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Asthme : l’essentiel
Asthme : l'essentiel
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26 février 2013
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Ludivine, 7 articles (Interne en médecine générale)

Ludivine

Interne en médecine générale
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Asthme : l’essentiel

Asthme : l'essentiel

L’asthme est une maladie qui touche les poumons et les intestins. De plus en plus de personnes sont asthmatiques, que penser face à ce phénomène ? Dans cet article je vous explique clairement comment fonctionne l’asthme, à quoi servent les médicaments que l’on prescrit et ce que l’on peut faire en plus pour améliorer l’état de santé des organes touchés.

Victimes de l’asthme

L’asthme est une maladie des pays industrialisés. Dans les pays dits “en voie de développement” il est très peu présent. Ainsi, l’asthme a commencé à toucher de plus en plus de personnes à partir de 1850 [1] pour atteindre aujourd’hui entre 6 et 10% des adultes [2] et jusqu’à 35% des enfants ce qui est beaucoup.

Comme vous le constatez il y a un certain nombre d’asthmes qui disparaissent avec l’âge, particulièrement lors de l’adolescence. L’envolée de l’asthme semble venir de la modification de notre environnement et de l’évolution de notre alimentation (voir en fin d’article pour les changements de mode de vie).

Fonctionnement du poumon

Poumons et trachée

J’avais déjà parlé du fonctionnement des poumons dans un article sur l’œdème aigu du poumon. Mais pour faire un rappel adapté à l’asthme, voici un petit schéma à gauche des poumons, à droite des alvéoles.

Les poumons sont constitués par deux systèmes principaux : les bronches qui sont les tuyaux dans lesquels l’air circule et les vaisseaux qui entourent toutes les bronches et récupèrent l’oxygène de l’air. Plus on s’enfonce dans le poumon et plus les bronches diminuent de taille comme les branches d’un arbre. Tout à la fin les bronches sont très fines, on les appelle alors bronchioles puis elles se terminent en un petit sac bosselé (alvéole pulmonaire) dont la surface extérieure est recouverte de vaisseaux sanguins qui forment un maillage ; un peu comme les filets qui entourent les pommes de terre par exemple. L’oxygène passe de l’alvéole au maillage de vaisseaux pour aller se fixer sur les globules rouges (érythrocytes).

En plus de ces deux éléments les bronches sont entourées des muscles qui permettent de varier le flux d’air qui passe.

Comment créer une crise d’asthme ?

Il y a deux types de crises d’asthme. Soit les poumons respirent quelque chose qui irrite et déclenche la crise, soit la crise se déclenche sans qu’il y ait eu quelque chose de respiré. Comment définir ce “quelque chose” ?

L’asthme peut être déclenché par de toutes petites particules qui flottent dans l’air comme :

  • - des poussières (qui contiennent des acariens, sortes d’araignées microscopiques)
  • - des pollens (arbres, fleurs)
  • - des moisissures (champignons microscopiques)
  • - des poils d’animaux (chat surtout, souris, rat, chiens…)
  • - des insectes (comme les cafards !)

Toutes ces particules sont appelées “allergènes”.

L’asthme peut aussi être déclenché par des aliments et des additifs ajoutés dans les produits “prêts à consommer”.

Dans d’autres cas, l’asthme se déclenche sans particule, mais par réflexe dans certaines situations comme :

  • - lors d’un effort physique (sport)
  • - en hiver (les poumons réagissent à l’air froid)
  • - les stress (choc émotionnel)
  • - le tabagisme passif

Cela vient du fait que les poumons des asthmatiques sont toujours sur le qui-vive. Ils sont enflammés en permanence (inflammation chronique), un peu comme une casserole de lait sur le feu qui serait toujours prête à déborder à la moindre augmentation de température ! Certains médicaments que l’on donne tous les jours dans l’asthme (corticoïdes inhalés) servent à faire diminuer la “température” des poumons (l’inflammation) ; en quelque sorte on les endort pour qu’ils ne réagissent pas !

Les autres médicaments que l’on donne tous les jours (bronchodilatateurs de longue durée d’action) servent à maintenir les muscles des bronches bien ouverts pour que l’air puisse mieux circuler. Pour imager, ces médicaments laissent les fenêtres ouvertes pour une bonne aération des poumons.

Ça se passe comment une crise d’asthme ?

Chambre d'inhalation

Lors d’une crise d’asthme, 4 événements importants surviennent au niveau des poumons. Visuellement la personne qui fait une crise d’asthme n’arrive plus à respirer. Elle s’étouffe. On entend des sifflements qui viennent des poumons ; c’est l’air qui a du mal à passer. A la fin de la crise, la personne a des crachats épais et blanchâtres.

Si vous voyez une personne faire une crise d’asthme, il faut essayer de voir si elle a ses médicaments avec elle (souvent une petite bombe comme sur la photo). Si la situation ne s’améliore pas, appelez le SAMU (15 sur le téléphone).

1. Broncho-constriction : pendant une crise d’asthme les muscles des bronches vont se contracter. La contraction des muscles va bloquer le passage de l’air et provoquer la sensation d’étouffement. L’air ne peut plus sortir des poumons, n’y y entrer.

2. Production de mucus : en même temps, les bronches vont se mettre à sécréter plein de mucus, un liquide un peu visqueux qui permet en temps normal de nettoyer les poumons. Le mucus est habituellement sécrété en petite quantité, puis est “balayé” par de minuscules cils qui se trouvent dans nos bronches vers le haut avant d’être avalé puis digéré. En cas de crise d’asthme l’organisme se sent agressé, donc il produit beaucoup de mucus pour tenter d’évacuer l’envahisseur.

3. Œdème bronchique : associé à cela, les vaisseaux qui irriguent tout ce qui se trouve autour des bronches sont mis en alerte. Ils vont permettre l’arrivée des cellules immunitaires vers les poumons, ainsi que tout le matériel nécessaire pour défendre l’organisme. Toute cette arrivée se traduit par une sortie des cellules immunitaires des vaisseaux vers les bronches, créant un œdème, c’est à dire un gonflement lié aux cellules immunitaires et autres outils nécessaires. Ce gonflement participe également à rendre la respiration difficile.

4. Hyper-réactivité bronchique : la crise d’asthme témoigne de ce que l’on appelle l’hyper-réactivité bronchique : en d’autres termes, les bronches des personnes asthmatiques sont “plus sensibles” et ont la caractéristique de réagir de manière plus forte que celles des non asthmatiques. Un peu comme face à une araignée, certains sursautent, surpris de la voir, d’autres vont se mettre à crier en la voyant. Les bronches des asthmatiques se mettent directement à crier, alors que les bronches d’une personne non asthmatique vont simplement déclencher une petite toux ou aucune réaction.

Remodelage bronchique

Plus il y a de crises d’asthme et plus les poumons subissent un véritable entrainement sportif. Les muscles des bronches deviennent de plus en plus puissants et cela a pour conséquences des crises d’asthme de plus en plus violentes vu que les muscles freinent plus fortement le passage de l’air dans les poumons. De la même manière les cellules qui fabriquent le mucus grossissent et deviennent de plus en plus productives. En plus de tout cela les poumons se rigidifient avec le temps (fibrose) en raison de l’épuisement du corps à cicatriser les blessures entrainées par les crises d’asthme.

Peut-on mourir de l’asthme ?

Oui. Lorsque l’on fait une crise d’asthme les tuyaux des poumons (bronches) se referment brusquement. L’air ne passe plus si bien et on étouffe. L’urgence est alors de forcer les muscles des poumons à se relâcher. Pour cela on utilise des médicaments comme la ventoline (bronchodilatateur) ou encore atrovent (anticholinergique) qui vont forcer les muscles des poumons à se relâcher.

Il est aussi important que la personne qui fait la crise ne cède pas à la panique car cela entretient la contraction des muscles.

Que faire de plus que prendre les médicaments ?

Le fait que l’asthme soit une maladie des pays industrialisés fait soupçonner l’environnement et l’alimentation comme responsables de cette envolée subite. Changer son mode de vie quand on a de l’asthme peut permettre de se passer des médicaments. Bien entendu le plus difficile est de maintenir les bonnes habitudes dans le temps, mais ce qui est encourageant, c’est qu’il y a des solutions efficaces !

L’arrêt du tabac est la première mesure à prendre car la fumée irrite les poumons et augmente les crises d’asthme.

L’alimentation est également importante, elle fait partie des éléments qui ont été modifiés au cours du dernier siècle. Les produits laitiers (lait de vache, yaourts, beurre, fromages) et le gluten (présent dans le blé et ses dérivés dont la farine) sont les deux catégories d’aliments qui irritent le plus les intestins ; les rendant perméables à des molécules qui ne devraient pas aller dans le sang mais qui s’y retrouvent. Toute ceci entraine une réaction de tout le corps (inflammation) qui se répercute également sur les poumons. De manière plus générale dès que vous avez une maladie “inflammatoire”, l’arrêt de ces deux types d’aliments améliore l’état de santé. Testez pour vérifier par vous-même !

En testant ces trois principes sur 1 mois vous devriez déjà pouvoir observer une belle amélioration de votre santé. Vous avez une expérience personnelle de l’asthme, n’hésitez pas à partager votre témoignage dans les commentaires afin d’améliorer les connaissances de tous les lecteurs :)

Retrouvez tous mes articles sur mon blog L'Ordonnance ou la Vie

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Mots-clés :
Asthme Poumon