seul dans nos artères, il est acheminé par des protéines de transport. Les LDL qui acheminent le cholestérol vers les différents sites où il est attendu, notamment pour fabriquer des hormones ou comme réserves d’énergie. Dans l’autre sens, les HDL effectuent un retour du cholestérol excédentaire.

Lorsqu’ils sont attaqués par des radicaux libres, les transporteurs LDL abandonnent dans le sang le cholestérol qui va alors se déposer sur les parois. Cela accroît le risque d’athérosclérose, un épaississement des parois artérielles pouvant conduire à l'obstruction des artères et à un accident cardiaque. C’est ce qui nous a conduit à décréter mauvais le cholestérol circulant par LDL, sans doute un peu hâtivement.

Ces transporteurs posent problème lorsqu’ils sont présents en trop grand nombre. Si nous mangeons des aliments gras en excès, en particulier riches en acides gras saturés et oméga-6, il faudra logiquement davantage de transporteurs pour acheminer ces graisses. Or, lorsque les transporteurs sont plus nombreux, la circulation est encombrée, ils restent plus longtemps dans le sang et sont donc davantage exposés à l’oxydation.

Les transporteurs oxydés vont coller et s’attaquer aux parois de l’artère jusqu’à pénétrer dans la couche périphérique interne appelée endothélium. Des cellules macrophages, jouant les dépanneuses et les camions poubelles, vont converger sur le lieu de l’accident afin de d’évacuer les transporteurs hors d’usage. Pour réduire les résidus de l’accident, elles libèrent des radicaux libres qui vont oxyder à leur tour les transporteurs LDL passant à proximité. Cela créé un amas supplémentaire, comme un attroupement autour de l’accident, qui va dégénérer en une inflammation de la paroi. Des plaquettes vont alors s’agglomérer pour recouvrir les lésions et une masse graisseuse va se former en dessous, avec entre autres le cholestérol abandonné. Il n’y a plus beaucoup d’espace dans ce qu’on appelle la lumière vasculaire pour permettre le passage du sang. Comme le sang est trop épais car saturé en graisses, il va se former un caillot qui va finir par obstruer complètement l’artère.

Pourquoi avons-nous du cholestérol dans le sang ?

Vous l’aurez compris, le problème n’est pas le cholestérol en lui-même, mais le phénomène d’oxydation qui touche les transporteurs du cholestérol. Le Docteur Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur en nutrition, est explicite sur ce point : « Si vous pouvez éviter que votre cholestérol-LDL s’oxyde, vous éviterez qu’il ne soit transporté par les macrophages jusqu’aux parois de vos artères. »

Nous devons donc limiter autant que possible la formation de radicaux libres dans notre organisme. Plusieurs facteurs convergents entre en ligne de compte : la souplesse des membranes cellulaires, le stress oxydatif, l’équilibre acido-basique et la fluidité du sang. Tout cela est lié directement à la qualité de ce que nous mettons dans notre assiette. Le fait que nous mangions mal est directement responsable des réactions chimiques qui provoquent l’abandon de cholestérol dans nos artères.

Lorsqu’on sait que notre organisme en synthétise la majeure partie et que notre nourriture nous en apporte somme toute très peu, on se demande pourquoi on nous incite à manger toujours moins de cholestérol. C’est comme si on cherchait à avoir le moins d’eau possible dans une piscine pour prévenir la noyade. Le mieux n’est-il pas d’apprendre à nager ? Rechercher à obtenir le taux de cholestérol le plus bas possible n’est donc pas justifié. Cela pourrait même s’avérer dangereux pour la santé.

Si l’organisme fabrique du cholestérol, ce n’est pas pour rien :
- Les graisses jaunes que l’on peut voir autour du cœur, comme de la plupart des organes d’ailleurs, correspondent au cholestérol et constituent des réserves d’énergie indispensables.
- Les membranes cellulaires ont besoin de cholestérol pour se maintenir. Elles sont constituées d’oméga-3 et d’oméga-6 enfilés comme des perles sur un fil de cholestérol. En manquer signifie donc des cellules plus fragiles, moins étanches, qui vont se laisser pénétrer par les radicaux libres et un certain nombre de toxines à l’origine de nombreuses maaldies métaboliques.
- Le cholestérol joue un rôle important la synthèse de la plupart des hormones. Les personnes qui manquent de cholestérol connaissent de ce fait une baisse de leur libido et des troubles psychiques.

Quels sont les facteurs qui conduisent à cette oxydation ?

Ils sont nombreux. J’en citerai quelques uns. La cuisson au micro-ondes d’abord. Il a été observé que les minéraux des légumes cuits au micro-onde sont transformés en radicaux libres. Par la modification de leur charge électrique, ces molécules se retrouvent avec un électron libre, ce qui leur confère une très grande réactivité vis-à-vis des autres molécules qui deviennent neutralisées et inutilisables.

Le stress, qui provoque toute une série de réactions biologiques et laisse derrière lui de nombreux résidus. En s’accumulant dans nos tissus, ils seront l’objet de réactions d’oxydation. Chez des personnes en situation de stress chronique, les dégâts causés à l’organisme peuvent devenir importants.

Les particules de pollution dans l’eau ou dans l’air, mais aussi les additifs alimentaires, dont beaucoup sont considérés comme indésirables par l’organisme qui va mobiliser ses défenses pour les neutraliser et les évacuer. Cela nécessite une action de phagocytose de la part de l’organisme, naturellement génératrice de radicaux libres. Ainsi, lorsque des toxines viennent se déposer sur la paroi des artères, celle-ci fera les frais d’une oxydation la fragilisant.

Au sein de l’organisme même, de mauvais échanges cellulaires peuvent provoquer une oxydation. A l’intérieur d’une cellule, les mitochondries sont le siège de réactions productrices d’énergie qui libèrent en permanence des radicaux libres. La plupart sont contenus par le système antioxydant interne à la cellule. Mais si la membrane manque de cholestérol et d’acides gras oméga-3, elle sera fragilisée et risque de laisser passer de nombreux radicaux libres.

Les statines, médicaments qui font baisser le cholestérol, sont accusées d’effets secondaires importants. Qu’en est-il ?

Les patients soumis à une statine se plaignent le plus souvent de douleurs musculaires, parfois accompagnés d’une perte de force musculaire. En cause, un déficit en Coenzyme Q10. Cette molécule est indispensable au processus de respiration cellulaire au niveau des mitochondries, là où les nutriments apportés par l’alimentation sont transformés en énergie pour nos cellules. Le CoQ10 permet aussi de limiter la production de radicaux libres pendant ce processus. Une carence peut provoquer une explosion radicalaire susceptible d’altérer la membrane des cellules et de déstabiliser l’ensemble de leurs échanges vitaux.

Une étude en double aveugle menée par des chercheurs italiens sur deux statines différentes a montré que celles-ci faisaient baisser le taux de cholestérol et de CoQ10. Une autre étude a montré une diminution de 40% des douleurs musculaires sur des patients traités par statines et supplémentés en CoQ10 à raison de 100mg par jour. Les personnes qui ne veulent pas remettre en cause leur statine doivent au moins se complémenter régulièrement en Co-Q10.

Les statines agissent en neutralisant l’activité enzymatique qui permet la production du cholestérol au niveau du foie. Or, cholestérol et CoQ10 sont tous deux synthétisés dans le foie et sont issus de réactions biochimiques très proches. Difficile de réduire la synthèse de l’un sans affecter celle de l’autre. La science médicale considère encore trop l’organisme comme une mécanique immuable alors que des millions d’échanges qui se jouent à chaque instant, dont beaucoup nous échappent encore.

Au-delà du CoQ10, malheureux dommage collatéral, la baisse du cholestérol elle-même peut poser problème. Des chercheurs de l’Université de Berne ont mis en évidence que les membranes cellulaires présentaient des anomalies suite à une baisse du cholestérol même mineure. Les cellules des muscles en souffrent le plus, parce que leur membrane est structurée de manière à transmettre efficacement les influx nerveux. Les chercheurs mentionnent que dans 5 à 10% des cas, le traitement par statine provoque des problèmes musculaires potentiellement graves.

Ces problèmes musculaires sont particulièrement malvenus, car à mesure qu’ils progressent ils dissuadent le patient de pratiquer un exercice physique régulier indispensable à sa santé cardiaque. Ce qui pourrait conduire la prise de statine à l’opposé du résultat recherché, à savoir prévenir les accidents cardiovasculaires !

Il existe des symptômes à d’autres niveaux, notamment neuro-endocriniens, dont la survenue est plus fréquente qu’on veut bien le dire : fatigue importante avec sensation d’épuisement, nervosité, anxiété, crises d’angoisse, difficultés à se concentrer, troubles du sommeil, perte d’appétit. Des symptômes qui peuvent suggérer une dépression. Certains médecins ne feront pas le rapprochement avec les statines et prescriront des antidépresseurs, rajoutant au désordre chimique dont on accable l’organisme. Cela n’a pourtant rien d’étonnant quand on sait que le cholestérol sert à produire les hormones du stress (cortisol, adrénaline, noradrénaline) au niveau des glandes surrénales, qui nous permettent de nous adapter physiquement et psychologiquement à notre environnement.

A en croire les recommandations des fabricants, ces effets secondaires inquiétants seraient somme toute assez rares et pas nécessairement liés à la prise de statine. Pourtant, selon une étude menée auprès de 650 patients sous statines, 87% d’entre eux ont consulté leur médecin pour des effets secondaires. D’autres études montrent que les symptômes connaissent en général une disparition rapide à l'arrêt de la statine et récidivent peu après la reprise. De quoi inciter les gens à faire le point avec leur médecin sur les véritables enjeux, et aussi à interroger leur pratique alimentaire.

Existe-t-il une alternative comme des statines naturelles ?

Comprenons bien que s’il y a trop de cholestérol, c’est que l’organisme en fabrique trop. Nous devons d’abord identifier ce qui dans nos habitudes alimentaires est susceptible de pousser notre organisme à en fabriquer plus que de raison. Par exemple, les excédents de sucre et d’alcool sont transformés en certaines graisses dont le cholestérol.

Certaines personnes connaissent il est vrai des faiblesses constitutionnelles qui les prédisposent à un mauvais métabolisme des graisses. Il est nécessaire d’adopter une alimentation non pas pauvre en cholestérol mais riche en nutriments qui aident l’organisme à le réguler.

Une supplémentation alimentaire est judicieuse. Nous disposons aujourd’hui d’études qui montrent que des extraits de plantes permettent de réguler les taux de lipides circulants. Quelques laboratoires, conjuguant la connaissance traditionnelle des plantes avec les dernières avancées scientifiques, proposent des formulations intéressantes dans le but de réguler le taux de cholestérol.

L’une d’entre elle a fait l’objet d’une étude en double aveugle conduite chez 42 personnes présentant un taux de cholestérol total supérieur à 2,2g/L. Les résultats semblent concluants puisque comparée au groupe placebo, la prise du complément alimentaire pendant un mois seulement a permis de diminuer significativement le cholestérol total en moyenne de 15,3% et le taux de LDL-cholestérol de 21,4%.A noter qu’aucun des volontaires n’a présenté d’effet indésirable même modéré.

On retrouve dans ce type de formulation des plantes drainantes comme le pissenlit et l’artichaut. Surtout, la levure de riz rouge, un micro-organisme qui produit le pigment rouge responsable de la couleur de ce riz. Utilisé depuis des millénaires dans la cuisine chinoise, ce pigment est riche en lovastatine, une molécule hypocholestérolémiante par ailleurs synthétisée dans certains médicaments. Présente ici à l’état naturel, elle diminue la synthèse du LDL-cholestérol et facilite l’élimination des excédents.

Dimitri JACQUES, naturopathe, psychopraticien

POST-SCRIPTUM

  • Livres à lire pour aller plus loin :
    • Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, du Dr Michel de Lorgeril, aux éditions Thierry Souccar
    • Okinawa, un programme global pour mieux vivre, du Dr Jean-Paul Curtay, aux éditions Anne Carrière
    • Le cholestérol exactement, de Christian Brun, aux éditions Jouvence

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Commentaires
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par Estelle Vereeck (IP:xxx.xx8.135.53) le 23 décembre 2010 a 08H42
Estelle Vereeck, 26 articles (Dentiste)

À propos des "artères bouchées" citées dans l’article, des études ont mis en évidence le rôle joué par les bactéries buccales provenant des poches parodontales ou déchaussement : http://www.holodent.com/article-161...

Avant d’accuser le cholestérol, pensez à faire vérifier l’état de vos dents.

1 vote
par phil443 (IP:xxx.xx6.155.89) le 10 mars 2011 a 11H47
phil443 (Visiteur)

bonjour,

votre article est quand même assez paradoxal puisqu’il s’intitule "Cholestérol si on lui fichait la paix", et qu’en même temps vous ne cessez, tout au long de l’article, de dire comment il faut faire pour le baisser... ce qui signifie qu’au fond de vous-même vous continuez de considérer ce cholestérol comme un ennemi majeur de nos artères...

Vous reprenez tous les poncifs de la médecine cardiovasculaire - laquelle n’a jamais été vérifiée par personne - à savoir : "Le cholestérol en excédent se dépose sur la paroi des artères", vérité révelée (sans preuves) du cholesterol business.

Oui mais alors s’il en est ainsi, comment expliquez-vous que 50% des pontés cardiaques (ou des victimes d’athérosclérose) aient un taux de cholestérol bas, ou en dessous des "normes" ?

La vérité est que l’étiologie de l’athérosclérose (le bouchon à l’origine des AVC et autres infarctus) nous est inconnue. Il faut avoir l’humilité de l’admettre.

Seulement 10% de la lésion mortifère est constituée de cholestérol, oxydé ou non. ça par contre on le sait : est-ce vraiment en agissant sur ces 10% qu’on espère obtenir le moindre résultat dans la diminution des maladies cardiovasculaires ?

Le bourrage de crâne est si puissant (et tellement ancien) qu’il faut se livre à un véritable brainstorming pour se débarrasser des idées qui polluent inconsciemment nos cerveaux.

Les artères sont comme les poêles tefal, anti-adhérentes (la nature ne s’est quand même pas foutue de nous) et en aucun cas un soi-disant excès de lipides ne va s’amuser à se déposer dessus, comme le cambouis sur une durite ! il ne faut pas confondre médecine et plomberie...

Voilà la raison pour laquelle la campagne anticholestérol est un échec cuisant : plus les gens font baisser leur cholestérol et + les maladies CV augmentent...

CHERCHEZ L’ERREUR

amicalement Phil

0 vote
par guilmet (IP:xxx.xx9.57.45) le 14 mars 2013 a 20H51
guilmet (Visiteur)

tres bien, votre article. malheureusement,on ne trouve que des erreurs sur la nocivité du cholestérol. je pense que le laboratoire Merck a largement payé Google