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Agriculteur intoxiqué : Monsanto condamné
Agriculteur intoxiqué : Monsanto condamné
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13 février 2012
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Agriculteur intoxiqué : Monsanto condamné

Agriculteur intoxiqué : Monsanto condamné

Le groupe américain Monsanti, leader mondial d’agrochimie, a été condamné par le tribunal de Lyon le 13 février pour intoxication à l’herbicide en 2004 d’un céréalier charentais de 47 ans. Cette décision, qui ouvre la voie à des dommages-intérêts, est une première en France.

Le jugement du tribunal de grande instance de Lyon n’y est pas allé par quatre chemins : « Monsanto est responsable du préjudice de Paul François suite à l’inhalation du produit Lasso. Par conséquent, nous condamnons cette entreprise à indemniser entièrement l’intéressé de son préjudice, lequel devra être évalué après une expertise médicale ». Les faits remontent au 27 avril 2004. Ce jour-là il faisait chaud. Paul François, un céréalier de Bernac (en Charente) aujourd’hui âgé de 47 ans, avait alors ouvert la cuve d’un pulvérisateur de désherbant : il reçoit au visage des vapeurs de Lasso, un puissant herbicide conçu par Monsanti.

Paul François avait alors été gagné par des nausées, des évanouissement et des troubles tels que bégaiement, vertiges, maux de tête, troubles musculaires. Ce nouvel état de fait avait contraint l’agriculteur à suspendre son activité pendant un an. Des analyses ont eu lieu : En mai 2005, l’organisme de Paul François comportait encore des traces de monochlorobenzène, un solvant présent dans le Lasso. Trois ans plus tard, ses troubles sont reconnus comme maladie professionnelle par la mutualité sociale agricole, et une procédure fut lancée contre Monsanto. Aujourd’hui, Paul François est invalide à 50% en raison d’une maladie neurologique. Il ne travaille plus qu’à mi-temps, victime de maux de tête et de fatigues chroniques.

Lors de l’audience, qui s’est tenue le 12 décembre dernier, l’avocat de l’agriculteur avait notamment reproché à la société américaine d’avoir tout fait pour maintenir le Lasso en vente (finalement retiré du marché en 2007), bien que sa dangerosité ait été avérée dès les années 80. Monsanto, de son côté, s’est défendu en rappelant que le Lasso avait bénéficié d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par le ministère de l’Agriculture. Paul François est ressorti du tribunal, réconforté par la décision de justice. Mais la victoire lui laisse un goût amer. Pour l’agriculteur, qui a crée le site Phyto-Victimes pour aider les agriculteurs à faire reconnaître leur pathologie comme une maladie professionnelle, le combat ne fait que commencer : « Dans cette génération d’agriculteurs qui a commencé à travailler avec les pesticides dans les années 80, beaucoup sont en train de souffrir dans leur coin ».
 

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