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Cannabis : le débat est rallumé !
Cannabis : le débat est rallumé !
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6 juin 2012 | 3 commentaires
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Cannabis : le débat est rallumé !

Cannabis : le débat est rallumé !

La question de la dépénalisation de l’usage du cannabis est brusquement remontée à la surface. Et le feu a été mis aux poudres par Cécile Duflot, ministre écologiste du Logement. Bon nombre de responsables politiques ont exprimé leur désaccord sur une éventuelle modification de la législation sur le cannabis, et la droite s’est empressée de saisir l’occasion pour sortir l’artillerie lourde à quelques jours du scrutin. Mais si quelques voix dissidentes au PS ne s’opposent pas au débat, la position de madame Duflot est surtout soutenue par des spécialistes du chanvre. Rien de nouveau : Le monde scientifique et les experts en matière de santé font preuve de davantage de réflexion que les politiques sur la question -ô combien délicate- du cannabis.

Cécile Duflot a redonné de la voix aux écologistes pour pimenter quelque peu la campagne. Aux micros de RMC et BFM TV, la ministre du Logement s’est prononcée pour la dépénalisation du cannabis, une position défendue de longue date chez les Verts : « L’objectif est double : il est de faire baisser le trafic, de supprimer le trafic et la violence notamment, et d’avoir une politique de santé publique ». La secrétaire nationale d’EELV estime qu’ « il faut considérer que le cannabis, c’est comme l’alcool et le tabac, même régime : une politique de santé publique et de prévention, notamment vis à vis des plus jeunes ».
 
Consciente du fait que cette prise de position est en contradiction avec la politique du gouvernement, Cécile Duflot a bien précisé qu’il ne s’agit là que de la position défendue par les écologistes, et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui l’a bien entendu de cette oreille, a pris soins de clarifier aux journalistes que « le gouvernement n’a rien dit sur le sujet ». Au PS, si Manuel Valls, Claude Bartolone et François Hollande en personne prennent clairement leurs distances avec la jeune ministre du Logement, d’autres sont bien plus nuancés. Daniel Vaillant, maire du XVIIIème arrondissement de Paris, qui se prononce à titre personnel pour une « légalisation contrôlée » répond ainsi aux boulets de canon tirés par l’UMP, qui s’est donnée à cœur joie pour bondir sur l’affaire : « Est-ce que la lutte contre le cannabis est une réussite en France ? La réponse est non. La droite nous a mis dans l’échec. Ils sont mal placés pour venir parler du bilan : Il y a en France 13,5 millions de personnes qui ont déjà fumé et plus de 4,5 millions qui fument annuellement. Il faut faire évoluer la législation et donner aux médecins la capacité de soigner et d’empêcher la douleur des gens ».
 
Quant à François Rebsamen président du groupe PS au Sénat, il maintient son souhait personnel de vouloir sanctionner la consommation de cannabis par une contravention, ce qui ferait de l’usage de cette plante un délit d’une moindre gravité : « Dans ce pays on se voile les yeux. Les jeunes qui fument du cannabis dans la rue sont fichés comme des grands bandits alors qu’en réalité, c’est de soins thérapeutiques et de prévention dont on a besoin ». Enfin, l'idée de la légalisation fait son chemin au Parti radical de gauche. Jean-Michel Baylet, le président du PRG, estimant même qu'il faudrait vendre le cannabis en pharmacie, « où il serait contrôlé et de bonne qualité », cette mesure « permettant de détruire l'économie souterraine mafieuse sur laquelle repose aujourd'hui la distribution du cannabis  ».

Se tenant quelque peu à l’abri de la fumée qui se dégage de ce champ de bataille à J-4 des législatives, l’hebdomadaire Le Point est allé interviewer le docteur Marc Valleur, médecin-chef de l’hôpital Marmottan, où nombre de toxicomanes viennent se faire prendre en charge. Pour ce spécialiste des drogues, il y a matière à relativiser le cannabis : « Cette plante peut donner lieu à une dépendance, elle peut avoir des effets néfastes sur les poumons et c'est un produit cancérigène. Elle peut provoquer des attaques de panique et il existe une corrélation entre sa consommation et certaines formes de troubles psychiques, comme la schizophrénie. Mais ce n'est pas un produit véritablement dangereux contrairement à d’autres drogues ». Le cannabis possède même plusieurs vertus médicales pour les patients atteints de maladies, de douleurs liées à une sclérose en plaque, au sida ou au cancer. L’usage médical de cette plante est ainsi autorisé dans plusieurs pays.

Illustration : Feutre vengeur, AgoraVox.

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Commentaires
0 vote
(IP:xxx.xx5.137.222) le 7 juin 2012 a 21H00
 (Visiteur)

Bien voyons, pourquoi sans privé, la mafia est heureuse de cette initiative, moins de risque et payé rubis sur ongles !

2 votes
par alberte (IP:xxx.xx7.21.101) le 8 juin 2012 a 09H10
alberte (Visiteur)

quand donc les politiques auront le courage d’accepter que la criminalisation du cannabis est une sombre erreur stupide , quand donc le milieu médical osera dire sans circonvolution "protectrice" que le cannabis est bien moins nocif que l’alcool le tabac, les tranquillisants etc (il n’y a pour ainsi dire pas de phénomène d’addiction, et la panique etc est rarissime en plus le traficotage du produit y est pour beaucoup, même si une information est absolument préférable avant usage, à cause des mix) Par contre, il est sûr son trafic participe à une économie de subsistance dans les quartiers. Avoir laissé s’établir un trafic en fermant les yeux parce que cela évitait de s’occuper de problèmes sociaux dont les politiques sont responsables est tout autant criminel et même davantage que de fumer un joint Rendre au cannabis son statut primitif de plante quelconque aux petits effets récréatifs et/ou thérapeutiques ne pose problème que parce qu’il est terriblement difficile, maintenant, de reprendre rapidement en main le volet social que sa prohibition a contribué à faire perdurer . ce serait bien de le reconnaître.

0 vote
par roger (IP:xxx.xx1.191.132) le 1er janvier 2014 a 02H35
roger (Visiteur)

Les gouvernements aiment mieux récolter l’argent de la justice et d’infractions criminelles que de contrôler la légalisation qui serait mieux encadrer et bien plus lucratif pour la société. ...