Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Cancer de la langue, l’appel de Géraldine Nakache : un aphte qui perdure doit alerter
Cancer de la langue, l'appel de Géraldine Nakache : un aphte qui perdure doit alerter
note des lecteurs
date et réactions
18 novembre 2015
Auteur de l'article
mackysanogo, 31 articles (Rédacteur)

mackysanogo

Rédacteur
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
31
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Cancer de la langue, l’appel de Géraldine Nakache : un aphte qui perdure doit alerter

Cancer de la langue, l'appel de Géraldine Nakache : un aphte qui perdure doit alerter

Le cancer de la langue est une maladie peu fréquente, qui touche moins de 3000 personnes par an. Mais c’est une maladie violente, destructrice, qui entraîne des séquelles très invalidantes et des dommages collatéraux pouvant rendre le quotidien invivable. 


En témoigne l’appel de l’actrice Géraldine Nakache, évoquant le cas de sa cousine qui a perdu l’usage de la parole alors qu’elle a trois enfants en bas âge.


Cancer de la langue : Quels signes doivent... par Europe1fr

Associé au papillomavirus, il touche aussi les jeunes

Ce cancer, de type carcinome épidermoïde, est fréquent sur les voies respiratoires, mais peu sur la langue. Ses principaux facteurs de risques sont le tabac, l’alcool, les drogues et une mauvaise hygiène dentaire. Il touche majoritairement des personnes qui ont autour de 60 ans.

Néanmoins, nous observons une augmentation de leur fréquence chez une population habituellement à l’abri, avec une association au papillomavirus.

Ce dernier est partout (sur votre bureau, sur votre téléphone…) sans risque spécifique, mais comporte deux phénotypes qui posent problème : le HPV 16 et le HPV 18, qui sont responsables d’environ 70% des cancers du col de l’utérus dans le monde. C’est probablement par les pratiques sexuelles orales que l’on peut faciliter la propagation du HPV16 sur des terrains ORL, comme la langue. Aujourd’hui, on voit donc arriver ce cancer chez des jeunes de 25-40 ans.

 Les patients atteints pensent souvent qu'ils ont une otite

C’est un cancer non seulement difficile à aborder avec des patients, mais dont le diagnostic est également long et compliqué. Les symptômes sont principalement une douleur inexpliquée persistante, avec de la fatigue et souvent une irradiation vers l’oreille. Ainsi, les patients viennent fréquemment nous voir pour une douleur à l’oreille, pensant qu’ils souffrent d’une otite.

La vigilance doit donc être importante : un mal de gorge, une angine ou un aphte qui perdure trop longtemps doit être examiné avec précaution. Une plaie peut apparaître au bout de la langue ou plus en profondeur, sur la zone que l’on nomme le sillon amygdalo-glosse. Il faut alors avoir recours à une biopsie ciblée et à une IRM.

 Perte du langage, de l'alimentation : un vrai handicap

Le cancer peut ne pas entraîner de séquelles s’il est diagnostiqué précocement, mais sa détection est malheureusement souvent tardive. Une chirurgie est alors nécessaire au plus vite, pour retirer une partie de la langue autour de la zone touchée. Suit une radiothérapie complémentaire, et parfois, une chimiothérapie pour éviter les métastases.

Une fois le diagnostic posé par nous, ORL, le rôle des orthophonistes et des psychologues est primordial. Le patient doit être un acteur positif du raisonnement autour de la maladie, il a son mot à dire, et l’aspect humain du traitement est très important.

La langue est indispensable à l’alimentation et au langage. Quand on vous en enlève la moitié, c'est extrêmement dur à supporter. Le quotidien des patients souffrant de cette maladie, c’est une bouche très sèche, une absence d’alimentation par voie naturelle et une perte du langage, soit une réelle vie de handicap.

C’est pourquoi l’aspect psychologique de la prise en charge est très important. Les personnes touchées par ce cancer ont l’impression d’être dans une impasse et ont tendance à se replier sur elles-mêmes. En ce sens, il est donc bien et nécessaire de relayer l’appel de Géraldine Nakache, afin que sa cousine puisse s’entretenir avec des patients voire des médecins, dans son cas et ainsi tenter d’améliorer son quotidien. Il existe aujourd’hui des prothèses pour des voix de synthèse et des techniques compensatoires de rééducation permettant de communiquer.

 

 
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Mêmes thématiques
En savoir plus sur...