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Anorexie et vie de couple : quand l’amour triomphe
Anorexie et vie de couple : quand l'amour triomphe
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3 octobre 2014
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Sabrina Palumbo, 16 articles (Association)

Sabrina Palumbo

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Anorexie et vie de couple : quand l’amour triomphe

Anorexie et vie de couple : quand l'amour triomphe


 

Mon plus beau souvenir de l’été 2014 sera celui de mon séjour en Belgique chez mon amie Nathalie Decoo, présidente de l’association  AB Ensemble. Découverte de son univers, de son cocon familial si accueillant, de sa vie simple mais riche de moments de joie, de rire…d’amour ! Compte rendu de ces quelques jours où nos liens se sont renforcés et notre envie de mener des projets en commun encore accrue. 

Nathalie est une personne hors norme. Si j’ai choisi de lui consacré cet article on s’en doute ! Pour la présenter en quelques mots et aller droit au but, je dirai que c’est une « Combattante » exceptionnelle. Nous nous sommes connues sur les réseaux sociaux – jusque là rien d’étonnant – et nous sommes rencontrés elle et son mari le 8 mars dernier lors du lancement de SabrinaTCA92. Nous nous sommes revues lors de la Journée des Familles de l’Afdas tca. Nathalie m’avait alors proposé de faire une intervention en Belgique, ce que j’ai immédiatement accepté. Rendez-vous le 4 octobre prochain donc !

Un rendez-vous important pour nos associations : en Belgique comme en France il y a beaucoup à faire en matière de prise en charge des TCA.

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Nathalie, c’est l’histoire d’une petite fille « parfaite », qui connaît la dépression à 12 ans et tombe dans l’anorexie à 14. Elle mènera un long et éprouvant combat pour sortir du tunnel et mener aujourd’hui une vie de mère, amie, épouse épanouie. C’est une santé fragile, un équilibre trouvé au milieu d’un régime alimentaire délicat en raison de nombreuses intolérances alimentaires. C’est enfin et surtout une femme généreuse et altruiste qui s’est lancée dans la lutte contre les TCA avec énergie et détermination.

Je connais désormais en grande partie son histoire, que je ne souhaite pas livrer dans les détails car nous aurons l’occasion d’en reparler et j’aimerais laisser les gens la découvrir le 4 octobre puisqu’elle et son mari ont courageusement décidé de témoigner. Ce que je peux dire c’est que nous savons que chaque histoire est unique mais bien entendu Nathalie et moi avons de nombreux points communs.

Nous avons profité de mon séjour pour beaucoup parler. Je sais, rien d’étonnant non plus… J’ai d’ailleurs sans doute un peu surprise mon amie en adoptant un rythme plus calme et plus posé que la Sabrina hyperactive qu’elle connaît bien !

Agée de 40 ans, mère au foyer (en invalidité), son quotidien est rythmé par la gestion de sa famille. Un mari et trois enfants, forcément cela fait beaucoup pour cette brindille, angoissée chronique et adhérente au club des insomniaques dont j’ai moi-même la carte de membre. Malgré sa fatigue récurrente et très éprouvée par trois grossesses difficiles, Nathalie s’en sort « pas trop mal » comme elle dit.

Profitant du fait qu’elle se couche plus tôt que nous, je n’ai pas manqué l’occasion de profiter de mes soirées pour échanger longuement avec Frédéric son mari. Avec calme, patience et disponibilité il a répondu à toutes mes questions sachant pertinemment que son témoignage en tant que proche nous est précieux.

photo_nath_2Nathalie et Frédéric se sont rencontrés il y a dix-huit ans dans le cadre du travail. Elle âgée de 23 ans et lui de 29. Ce qui lui a plu en elle ? « Difficile à dire… Peut-être étais-je attiré, inconsciemment en tout cas, par son manque de confiance en elle ou son côté fragile ». Il est vrai que Frédéric est un peu méfiant de nature mais une fois la relation de confiance établie il a le contact facile et on se confie naturellement à lui. Nathalie ne lui a pas parlé de ses TCA. Elle donna le change un moment, comme nous savons bien le faire. Jusqu’à une péritonite de Frédéric. Le choc, la peur de le perdre…Elle avoua.

Au début elle ne se prenait pas en charge vis-à-vis de la maladie. Frédéric a joué le rôle du thérapeute assez longtemps. Il a pris sur lui. L’a beaucoup aidée. Lorsqu’elle a enfin décidé de se faire suivre, le traitement médicamenteux (fluoxétine) a permis une première amélioration. Nathalie était dépressive, « ce fut encore long et la progression s’est faite par paliers. Trouver le bon psy est vraiment difficile ». Quoi qu’il en soit, Frédéric l’a toujours poussée à consulter, ils savaient tous les deux que leur couple fusionnel avait besoin d’une aide extérieure. Optimiste, il a toujours pensé qu’elle allait s’en sortir. Sa manière (inconsciente) de se protéger toutefois a été de somatiser : hypocondrie pendant deux ans.

Eva, leur aînée, est arrivée par hasard. Nathalie était alors persuadée de ne pas pouvoir avoir d’enfants. « C’est ce qu’on disait à cette époque » me confie-t-elle. Frédéric, lui, cela ne l’a « pas inquiété plus que ça et présentait même certains avantages » (rires). L’arrivée de cette enfant a été une sorte de reconnaissance. Le retour à une vie « normale ». Une bonne expérience en tout cas. Quand elle a souhaité un deuxième enfant il s’est montré favorable. Pour le troisième nettement moins : « Nathalie était hyper dépressive et cette idée fixe relevait pour moi davantage d’un besoin animal de se reproduire. Je ne sais pas si on peut parler de bébé pansement mais il s’est passé ce que je redoutais : elle a failli y rester ». Les trois grossesses ont été difficiles.

Au cours de la maladie, ils sont restés soudés. Leur moyen de lutter était de passer du temps ensemble, de trouver des projets à deux. Pensant que la meilleure thérapie est de poursuivre un rêve, Frédéric cherchait avec elle ce qui pourrait l’aider et parmi les pistes envisagées celle de s’investir dans Infor AB (une associatione lutte contre les TCA) leur a semblé une bonne chose. Ce qu’elle a fait pendant cinq ans malgré la frustration de devoir supporter le caractère managérial de la présidente. L’association a fini par fermer sans que Nathalie puisse en prendre la relève. Nathalie, forte du soutien de Frédéric, a créé la sienne. AB Ensemble est née et les statuts ont été déposés en mars cette année. Aujourd’hui ils sont quatre fondateurs et Frédéric y joue un rôle important. Pour lui, le rôle majeur de l’association est de savoir orienter les personnes en souffrance. Le bilan de tout cela ? « Je ne connaissais pas les TCA. Cheminer aux côtés de Nathalie m’a sans doute permis d’évoluer. Cela a élargi ma sensibiliser et je juge moins les gens, bien que je n’ai pas tendance à être dans le jugement à la base ».

Pour toutes ces raisons Frédéric a décidé de témoigner le 4 octobre. Pour expliquer son parcours, son évolution, et rappeler la nécessité de se faire soi-même accompagner pour ne pas déraper. Il s’est enrichi lui-même et reste fier d’avoir surmonté cela à deux. Il demeure inquiet par rapport au risque de rechute dépressive, et redoute moins l’anorexie. Bien qu’elle ne se passera jamais de médicaments, il est heureux de la voir stabilisée et qu’elle se connaît suffisamment pour faire ce qu’il faut quand il faut. Des valeurs fortes et notamment le respect des besoins de chacun, sont nées de leur histoire. Aujourd’hui c’est peut-être au tour de Nathalie de s’assurer de l’épanouissement de son mari.

Frédéric avait mis ses besoins (sport, amis…) de côté. Il peut reprendre tout cela et sortir la tête de l’eau. Stressé par son travail, il nourrit des projets, mais préfère pour l’instant assurer pour la famille dont il a la charge.

1922003_10204470149372823_4442381615828563255_nL’histoire de mes amis m’a touchée. Si certains peuvent s’étonner de la vie tranquille de Nathalie, sans ambitions démesurées, je ne peux que comprendre. Elle parvient à s’émerveiller de choses simples du quotidien et n’a pas besoin de courir par monts et par vaux pour voir que le Bonheur s’est invité dans son foyer.

Ce que je retiendrai le plus volontiers ? Peut-être cette soirée mémorable avec leur ancienne nounou où nous avons tellement ri que mes abdominaux s’en souviennent et que l’évocation du souvenir me fasse encore pleurer (de rire). Ce séjour m’a enrichie également. Si j’avais retrouvé le sourire et les rires francs, j’ai retrouvé auprès d’eux « la petite Sabrina » parlant du matin au soir et incapable de contrôler ses fous rires. Cela promet pour octobre et les quelques jours que nous passerons ensemble à l’occasion de cette conférence !

Merci mes amis, je vous aime…

Au fait Nath, je t’encourage vivement à poursuivre l’écriture et j’ai hâte de tenir ton « bébé » dans mes mains ! Une seule question demeure après cette semaine « magique », à laquelle mes médecins ne semblent pas décidés à me répondre et tu as peut-être une idée… Comment avons-nous pu (toi et moi) se priver de tels moments durant la moitié de notre vie ?

Que les Combattantes sortent de leur prison mentale, nous le leur souhaitons de tout cœur.

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Sabrina

 

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Mots-clés :
TCA Anorexie