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A quoi servent les ministres de la santé ?
A quoi servent les ministres de la santé ?
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22 avril 2011 | 5 commentaires
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Jean-Luc Martin-Lagardette, 33 articles (Journaliste)

Jean-Luc Martin-Lagardette

Journaliste
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A quoi servent les ministres de la santé ?

A quoi servent les ministres de la santé ?

L’affaire du Mediator permet enfin de révéler une réalité scandaleuse que certains d’entre nous dénoncent depuis longtemps : le système sanitaire français a clairement dérivé, il sert trop souvent à protéger ceux qui vivent de la maladie des Français, et moins à défendre les malades par tous les moyens. Tout continue cependant (presque) comme si de rien n’était.

Comment entendre une telle affirmation : « 80% des médicaments sur le marché ne servent à rien ! » sans demander des comptes (sinon leur démission) à tous nos ministres successifs de la santé ? A quoi cela sert-il de payer toute une administration et des responsables quand il est démontré, dans un domaine extrêmement sensible, qu’ils vont à l’encontre de l’intérêt de ceux qu’ils sont censés protéger ? Car non seulement 80 % des médicaments ne servent à rien mais beaucoup d’entre eux ont des effets secondaires délétères, voire mortels, comme pour le Mediator.

D’après le professeur Philippe Even, président de l’Institut Necker, interviewé dans cette vidéo, tous les laboratoires pharmaceutiques multiplient les copies et créent de nouvelles maladies pour maintenir leurs profits. Il estime aussi que les industriels français sont particulièrement doués pour commercialiser des « poudres de perlimpinpin ».


http://www.dailymotion.com/Capital

Nos ministres et nos administrations ont non seulement laissé faire ça, mais ils ont tout fait pour maintenir ce système en place. A tel point que seuls 20 % des médicaments sont réellement utiles et bénéfiques (et encore, ils ne sont jamais dénués d’effets secondaires). En clair, cela veut donc dire que les Français sont empoisonnés inutilement depuis des décennies par des substances pharmaceutiques avec la bénédiction de nos responsables !

« En France, les médecins sont très mal formés au médicament »

 

Au Sénat, la mission d´information du « Mediator : évaluation et contrôle des médicaments » auditionne actuellement plusieurs personnalités du monde médical. Objectif : mieux comprendre comment le scandale de ce médicament a pu se produire. Le 14 avril 2011, les sénateurs ont auditionné Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie à l´université de Bordeaux, qui fut le patron de la pharmacovigilance à l’époque.

Rappelant qu’en 1998, on estimait déjà à 18 000 le nombre de morts dus chaque année en France à l’iatrogénie médicamenteuse (morts par les médicaments), Bernard Bégaud a pointé un autre aspect scandaleux de la situation (voir à la fin de la vidéo indiquée dans le lien ci-dessus) : « Les médecins français sont beaucoup moins bien formés à la prescription des médicaments que leurs collègues européens : il y a une différence de 1 à 10 en nombre d’heures ! Cela induit un grave préjudice : on n’apprend pas au médecin français le rationnel de la prescription, par exemple quand ça ne vaut pas le coup de prescrire. Je n’ai jamais compris pourquoi. Tout le monde est d’accord [sur ce point] mais les réformes successives ne sont jamais suivies d’effet. On va même jusqu’à diminuer la part de l’enseignement à la prescription. Or c’est ce que les médecins font justement le plus fréquemment ! »

Autrement dit, non seulement la plupart des médicaments sont inutiles ou nocifs mais en plus, les médecins ne savent pas ce qu’ils font quand ils les prescrivent !

Cela n’empêche pas les autorités françaises de radier continuellement des médecins pour « charlatanisme », en les accusant d’utiliser des méthodes « irrationnelles », alors même qu’aucune plainte de patients n’est déposée contre eux et que, n’utilisant pas de médicaments des laboratoires pharmaceutiques classiques, ils n’induisent pas ou très peu d’effets pervers.

Et cela, uniquement parce qu´ils sont homéopathes ou anthroposophes, c´est-à-dire pratiquant une médecine "non basée sur les preuves"...

On pourrait en rire s´il n´y avait pas un si grand gâchis en souffrances et vies humaines à la clé.

>> Une première en matière de transparence à signaler tout de même : L’Afssaps (l´agence de controle et de surveillance des médicaments) a mis en ligne des extraits filmés de la commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM) du jeudi 7 avril 2011.

JL ML jlml.fr / ouvertures.net
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Commentaires
2 votes
par clostra (IP:xxx.xx2.59.215) le 23 avril 2011 a 11H06
clostra (Visiteur)

Ce que vous dites est intéressant et plusieurs réflexions ou éclairages ont été apportés pour un débat, une avancée des opinions.

On a parlé "efficacité" et "effets secondaires", y compris dans toute alimentation qui peut devenir poison : caféine, théophyline, théobromine, nicotine... selon la dose, l’heure de la prise etc

On a parlé de l’absence de formation des médecins sur les médicaments qu’ils prescrivent à bon ou mauvais escient sans pour autant nous dire s’ils recevaient un enseignement digne de ce nom sur la physiologie (autre que les tests mettant en évidence un écart à la norme) qui leur permette d’aborder le médicament : biologie et physiologie cellulaire. On ne sait pas - on craint - si leur formation les autorise à "réfléchir" par eux-mêmes. Ils pourraient (n’) être (que) des "machines à faire un diagnostic", ce que de vraies machines feraient sans doute mieux qu’eux...N’est-ce pas peut-être la vraie raison des tout petits quotas des étudiants en médecine ? (certains affirment que certains patients arrivent avec un diagnostic qu’ils ont fait eux-mêmes) Et pourtant ce sont eux les prescripteurs.

Maintenant on peut voir les choses autrement : benêts quand il s’agit de se protéger sous l’angle de la responsabilité. (il est à noter que la plupart des médecins évitent de prendre ou faire prendre à leur famille certains médicaments - qu’auraient prescrits des confrères ? oui bien sûr : pas eux ! et préfèrent l’homéopathie. La plupart affirment en privé que moins on prend de médicaments mieux on se porte et en public, que si on prend des médicaments c’est parce qu’on est malade).

Il faut suivre toute cette affaire du médiator car la plupart des médecins se font passer pour l’occasion pour des benêts et utilisent leur méthode : examens demandés très risqués, intimidations (il y a eu un témoignage dans ce sens à Orléans), refus de donner le dossier médical attestant de la prescription etc

Toutefois, s’ils sont benêts, ils ne se pas fous ! (du moins au sens habituel du terme)

3 votes
par clostra (IP:xxx.xx2.59.215) le 23 avril 2011 a 11H16
clostra (Visiteur)

Alors que vient faire le ministère de la santé dans tout ça ? avec sa cohorte d’experts, appuyée par les 40% de médecins de l’hémicycle qui vont nous prescrire des lois tout droit sorties de leurs livres de médecine : photos ignobles pour faire dans l’Aldous Huxley : du repoussoir, du traumatisant, du culpabilisant : bref tout ce qui empêche de réfléchir*....

A quand des photos culpabilisantes, traumatisantes sur les paquets de médicament pour attester des 18 000 morts annuels ?

*car le problème est là, ce n’est pas encore la rédemption du corps médical mais c’est son excuse : les médecins n’aimeraient avoir à soigner que des bien portants...pourvu qu’ils ne les rendent pas malades...une autre affaire !

2 votes
par clostra (IP:xxx.xx2.59.215) le 23 avril 2011 a 11H25
clostra (Visiteur)

Vous savez quoi ?

On aimerait que les 40% de médecins de l’hémicycle soient remplacés par des psychologues (voire des psychanalystes mais plutôt non médecins) et des philosophes, des artistes. Au moins sauraient-ils nous montrer autre chose que l’aspect extérieur des choses.

0 vote
par voxagora (IP:xxx.xx7.59.75) le 23 avril 2011 a 17H19
voxagora (Visiteur)

Encore un article "mis de coté" sur Carevox, que peu de lecteurs-auteurs-commentateurs d’Agoravox viendront lire et/ou commenter, parce qu’à chaque fois il faut se réinscrire. Dommage.

0 vote
par clostra (IP:xxx.xx2.250.137) le 23 avril 2011 a 19H21
clostra (Visiteur)

Je suis toujours très ennuyée d’être intarissable sur le sujet...

le savez-vous ? Dans la plupart des cas, les nouveaux médicaments sortent des cartons des effets secondaires. Qui dit effet secondaire dit déjà : effet. Ceci ne signifie pas que l’on sache exactement ce qui "fait effet" et parfois encore moins comment ça fait effet"

d’où la pincée d’ "effet placebo" augmenté par la couleur de la jolie boite et de la jolie gélule

Donc, il y a un effet. C’est également ce qu’on dit pour l’homéopathie.

Soyons donc pragmatiques.

Ensuite, on prouve cet effet par un "effet dose" etc mais on ne sait toujours pas pourquoi ça fait effet

Comme il y a un effet dose, il faut ensuite prouver qu’aux doses où il y a un effet, le médicament n’est pas toxique.

Voilà pourquoi la plupart du temps on suppute les raisons de cet effet : "ça marche bien"

On repense aux COX, le médicament miracle miraculeusement disparu de la pharmacopée. Une sorte d’aspirine bulldozer percutant la comète arachidonique...

et contre toute attente, la science physiologique avance car personne au monde ne sait exactement comment le corps humain a été monté.

Voyez : si on bloque là c’est à l’autre bout que ça se dérègle. Et chacun dans sa bulle d’industrie pharmaceutique est persuadé qu’il va trouver le médicament universel.