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Alzheimer serait transmissible ? Non, vous n’attraperez pas la maladie de votre grand-mère
Alzheimer serait transmissible ? Non, vous n'attraperez pas la maladie de votre grand-mère
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14 septembre 2015
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mackysanogo, 31 articles (Rédacteur)

mackysanogo

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Alzheimer serait transmissible ? Non, vous n’attraperez pas la maladie de votre grand-mère

Alzheimer serait transmissible ? Non, vous n'attraperez pas la maladie de votre grand-mère

La maladie d’Alzheimer pourrait être transmissible. C’est la surprenante hypothèse avancée par une équipe médicale londonienne, après avoir découvert des lésions cérébrales qui signent généralement cette maladie sur des personnes décédées de Creutzfeldt-Jakob. Doit-on s’inquiéter ? Éclairage de Luc Buée, neurobiologiste à l’Inserm

 

Dans une nouvelle étude réalisée par des chercheurs londoniens, l’hypothèse que la maladie d’Alzheimer pourrait être transmissible a été émise.

La population n’a aucune raison de s’alarmer car même si cette hypothèse était vérifiée, il faudrait que le tissu cérébral soit en contact direct avec le sang pour être contaminé, ce qui n’arrive jamais.

De la saturation à la dégénérescence

Pour comprendre cette étude, il faut revenir sur la question des hormones de croissance et de la maladie de Creutzfeldt-Jacob.

En effet, les chercheurs qui ont réalisé cette étude ont retrouvé des peptides amyloïdes propres à cette maladie sur des personnes décédées de Creutzfeldt-Jakob et ayant été traitées à l’hormone de croissance.

À l’origine, l’hormone de croissance était produite grâce à l’hypophyse, une glande située à la base du crâne, que l’on prélevait sur des cadavres. Parmi ces cadavres, il y avait malheureusement des patients atteints de la maladie de Creutzfeldt-Jacob. Les sujets recevant l’hormone de croissance ont donc été contaminés.

Creutzfeldt-Jacob est une maladie de type prion. La protéine prion est une protéine particulière, qui peut prendre une forme anormale. Lorsqu’elle est sous cette forme anormale, elle peut modifier la forme des protéines prions normales, pour les changer en anormales.

Cela entraîne donc une accumulation de protéines prion anormales, que le cerveau a du mal à dégrader. Il y a donc saturation et cela conduit à une dégénérescence.

L'hypothèse d'une maladie génétique pas valide

Les chercheurs qui ont réalisé cette étude ont trouvé des dépôts amyloïdes, propres à la maladie d’Alzheimer chez huit cas atteints de Creutzfeldt-Jacob et traités par hormone de croissance.

La maladie d’Alzheimer est provoquée par une accumulation de peptides amyloïdes, que le cerveau n’arrive pas à évacuer et qui provoque une dégénérescence.

Les chercheurs ont d’abord imaginé que la maladie d’Alzheimer était génétique chez ces patients, mais cette hypothèse n’était pas valide pour expliquer la présence de ces dépôts amyloïdes.

Ils ont donc émis l’idée que l’extrait hypophysaire aurait été obtenu non seulement à partir de patients atteints de Creutzfeldt-Jacob, mais aussi de maladie d’Alzheimer.

Dans cette hypothèse, une "graine" amyloïde aurait été transmise par l’extrait et aurait germé pour former des dépôts amyloïdes. Ainsi, la pathologie amyloïde de type Alzheimer pourrait se comporter comme un prion et transmettre la maladie Alzheimer. 

Le risque de transmission n’est pas majeur

L’étude suggère aussi que "le peptide amyloïde peut potentiellement être transmis via certaines procédures médicales".

Cependant, il faut noter que ce risque est faible, car aujourd’hui, en neurochirurgie, la majorité des instruments sont jetables ou sont soumis à des protocoles de désinfection spécifique.

Le travail publié suggère qu’une injection de tissu cérébral (ou à proximité) conduit à une maladie d’Alzheimer. À l’exception des neurochirurgiens, des neuropathologistes et des neurobiologistes, la population générale n’est pas en contact direct avec du cerveau humain. Le risque de transmission n’est donc pas majeur.

Enfin, il ne s’agit bien sûr que d’une hypothèse et il y a d’autres alternatives. On peut ainsi émettre la possibilité que ces jeunes patients allaient développer Alzheimer plus tard, mais que le système de nettoyage du cerveau était saturé du fait du développement de la maladie de Creutzfeldt-Jacob, ce qui a provoqué un développement précoce de la maladie d’Alzheimer. Dans cette hypothèse, il n’y a donc pas eu de transmission.

Une chose est sûre : il faudra d’autres études pour conforter l’hypothèse de la transmission de la maladie d’Alzheimer et la comprendre.

 

 

 

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