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Cancer de la prostate : le point sur les traitements
Cancer de la prostate : le point sur les traitements
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22 mars 2011
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R. Bartet, 52 articles (Journaliste )

R. Bartet

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Cancer de la prostate : le point sur les traitements

Cancer de la prostate : le point sur les traitements
Le docteur Eric Mandel est chirurgien urologue et andrologue, ancien Interne des Hôpitaux de Paris et ancien Chef de Clinique du service d’Urologie de l’hôpital Cochin. Il exerce actuellement au Centre d’Urologie et d’Andrologie de Paris dont il est un des membres fondateurs.
 

Quelle proportion d’hommes le cancer de la prostate touche t’il et dans quelle tranche d’âge ?

L’incidence, soit le nombre de nouveaux cas de cancers de la prostate découvert chaque année en France, est de 72 000. La prévalence est elle de 340 000 cas aujourd’hui en France. Ce type de cancer touche les hommes essentiellement à partir de 50 ans sachant que l’âge moyen est de 70 ans.
 

Le cancer de la prostate se soigne t’il bien et peut-on estimer le taux de guérison ?

Il s’agit du cancer le plus fréquent chez l’homme. Le cancer de la prostate est responsable d’environ 10 000 décès par an.
Il s’agit le plus souvent d’un cancer à évolution lente ne mettant pas en jeu le pronostic vital. Un nombre important de patients peuvent être également guéris si le diagnostic est suffisamment précoce.
 

Quelles sont les options thérapeutiques les plus couramment proposées au malade ?

Les options les plus courantes qui sont proposées aux patients se répartissent selon le degré d’atteinte de la maladie mais dépendent également de l’âge.
 
L’abstention –surveillance peut être préconisée pour des petits cancers dont on pense qu’ils n’évolueront pas. Vient ensuite la chirurgie et notamment la prostatectomie radicale (l’ablation de la prostate), qui existe sous différentes formes : cœlioscopie parfois robotisée, chirurgie ouverte. La chirurgie est indiquée dans un but de guérison, chez des patients porteurs de lésions localisées et dont l’espérance de vie est supérieure à 10 ans. La radiothérapie est une autre option. Elle peut être effectuée par voie externe (conformationnelle) ou par voie interne. On parle dans ce dernier cas de curiethérapie, une technique qui consiste en une implantation de grains radioactifs directement au contact de la tumeur.
 
On trouve également des méthodes moins conventionnelles comme les ultrasons focalisés et la cryothérapie (traitement par le froid qui consiste à geler entre un et trois quarts de la glande en épargnant les nerfs érecteurs) pour des cancers localisés avec une forte espérance de vie.
 
Face à des cancers non localisés, qui ont une extension en dehors de la prostate, ou des atteintes métastatiques à distance, il sera nécessaire de proposer un traitement général. On utilise dans ce cas l’hormonothérapie (le cancer de la prostate est un cancer hormono-dépendant) qui est un traitement de blocage hormonal. En cas de résistance ou d’échappement, on peut avoir recours à la chimiothérapie.
 

La technique des ultrasons focalisés de haute intensité est-elle souvent utilisée et donne-t-elle de bons résultats ?

Cette technique non invasive est essentiellement utilisée dans quelques instituts. Sa promotion est récente, mais elle est essentiellement réservée à des patients qui ne peuvent pas être opérés. Elle est également utilisée en seconde intention si le cancer persiste après radiothérapie, mais n’est pas une pratique commune.
 

Pouvez-vous nous parler de la brachythérapie ? Est-elle utile et pour quels types de patients ?

La brachythérapie est beaucoup utilisée aux Etats-Unis. Dans le cadre du cancer localisé de la prostate, la technique, semblable à la radiothérapie, consiste à implanter des grains radioactifs au sein de la prostate. Ce procédé est effectué sous anesthésie. La répartition des grains dans la prostate peut être réalisée grâce à l’utilisation d’un logiciel adapté. La brachythérapie connaît un taux de succès important, mais ses indications sont restreintes. En France, seuls quelques centres la pratiquent.
 

Qu’en est-il du premier vaccin thérapeutique pour faire face au cancer de la prostate à un stade avancé ? A-t-il fait ses preuves ?

Le vaccin Provenge n’est pas disponible en France à l’heure actuelle. L’autorisation de mise sur le marché (AMM) a été donnée aux Etats-Unis en avril 2010, mais il faut savoir qu’il coûte près de 100 000 dollars. En France, il n’a pour le moment jamais été utilisé sur des patients, mais uniquement dans le cadre de la recherche et pour certains protocoles.
 

Que pensez-vous du dépistage du cancer de la prostate, qui suscite depuis déjà quelques années une forte polémique ?

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l'homme. Sa fréquence ne cesse d'augmenter. Aux Etats Unis, l'augmentation a été proche de 75 % dans les dernières années. C'est la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme après le poumon.
 
La majeur partie des cancers de la prostate se développent chez des hommes âgés et leur évolution est généralement lente. Plus de 40% des hommes de plus de 70 ans ont un foyer de cancer dans leur prostate. Ces petits foyers n'évoluent pas inéluctablement et il est souvent conseillé de ne pas les rechercher. La question ne se pose pas chez l'homme plus jeune et le dépistage est fortement recommandé à partir de 50 ans.
 
Contrairement au cancer colo-rectal, ou au cancer du sein, il n’existe pas de campagne ministérielle organisée dans le cadre du cancer de la prostate. Aujourd’hui, les autorités urologiques proposent aux hommes un dépistage à partir de 50 ans, voire plus tôt s’il existe des facteurs de risques spécifiques.
 

De nouveaux médicaments dans la prévention du cancer de la prostate ont été commercialisés, c’est l’exemple de la Dutastéride. Réduisent-ils réellement le risque de développer un tel cancer ?

Je n’ai pas lu d’études assez convaincantes sur le sujet. Ces molécules ont été critiquées comme faisant partie d’un processus de sélection de certains cancers. Elles ne font en tout cas pas partie de la panoplie thérapeutique qui nous est proposée pour soigner des patients atteints de cancers de la prostate.
 

Le flair du chien reniflant les urines et pouvant détecter une molécule présente dans la maladie, la sarcosine, est-elle une idée possible et à mettre en œuvre ?

Il s’agit effectivement d’une idée tout à fait réalisable. Pour qu’elle soit d’utilité publique, comme c’est chaque fois le cas lorsqu’un article sort et se répand, son substrat initial doit d’abord être validé scientifiquement. Il faudra, pour que de tels dépistages soient efficaces, qu’ils aient une forte valeur prédictive positive. Les chiens devront aussi pouvoir être remplacés par des machines.
 

Le cancer de la prostate, qui est un véritable enjeu de santé publique, bénéficie t’il de suffisamment de moyens ? Et êtes-vous confiants en matière de recherche et d’avancées thérapeutiques ?

Je ne suis pas persuadé que le cancer de la prostate soit une priorité pour les autorités de santé en France. La tendance générale est plutôt une perspective d’économie et ce, quelques soient les gouvernements. Pourtant, l’espérance de vie augmente, la population vieillit et le nombre de cancers de la prostate ira également en augmentant.
 
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