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Tous les événements de la santé - juillet 2008
Tous les événements de la santé - juillet 2008
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8 juillet 2008
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Jean Zin, 23 articles (Rédacteur)

Jean Zin

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Tous les événements de la santé - juillet 2008

Tous les événements de la santé - juillet 2008

- La variabilité épigénétique avec l’âge

Des chercheurs de l’Université de Johns Hopkins ont analysé des échantillons d’ADN provenant de 600 personnes : une première fois en 1991, puis de nouveau entre 2002 et 2005. L’équipe a mesuré les variations totales de méthylation, qui est la principale modification épigénétique de l’ADN, dans 111 de ces échantillons. Ils ont découvert que dans quasiment un tiers des cas, la méthylation avait changé pendant cette période de onze ans.

Ces changements peuvent se produire spontanément, en réponse à l’environnement, à l’alimentation et à d’autres facteurs externes. La méthylation de l’ADN est une modification de l’une des quatre bases azotées par l’ajout d’un groupement méthyle (CH3) à la place d’un atome d’hydrogène. Quand elle se produit, la séquence d’ADN concernée devient muette et n’est plus traduite en protéines.

Les changements constatés par les chercheurs prouvent que les variations dans l’expression des gènes induites par des mécanismes épigénétiques varient durant la vie d’un individu sans doute sous l’effet de facteurs environnementaux ou alimentaires. Cette réalité expliquerait l’émergence de maladies comme le cancer, plus fréquentes en vieillissant.

- Une molécule anti-cancer

Mise au point en 1998, dans le cadre de la recherche antisida, la molécule HB-19 va peut-être connaître une nouvelle carrière comme thérapie anticancéreuse. Une équipe française vient en effet de démontrer son efficacité contre une protéine présente à la surface des cellules : la nucléoline.

"Pour qu’un cancer se développe, il faut deux choses : des cellules tumorales et des vaisseaux nourriciers. C’est ce que favorise la nucléoline de surface, en réussissant à la neutraliser nous disposons pour la première fois d’une molécule qui agit sur ces deux axes en même temps".

HB-19 se lie, en effet, spécifiquement à la nucléoline et la neutralise en la faisant « rentrer » à l’intérieur du cytoplasme où elle est dégradée. Les chercheurs ont testé son efficacité in-vitro sur différents types de cellules tumorales et in-vivo sur des souris greffées avec cellules tumorales humaines. Résultats : l’administration d’HB-19 par voie sous-cutanée ou intrapéritonéale a entraîné une inhibition significative de la progression des tumeurs, voire même dans plusieurs cas l’éradication des cellules tumorales.

Et ce n’est pas tout contrairement aux chimiothérapies anticancéreuses : « HB-19 ne pénètre pas à l’intérieur du noyau cellulaire. C’est donc à la fois une molécule dénuée de toxicité tissulaire et une molécule qui a une action spécifique »

Voir aussi Futura-Sciences.

- Mélanome malin avancé : succès d’un traitement par thérapie cellulaire
Le Monde, Le Figaro 20.06

Des médecins américains ont pour la première fois traité avec succès un patient atteint d’un mélanome avec des cellules clonées de son système immunitaire.

Les chercheurs ont multiplié in vitro certains lymphocytes du malade, actifs contre un antigène tumoral, puis injecté ces cellules dans le sang.

"Un rémission complète a été obtenue, avec un recul de 2 ans".

Ces résultats ne portent que sur un seul cas, mais sont suffisamment exceptionnels pour que d’autres s’en emparent pour élargir l’essai.

Aucun effet secondaire, aucune complication ou maladie auto-immune n’a été observé.

Le traitement mis en œuvre est très lourd et coûteux. (…) Si l’on démontre sur plusieurs patients qu’il est possible d’obtenir des rémissions de longue durée, voire des guérisons, on sera sans doute capable de simplifier les procédures.

Il y aurait plus simple, puisqu’il suffirait paraît-il de boire du café pour éviter les cancers de la peau !

- Retrouver les muscles de sa jeunesse

Plus on vieillit, plus on produit une protéine "TGF-beta" qui bloque la prolifération des cellules souches (peut-être un moyen de se protéger du cancers ?). C’est ce phénomène qui expliquerait le ralentissement de la production de cellules musculaires jusqu’à l’atrophie des muscles lorsque les destructions normales de cellules engendrées par l’exercice musculaire ne sont plus compensées par la création de nouvelles cellules. En fait, plutôt qu’une inhibition de la production de TGF-beta, risquant de générer des tumeurs, il faudrait l’équilibrer avec une autre protéine "Notch" dont la production diminue avec l’âge.

Généralement chez les personnes âgées le développement de nouvelles cellules musculaires est plus lent que chez les plus jeunes, mais en inhibant une protéine-clé pour les cellules souches, on a pu rétablir la vigueur de souris âgées. Dans ces deux images, les cellules souches musculaires sont indiquées en rouge, et les fibres musculaires en vert. L’image du haut montre les muscles de souris âgées après traitement, dont la croissance musculaire est clairement supérieure à l’image du bas, qui montre les muscles de souris non traitées.


- Des nanoparticules d’or pour délivrer des médicaments dans les cellules

C’est une première. Un groupe de chercheurs a créé des nanoparticules capables de délivrer des substances actives directement à l’intérieur des cellules sans perforer leur membrane.

- Alerte à la maladie de Chagas en Ile-de-France

Problématique en Amérique du sud, la trypanosomose humaine américaine (THAm, ou maladie de Chagas) est causée par un parasite du sang, Tripanosoma cruzi. C’est donc une trypanosomiase, comme la maladie du sommeil. Cette infection peut rester silencieuse durant vingt ou trente ans. Dans près d’un cas sur trois, elle provoque d’importantes complications digestives, neurologiques et cardiaques, lesquelles peuvent être mortelles (dans 6 % des cas selon l’Institut Pasteur). La maladie se transmet à l’homme par un insecte piqueur, le triatome, mais elle peut aussi se propager par transfusion sanguine et par transmission intraplancetaire (donc de la mère à l’enfant). Dans les années 1970 et 1980, l’infection a connu une forte progression en Amérique latine, le Brésil étant le pays le plus touché, avec un développement plus rapide dans les zones urbaines et surtout dans les banlieues pauvres. L’insecte vecteur aime à vivre dans des recoins humides et affectionne particulièrement les fissures des toits et des vieux murs.

Mais depuis 2004, l’Institut de veille sanitaire (INVS) a recensé 18 cas en Ile-de-France, chez 17 personnes venant de Bolivie et chez une venant du Salvador.

- Un verre de vin par jour, c’est bon pour le foie !

La consommation d’un verre de vin quotidien serait non seulement sans danger pour le foie mais en plus pourrait lui être bénéfique en diminuant la prévalence de certaines maladies non alcooliques hépatiques.

Ces différentes maladies touchant des personnes qui ne boivent pas ou très peu d’alcool sont caractérisées par une accumulation de graisse dans les hépatocytes. Dans la stéatose simple, les graisses s’accumulent à l’intérieur du foie, habituellement sans causer de dommage aux cellules hépatiques. La stéatohépatite non alcoolique est une affection plus grave, car l’inflammation et la croissance des tissus à l’intérieur du foie peuvent mener à de la cirrhose, à des cicatrices hépatiques ou au cancer du foie.

Cette étude montre que le risque de développer une maladie non alcoolique du foie est diminué de moitié chez des individus qui consomment jusqu’à un verre de vin par jour, comparé à des personnes qui ne boivent pas d’alcool. En revanche les consommateurs de bière ou liqueur ont 4 fois plus de risque de développer ces maladies que des consommateurs de vin.

- Le lait biologique est bien meilleur, évidemment !

Les vaches élevées dans les fermes d’agriculture biologique, produisent un lait beaucoup plus riche en acides gras, antioxydants et vitamines bénéfiques que leurs homologues de l’agriculture conventionnelle à haut rendement.


- Des yaourts contre l’allergie

En pleine période de rhume des foins, des chercheurs révèlent qu’une dose quotidienne de probiotiques peut modifier le statut immunitaire des allergiques et ainsi diminuer la gravité des symptômes.

Les probiotiques sont des bactéries ou des levures qui proviennent pour l’essentiel des produits lactiques fermentés, rajoutés dans les aliments (yaourt ou lait) ils favorisent la digestion des fibres, stimulent le système immunitaire et préviennent ou traitent la diarrhée.


- Les probiotiques rendraient obèse !

Ces deux poulets, âgés de six semaines, ont mangé la même chose, à l’exception d’une bactérie.

La bactérie qui a si bien "profité" aux poulets n’est autre que le lactobacillus fermentum, couramment utilisé dans l’industrie laitière pour la fermentation des produits.

Des résultats identiques ont été obtenus avec une autre bactérie célèbre : le bifido-bacterium, présente dans les fameux yaourts au bifidus.

A prendre avec précaution. Les bienfaits des probiotiques sont de plus en plus établis (notamment contre l’inflammation) mais il n’est pas impossible que cela modifie la composition de la flore bactérienne jusqu’à favoriser l’obésité dans certains cas. En tout cas, c’est le fait qu’on donne des probiotiques aux poulets pour grossir qui a mis Didier Raoult sur cette voie. Cela montre surtout que les probiotiques facilitent l’assimilation, pas qu’ils rendent obèse (les "gros" poulets n’ont pas l’air obèses mais plutôt de grandir plus vite !). Qu’il suffise d’une seule dose est aussi très douteux, au moins pour les humains...

- Concentration et créativité : un difficile équilibre

On ne peut pas tout avoir. C’est ce qui fait que le surhomme est un fantasme auxquels les technophobes croient encore plus que les plus allumés des technophiles. Par contre, il est bien plus probable qu’on puisse avoir des hommes spécialisés, ce qui est encore plus effrayant, car, par exemple, on ne peut augmenter à la fois la concentration et la créativité, on ne peut à la fois réduire l’aléatoire et l’augmenter ! Ceux qui prennent de la cocaïne ou de la Ritaline ne le font pas seulement au détriment de leur santé mais de leur créativité (sans parler de leur équilibre émotionnel). En effet, pour achever de dégonfler les fantasmes d’hommes améliorés, il faut aussi souligner que la plupart des possibilités de "dopage" (voire de pilule du bonheur) sont déjà effectives avec les drogues traditionnelles connues depuis toujours, avec leurs avantages et leurs inconvénients. L’homme artificiel est déjà là, nous sommes déjà des aliens...

Selon les auteurs de l’étude, la capacité à être distrait serait justement un facteur de créativité. Elle serait le signe “qu’un plus grand nombre d’informations arrive à la conscience”.

D’après Jacqui Smith, professeur de sciences sociales à l’université du Michigan, “ces recherches correspondent bien à la définition que nous donnons de la “sagesse”. Si les personnes plus âgées se montrent en mesure d’absorber plus d’informations sur une situation, et si elles sont capables de la combiner avec une plus grande connaissance des choses en général, elles se retrouvent alors en possession d’un bel avantage” (malgré leur moins grande rapidité et capacité d’attention).

La plupart des travaux sur l’amélioration de la cognition concernent justement le renforcement des capacités d’attention et de concentration. Ainsi, bon nombre des fameuses “smart drugs” agissent surtout sur ces fonctionnalités (les autres sont plutôt destinées à améliorer la mémoire). C’est le cas des deux les plus connues : le Modafinil et la Ritaline, cette dernière étant fameuse pour être donnée (et parfois imposée) aux enfants souffrants du désormais célèbre “trouble déficitaire de l’attention“. Mais la Ritaline a depuis longtemps quitté le monde de la médecine pour devenir une “drogue de confort” disponible au marché noir. Selon un sondage informel de la revue Nature, 35% des scientifiques à y avoir participé (essentiellement Américains) avouent avoir utilisé de la Ritaline, du Provigil ou des beta bloquants pour améliorer leurs performances intellectuelles. Cependant, si ces recherches se confirment, il se pourrait que nos apprentis génies ne prennent pas les bons remèdes.

“Certains de mes amis qui utilisaient largement la Ritaline à l’université avaient l’habitude de plaisanter sur les avantages qu’elle présentait pour les longues nuits de bachotage, alors qu’elle semblait supprimer toute forme d’originalité”, raconte Lehrer.

Et de conclure : “Lorsqu’on se concentre sur une tâche particulière - comme écrire un article - on demande au cerveau de cesser de prêter attention à une multitude de pensées apparemment sans relation avec le travail en cours, ainsi qu’à une multitude de stimuli venus d’en dessous (le cerveau inconscient est bourré de distractions potentielles). Cependant, ce sont ces mêmes pensées qui peuvent apparaitre comme autant d’interruptions ennuyeuses qui s’avèrent aussi être le moteur de la créativité, parce qu’elles permettent d’établir de nouvelles connexions entre des idées apparemment sans rapport entre elles.”

- La stimulation électrique cérébrale pour mieux apprendre

La stimulation électrique cérébrale (transcranial direct current stimulation ou TDCS) améliorerait les performances cognitives. C’est une technologie appliquée depuis longtemps mais on vient seulement de s’apercevoir que la stimulation du cortex préfrontal par un courant faible appliqué sur la peau du crâne améliorerait significativement l’apprentissage. De quoi concurrencer la Ritaline, paraît-il...


- Appel concernant l’utilisation des téléphones portables

Je dois dire que, pour ma part, je ne comprends pas trop qu’on se focalise sur le danger de cancer qui pour être réel semble malgré tout assez faible au regard des données disponibles, et seulement pour des utilisations très intensives. Les risques de perturbation émotionnelle modifiant les ondes du cerveau me semblent supérieures (ce qui concernerait plutôt antennes relais et wifi) et surtout la perméabilité des membranes des cellules est sans doute potentiellement plus dangereuse. La dangerosité supérieure des téléphones wifi n’est pas non plus prise en compte dans l’appel (il est vrai que c’est encore très minoritaire). Enfin, si j’approuve globalement les précautions à prendre, elles semblent aussi peu praticables que de manger 5 fruits et légumes par jour (il faudrait peut-être mieux se mettre une cage de Faraday sur la tête !)... Ce qui est certain, c’est qu’il faut multiplier les études et prendre des précautions.

- Téléphone portable, la polémique continue

L’Académie de médecine a du mal à comprendre, semble-t-il, la différence entre prévention et précaution...

L’Académie de médecine répond vigoureusement à l’appel sur l’utilisation des téléphones portables initié par David Servan-Schreiber avec le soutien de 19 signataires médecins ou scientifiques. Dans un communiqué publié hier, elle déclare : « Inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique ». On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’ « un risque existe qu’il favorise l’apparition de cancers en cas d’exposition à long terme » et, en même temps, qu’ « il n’y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable  ».

Recommander un mètre de distance dans les transports en commun est irréaliste et inutilement alarmiste.

- Une nouvelle étude met en cause le portable

Ce n’est pas tellement le risque de cancer du cerveau qui serait le problème principal mais bien le dérèglement du système immunitaire (sans doute à cause de la perméabilité des cellules), confirmant une expérience antérieure sur les tomates. Il faut noter cependant que ce dérèglement se produit à relativement court terme par rapport aux 10 à 15 ans de développement d’un cancer et que donc les conséquences sanitaires en sont déjà largement effectives sans que cela ait pris des proportions catastrophiques pour l’instant ni empêché l’allongement de la durée de vie...

L’étude montre que le taux de mortalité des rats de laboratoire double lorsqu’ils sont exposés aux ondes des téléphones portables et réseaux wi-fi. Le taux de mortalité de trois groupes de rats soumis pendant 18 mois à trois niveaux d’exposition électromagnetiques utilisées dans les technologies mobiles s’est élevé à 60%, contre 29% dans un groupe de rats « épargnés ».

Mais Dirk Adang avance l’hypothèse d’un dérèglement du système immunitaire des rats, pourtant soumis à des ondes aux taux « conformes aux standards internationaux en vigueur ». « Il est remarquable que dans tous les groupes soumis à une exposition, on constate une augmentation des monocytes (globules blancs actifs dans l’élimination des particules étrangères) comparativement au groupe témoin », écrit le chercheur belge. « Ces découvertes montrent un stress dans la formation du système sanguin après une exposition à faible dose, à long terme, de micro-ondes (…) C’est comme si l’organisme réagissait à une agression étrangère ou à une intrusion », ajoute-t-il.

Jean Zin
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