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Cancer : Sociologie du dépistage
Cancer : Sociologie du dépistage
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28 juin 2012
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Luc Perino, 5 articles (Médecin)

Luc Perino

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Cancer : Sociologie du dépistage

Cancer : Sociologie du dépistage

D’après les méta-analyses les plus récentes, le dépistage du cancer du sein constitue un bénéfice pour environ une patiente sur mille. Le ratio bénéfice-risque reste donc « officiellement » positif.
La plupart des médecins sont favorables à ce dépistage. Et en France, il s’agit d’un dépistage dit « organisé » avec forte publicité du ministère auprès du grand public.

Les méta-analyses les plus récentes confirment que le dépistage du cancer de la prostate par le PSA représente une « perte de chance » pour environ un patient sur mille. Les autorités sanitaires ont confirmé l’inutilité de ce dépistage. Il n’existe donc aucune organisation administrative de ce dépistage ni aucune incitation à le pratiquer.

Pour chacun de ces deux dépistages, le paysage scientifique est donc en harmonie avec le paysage administratif.

Considérons maintenant leur paysage social.
53% des femmes participent au dépistage organisé du cancer du sein (INVS 2011). Si l’on ajoute le dépistage dit « sauvage », on arrive à un taux approximatif de 65% de dépistage dans la population ciblée et à un très faible taux de dépistage chez les femmes non ciblées.
A l’opposé, 75% des hommes subissent un dépistage du cancer de la prostate aussi bien dans la population cible « officieuse » des moins de 75 ans que dans celle des plus de 75 ans où la « perte de chance » est encore plus forte.

Pourquoi donc la sociologie des dépistages en cancérologie est exactement l’inverse de ce qu’elle devrait être d’après les données scientifiques et les incitations administratives ?
Qui pourrait répondre à cette question ? Et surtout, qui ose vraiment la poser ?

Nous constatons qu’en matière de dépistage en cancérologie, les réalités des preuves et des faits n’influencent ni les pratiques des médecins, ni les convictions intimes des patients. Ce sont les croyances subjectives et l’intuition populaire qui constituent l’unique cadre référentiel. Les patients s’accommodent naturellement de ce cadre archaïque, et il semble que les médecins s’en satisfassent tout aussi bien, y compris certains exigeants défenseurs de la médecine basée sur les preuves.

Luc Perino
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