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Apprendre d’une erreur médicale, une démarche d’intérêt collectif
Apprendre d'une erreur médicale, une démarche d'intérêt collectif
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26 novembre 2013
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Apprendre d’une erreur médicale, une démarche d’intérêt collectif

Apprendre d'une erreur médicale, une démarche d'intérêt collectif


En santé comme ailleurs, analyser ses erreurs permet de tirer des leçons précieuses pour éviter qu’elles ne se reproduisent. Soignants, médecins et usagers ont tout à y gagner. Les précisions expertes du Pr Christian Richard, chef du service de réanimation médicale de l’hôpital Bicêtre et coordinateur de la gestion des risques associés aux soins à l’AP-HP.

Qu’appelle-t-on une erreur dans un hôpital ?

Dans l’inconscient collectif, l’erreur est toujours rattachée à une faute. Ceci est loin d’être toujours le cas dans le domaine médical, où l’erreur est le plus souvent non fautive. C’est pourquoi on lui préfère l’expression d’évènement indésirable associé aux soins. Certains de ces évènements peuvent hélas être graves et conduire alors à la prolongation d’une hospitalisation, et parfois à la mise en jeu du pronostic vital. Ils surviennent la plupart du temps dans la routine du quotidien, plus souvent que par manque de connaissances scientifiques. L’erreur est humaine et les médecins comme les soignants n’y échappent pas. Tout acte diagnostique ou thérapeutique comporte un risque. En France, près de 400 000 évènements indésirables graves surviennent chaque année dans les établissements de santé. Près de la moitié d’entre eux sont évitables. Cette notion est essentielle, car cela signifie que nous pouvons mettre en place des procédures qui empêchent ou limitent la survenue de ces évènements. Ceci est tout particulièrement vrai dans le domaine du médicament et dans celui de l’infection associée aux soins.
 

Comment l’AP-HP agit-elle pour réduire les risques associés aux soins et leurs conséquences ?

Nous avons élaboré un programme d’action qui accorde une place importante à la gestion des évènements indésirables graves. La meilleure manière de prévenir ces évènements consiste à déclarer et analyser tous ceux qui se produisent. Leur analyse permet de tirer des enseignements et d’établir des recommandations pour éviter qu’ils ne se produisent à nouveau. Elle peut être réalisée à l’aide de revues de morbi-mortalité, déjà adoptées par la majorité des services de l’AP-HP à risques comme l’anesthésie-réanimation, la réanimation médicale, la gynécologie-obstétrique et certaines activités chirurgicales. Notre programme d’action prévoit leur déploiement dans 100 % des services à risques, et 50 % des autres services. Aller plus avant nécessite un changement d’ordre culturel. Déclarer un évènement indésirable associé aux soins est encore trop souvent risquant de stigmatiser une faute, liée à une responsabilité individuelle, qui pourrait générer une sanction… L’AP-HP a adopté une charte où elle s’engage notamment à ne pas sanctionner, sauf cas exceptionnels bien sûr, les professionnels de santé qui signalent un événement.
 

Que peuvent faire les professionnels de santé et les usagers au quotidien ?

Lorsqu’un évènement indésirable se produit, les professionnels de santé ont l’obligation légale d’en informer le patient de façon claire, loyale et transparente. En amont d’une prise en charge programmée, ils doivent l’informer des bénéfices du traitement envisagé, mais aussi de ses risques c’est-à-dire de la possibilité de survenue d’un évènement indésirable. Le patient détient par ailleurs des informations importantes pour sa prise en charge, par exemple la notion d’une allergie à un médicament ou de l’existence d’une maladie chronique. En les communiquant aux professionnels de santé, il limite le risque d’évènement indésirable associé aux soins. Les usagers sont ainsi des acteurs essentiels de leur propre sécurité. Leurs représentants au sein de nos hôpitaux peuvent également jouer un rôle important d’information sur les actions que nous menons en faveur de la sécurité des patients. Nous leur communiquons d’ailleurs un bilan annuel des évènements graves déclarés et des analyses dont ils ont fait l’objet.
 
Sylvie Fontègne
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