Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Vision sur la sexualité précoce des adolescents
Vision sur la sexualité précoce des adolescents
note des lecteurs
date et réactions
16 avril 2008
Auteur de l'article
Valérie Cordonnier, 9 articles (Psychothérapeute - Sexologue)

Valérie Cordonnier

Psychothérapeute - Sexologue
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
9
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Vision sur la sexualité précoce des adolescents

Vision sur la sexualité précoce des adolescents

La question de la sexualité précoce des adolescents doit nous amener à réfléchir sur ce que vivent les jeunes, mais également sur ce qu’est la représentation de la sexualité pour un être humain qui se dit être un adulte.

 

 

Il faut se garder d’être angélique, au risque de choquer. La sexualité est l'affaire de tous et, dans la mesure où elle est acceptée socialement comme le lieu de tous les possibles, sans que beaucoup d’interdits viennent en baliser l'expérience, comment pouvons-nous sincèrement nous étonner que nos enfants n’empruntent pas toujours le chemin le plus responsable ?

 

Mère et « belle mère », se pose pour moi la question de la liberté du corps, de l’intimité, donc de la sexualité, pour mon fils de 17 ans et ma belle-fille de 15 ans. Aborder la sexualité en évoquant la liberté est difficile. Il faut se questionner sur qu’est ce que la liberté ? Les êtres libres ne sont ils pas libres de se rencontrer, dans un consentement réciproque ?

 


La sexualité commence par la rencontre de deux corps. Il y a une provocation, généralement de la femme envers l’homme. Elle se fait désirer au travers d’artifices. Et plus que jamais, la mode incite les jeunes filles, les femmes à user de leur corps pour se regarder dans les yeux des garçons et des hommes. Nous sommes dans un monde sociétal où les corps se dénudent, où le nombril se montre, le string se devine, les cuisses se gainent de couleurs et les seins pigeonnent outrageusement. Le tout agrémenté de maquillage équivoque, ça brille, ça flashe, ça se voit, ça appelle. Nous autorisons nos petites filles à prendre la voie de femmes aguicheuses qui permettent au regard masculin de se poser sur elles, de les considérer comme objet de désir. Et ce n’est alors pas le regard du garçon de son âge que la jeune fille recherche, mais celui d’un homme, qui lui rendra le signal qu’elle est sur « la bonne voie ».

 


Cet homme là devrait se détourner de la jeune adolescente provocante. Mais est-ce vraiment ce qui se passe ? Que voyons nous dans la rue ? L’effet qu’elles produisent. Et sur quoi repose cet effet ? Sur le short, le tatouage, le vêtement sexy, qui devient une promesse. Tous ces accessoires donnent l’illusion d’une promesse sexuelle intense, d’un acte sexuel forcément torride.

 

Les jeunes filles qui vont se vouer à ce manège, et qui vont en prendre habitude au fil des ans, oublient que la réponse masculine qu'elles viennent de recevoir est renouvelable à l’infini puisque ce type de regard ne cesse jamais de se poser là où passent les objets de désirs.

 


Les jeunes apprennent donc très tôt que la sexualité se limite à la génitalité. Et qu'il ne peut y avoir de vie amoureuse que si cette génitalité vibre au contact d'un désir pluriel. C’est en tout cas le message que les adultes envoient à leurs jeunes. Ces derniers comprennent d'ailleurs très tôt le drame adulte puisque leurs parents s'affrontent sur la question de la sexualité. L’homme, s’il veut pouvoir demeurer avec la même partenaire doit trouver d’autres sources d’excitabilité.

 


Le philosophe Emmanuel Lévinas a voulu démontrer que tout homme est capable de modifier son rapport à la sexualité s'il s'aventure dans la quête du corps de l'autre. C’est une quête bien sûr toujours inassouvie, parce que ce corps est habité par un être changeant, vulnérable et pourtant miroir de notre propre épanouissement.

 

Mais quel homme, quelle femme, peuvent prétendre avoir fait le tour de l'autre, de leur partenaire ? En quel honneur cette affirmation peut elle être posée ? Qui est capable de concentrer dans un seul regard toute l'énergie sexuelle dont nous avons le privilège d'être investis et de renvoyer à l'autre, sous une forme authentique, l’émotion, la vibration, qui commandent, non pas à jouir avec son sexe, avec ses organes, mais à se faire mutuellement l'amour dans l'accomplissement de soi ?

 


Savons-nous vraiment aimer sexuellement ? N’est-ce pas parce que nous en sommes parfois incapable que nous nous contentons d’artefacts qui nous donnent l'illusion d'être adultes et libres ? Nous ne savons pas qu'il nous appartient d'être créateurs de nos propres repères et que rien ne nous oblige à entériner des comportements socialement programmés.

 

Etre adulte nécessite du courage, et d’expérimenter le véritable don de soi dans la sexualité. Nous pourrons alors voir nos enfants sourire à un avenir dans lequel les attend un « amoureux » ou une « amoureuse », porteurs d'un regard authentique et d'un corps exultant pour eux seuls.

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Mêmes thématiques
Mots-clés :