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Chambres individuelles à l’AP-HP : le point de vue d’un représentant des usagers
Chambres individuelles à l'AP-HP : le point de vue d'un représentant des usagers
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20 janvier 2011
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Chambres individuelles à l’AP-HP : le point de vue d’un représentant des usagers

Chambres individuelles à l'AP-HP : le point de vue d'un représentant des usagers

L’AP-HP va mener une expérimentation dans cinq de ses hôpitaux sur la mise en place d’une tarification spécifique pour les patients qui souhaitent bénéficier d’une chambre individuelle.

Patrick de Courcel, représentant des usagers de l’hôpital Bichat (AP-HP), expose les raisons qui l’amènent à soutenir cette initiative.

Comment avez-vous été impliqué dans la réflexion autour du projet d’expérimentation proposé par l’AP-HP et quelle est votre position ?

En novembre, au cours d’une réunion avec des représentants des usagers, l’AP-HP a présenté son projet d’expérimentation ; compte-tenu des garanties apportées par l’AP-HP sur le respect de quelques principes que j’estime fondamentaux, j’ai considéré pouvoir soutenir cette expérimentation ; je la suivrai avec beaucoup de vigilance.

La plupart des patients préfèrent évidemment être hospitalisés dans une chambre individuelle plutôt que double (même si ce n’est pas le cas de tous : certains n’ont tout simplement pas envie d’être seuls) . La chambre individuelle est jugée plus confortable pour se reposer, lire, recevoir ses proches, avoir plus d’intimité, etc.

Mais certaines personnes ont un besoin véritable d’être en chambre individuelle, du fait de leur état de santé, notamment celles qui sont en fin de vie, qui ont subi une intervention lourde, ou bien à cause de risques de contagion par exemple. C’est au corps médical d’en décider et ces personnes doivent pouvoir bénéficier d’une chambre individuelle sans aucun supplément. C’est évidemment une priorité absolue. D’autres patients n’ont pas forcément besoin d’une chambre individuelle, mais peuvent le souhaiter pour de simples raisons de confort personnel. Dans ce cas, pourquoi ne pas leur faire prendre en charge, à eux ou à leur mutuelle, ce supplément de confort que leur état de santé ne nécessite pas ?

Ce dispositif est déjà appliqué en régions. A-t-on le recul nécessaire pour juger de son efficacité ?

Il me semble important de réaliser cette expérimentation à l’AP-HP pendant la durée nécessaire, pour étudier à la fois la faisabilité pratique et administrative, la proportion de patients susceptibles d’être concernés, le comportement des mutuelles, les réactions des patients, les leçons à tirer de la pratique des autres hôpitaux français, etc. La plupart des hôpitaux en France, et en particulier les Hospices civils de Lyon ou l’AP-HM de Marseille, le font déjà ; je ne vois pas de raisons de principe pour lesquelles l’AP-HP ne pourrait pas le faire aussi.

Certaines voix critiquent une évolution vers une hospitalisation « à deux classes ». Qu’en pensez-vous ?

Ce sont des positions respectables, et il faut y être attentif ; mais si l’hôpital public ne peut apporter à ceux qui le souhaitent et peuvent le prendre en charge le confort accru d’une chambre individuelle, le risque n’est-il pas de les voir déserter l’hôpital public pour le privé ? et nous aurions alors là une véritable ’"hospitalisation à 2 classes". En fait, il faut vraiment accroître l’effort de construction de chambres individuelles ; le jour où il n’y aura plus que des chambres individuelles, le problème ne se posera plus, mais cela prendra évidemment beaucoup de temps et d’argent.

Pour les usagers que je représente, la priorité absolue est que l’hôpital apporte à tous les patients les soins de qualité qui sont nécessités par leur état. Cet objectif doit être garanti dans un contexte où la santé coûte de plus en plus cher et où le risque est que la pression sur les coûts ne se traduise toujours par une réduction des moyens, notamment au niveau des personnels soignants dont je tiens à souligner le travail remarquable et dévouement exceptionnel. Si cette possibilité de tarification des chambres individuelles est un moyen de réduire, même modestement, cette pression, alors elle doit être considérée, dès lors que les principes fondamentaux que garantit le protocole d’expérimentation proposé par l’AP-HP sont respectés. Je les rappelle brièvement : ne sont pas concernés les patients pour lesquels le corps médical estime que leur état nécessite une chambre individuelle, ni les patients en fin de vie, ni ceux placés dans certains services comme réanimation, soins intensifs, psychiatrie, etc.... enfin, celà doit résulter d’un choix éclairé du patient lui-même.

Les représentants des usagers seront évidemment très vigilants sur le respect de ces principes et suivront avec attention le déroulement de cette expérimentation.

SOURCES

  • http://www.lewebzine.aphp.fr/spip.php?article676
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Hôpital