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Bactérie tueuse : 16 morts et le mystère reste entier
Bactérie tueuse : 16 morts et le mystère reste entier
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31 mai 2011
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Bactérie tueuse : 16 morts et le mystère reste entier

Bactérie tueuse : 16 morts et le mystère reste entier

L’indication était fausse. Contrairement aux bruits, le concombre espagnol n’est pas à l’origine de l’épidémie d’E. coli. On n’a pas encore trouvé ni l’aliment concerné, ni son lieu d’origine. La piste des crudités reste privilégiée. Alors que les autorités sanitaires à travers toute l’Europe attendent des résultats d’analyses, les épidémiologistes s’inquiètent du caractère mortifère sans précédent de la bactérie. Aux décès s’ajoutent 373 cas de troubles rénaux sévères.

Les légumes contaminés par la bactérie Escherichia coli ont occasionné un quinzième décès en Allemagne et un premier en Suède. Il s’agit dans le dernier cas d’une suédoise âgée de 50 ans qui avait été contaminée par la bactérie lors d’un séjour en Allemagne et qui a fini par succomber dans un hôpital du sud-ouest de la Suède. Un dernier bilan, publié dans l’après-midi du 30 mai, faisait état d’une hausse spectaculaire des cas de contaminations. Le Professeur Jan Galle, directeur de la clinique de néphrologie de Lüdenscheid en est abasourdi : « Une telle propagation c’est du jamais vu. Habituellement, on enregistre environ 1 000 cas par an. Là nous en sommes déjà à 1 200 cas en à peine dix jours ».

Les victimes sont des adultes, et en essentiellement des femmes, alors que ce type de bactérie s'attaque habituellement aux enfants. Et la mystérieuse épidémie concerne désormais plusieurs hôpitaux à travers l’Europe, puisqu’elle touche aussi l'Espagne, la France (six patients sont actuellement placés sous surveillance dans l’hexagone selon Lisa King, de l’InVS), la Grande-Bretagne, le Danemark et les Pays-Bas. Les malades ont cependant tous la particularité de s’être rendu récemment en Allemagne. La bactérie produit des shigatoxines (STEC), qui peuvent conduire à des manifestations cliniques telles que des diarrhées et susceptibles d’évoluer à leur tour vers le syndrome hémolytique et urémique (SHU).

Celui-ci affecte le sang, les reins et, dans les cas extrêmes, le système nerveux. Il se manifeste notamment par une insuffisance rénale et une anémie, près de dix jours après la contamination. D’où vient l’épidémie ? Des experts allemands et une ministre belge s’étaient empressés de désigner des concombres bio venus d’Espagne comme souche de l’épidémie. Selon des premiers tests, cependant, les légumes incriminés étaient porteurs de bactérie E.coli enterohémorragique différente de celle, très virulente -une souche bactérienne rare, l’E.coli 0104-H4, un agent pathogène lié aux légumes identifié en Corée du Sud pour la première fois en 2005- qui a occasionné la récente explosion du nombre des cas admis aux urgences.

Cornelia Prüfer-Storcks, chargée des questions de santé à la ville de Hambourg a du le reconnaître : « La source de l’intoxication n’a toujours pas été identifiée ». La Commission européenne, agacée par le brouillard persistant sur ce fléau, a tout de même pu dresser une observation : « L'épidémie est limitée géographiquement à une zone aux alentours de Hambourg ». En attendant des résultats d’analyses plus poussées menées à l’heure actuelle, Daniel Bahr, le ministre allemand de la Santé, déconseille la consommation de concombres, de tomates et de laitue. De leur côté, des chercheurs de l’Université de Münster ont annoncé la mise au point d’un test permettant une identification rapide de la bactérie.
 

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