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1ère analyse du génome entier dans l’insuffisance cardiaque due à la cardiomyopathie dilatée.
1ère analyse du génome entier dans l'insuffisance cardiaque due à la cardiomyopathie dilatée.
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23 juin 2011
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1ère analyse du génome entier dans l’insuffisance cardiaque due à la cardiomyopathie dilatée.

1ère analyse du génome entier dans l'insuffisance cardiaque due à la cardiomyopathie dilatée.

L’étude a été coordonnée par des équipes de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Centre de référence pour les maladies cardiaques héréditaires, département de cardiologie, département de génétique, unités Inserm), soutenue par le programme hospitalier de recherche clinique national de 2004 et la promotion a été assurée par l’AP-HP. Le Dr Charron nous en dit plus sur cette maladie et les travaux menés, qui ont fait l’objet d’une publication dans la revue European Heart Journal(*).

Qu’est-ce que la cardiomyopathie dilatée ?

La cardiomyopathie dilatée est une maladie de cause encore mal connue. Elle se caractérise par un ventricule gauche dilaté qui se contracte mal. La maladie conduit à une altération de la pompe cardiaque, avec un débit sanguin qui peut devenir insuffisant pour assurer les besoins de l’organisme. Elle constitue ainsi une des sources majeures d’insuffisance cardiaque.

Combien de personnes sont concernées par cette maladie et quelles en sont les causes connues ?

La maladie peut se rencontrer à tout âge, mais elle intervient préférentiellement chez l’adolescent et le jeune adulte. Certains patients évoluent vers une insuffisance cardiaque sévère, pouvant conduire à une transplantation cardiaque, souvent proposée chez des sujets jeunes. La cardiomyopathie dilatée constitue d’ailleurs la première indication de transplantation cardiaque, devant l’infarctus.

La maladie est considérée comme assez rare, avec une fréquence d’environ 1 personne sur 2500 dans la population générale, mais ces chiffres sont probablement sous-estimés.

La cardiomyopathie dilatée peut être d’origine familiale, dans 30 % des cas environ, mais elle peut également, dans les autres cas, être multifactorielle, la composante génétique se combinant avec d’autres facteurs de type environnementaux par exemple.

Qu’ont démontré vos travaux ?

Nous avons cherché à identifier les marqueurs génétiques pour mieux comprendre la forme multifactorielle de cette maladie. L’étude a porté sur plus de 2000 malades et 2000 témoins, et nous avons comparé les fréquences des variants génétiques dans les 2 populations (population atteinte vs population contrôle), en utilisant une technique permettant d’analyser l’ensemble du génome humain.

Ce travail nous a permis d’identifier des marqueurs génétiques fortement associés à la maladie, et notamment le gène BAG3, impliqué dans les formes multifactorielles et aussi familiales de cardiomyopathie dilatée.

Or la protéine BAG3 joue un rôle dans l’apoptose i.e. la mort des cellules génétiquement programmée et est également impliquée dans un mécanisme de nettoyage des protéines dégradées dans les cellules (autophagie). On peut imaginer qu’en présence des variants génétiques, ces fonctions se trouvent altérées, avec pour conséquences respectives : moins de cellules dans le muscle cardiaque donc une moins bonne contraction du muscle et/ou une dégradation incorrecte des protéines, ce qui serait toxique pour la cellule elle-même.

Nos travaux suggèrent ainsi l’importance de ces voies physiologiques, qui pourrait constituer une nouvelle cible thérapeutique de la cardiomyopathie dilatée, et plus largement de l’insuffisance cardiaque.


(*) European Heart Journal, 1/04/2011 - A genome-wide association study identifiestwo loci associated with heart failure due to dilated cardiomyopathy - Eric Villard, Claire Perret, Françoise Gary, Carole Proust, Gilles Dilanian, Christian Hengstenberg, Volker Ruppert, Eloisa Arbustini, Thomas Wichter, Marine Germain, Olivier Dubourg, Luigi Tavazzi, Marie-Claude Aumont, Pascal DeGroote, Laurent Fauchier, Jean-Noël Trochu, Pierre Gibelin, Jean-François Aupetit, Klaus Stark, Jeanette Erdmann, Roland Hetzer, Angharad M. Roberts, Paul J.R. Barton, Vera Regitz-Zagrosek, Cardiogenics Consortium, Uzma Aslam, Laetitia Duboscq-Bidot, Matthias Meyborg, Bernhard Maisch, Hugo Madeira, Anders Waldenström, Enrique Galve, John G. Cleland, Richard Dorent, Gerard Roizes, Tanja Zeller, Stefan Blankenberg, Alison H. Goodall, Stuart Cook, David A. Tregouet, Laurence Tiret, Richard Isnard, Michel Komajda, Philippe Charron, and François Cambien

Propos recueillis par Anne-Cécile Bard
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