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Overdoses de sel : 25 000 morts par an, personne ne bouge
Overdoses de sel : 25 000 morts par an, personne ne bouge
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30 avril 2008 | 1 commentaires
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Lesmotsontunsens, 35 articles (Rédacteur)

Lesmotsontunsens

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Overdoses de sel : 25 000 morts par an, personne ne bouge

Overdoses de sel : 25 000 morts par an, personne ne bouge

Plats cuisinés, charcuterie, pain... les aliments sont trop riches en sel. Les pouvoirs publics sont sourds, ou aveugles, les étiquettes restent muettes. Et c’est 75.000 accidents cardio-vasculaires chaque année, dont 25.000 décès. Scandale monumental... ou affaire sans intérêt ?

Pierre Méneton, chercheur à l’INSERM, dénonce depuis des années ce régime bien salé auquel la population est exposée, de fait. Le risque sanitaire est avéré et reconnu par tout le monde, et en premier lieu par l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui a rendu, en 2002, un rapport sucré-salé bien peu alarmiste toutefois. S’il reconnait l’effet très grave sur la santé, il se contente de préconiser une petite réduction des doses, à 8g par jour. En France, l’apport moyen se situerait autour de l0g par jour ; un quart des hommes et 10% des femmes en consommeraient plus de 12 g. Or, les besoins sont estimés à 3g, et les agences de santé européennes préconisent un maximum de 5 à 6g.

L’industrie est accro au sodium - Agroalimentaire et pharmaceutique

les mots ont un sens

Mais le sel, s’il n’est plus guère utilisé comme conservateur, garde des propriétés intéressantes pour les industriels : il exhausse artificiellement le gout des aliments et de par sa faculté de rétention d’eau, il permet aussi d’augmenter le poids des boites. Il possède par ailleurs deux autres propriétés : accoutumance et pouvoir assoiffant : réduire la consommation de sel de 11g à 5g réduit le "besoin" de boire de l’équivalent de 330 ml, soit une canette. Mauvais pour la croissance. Dans un pays comme la France, estime Pierre Meneton, une réduction de 30 % des apports en sel entraînerait un manque à gagner de 7 milliards d’euros par an pour l’agroalimentaire.

Si l’on réduisait de moitié les quantités de sel incorporées dans la nourriture industrielle, on diminuerait de moitié le nombre d’hypertendus. C’est du moins ce que permet de conclure l’étude « Intersalt », réalisée en 1997 sur 10 000 personnes dans 32 pays. Sans l’aide d’aucun médicament. Un coup dur pour le très rentable marché des anti-hypertenseurs, qui pèse, seulement en France, 2 milliards d’euros par an. Hasard total, le groupe Solvay, membre du Comité des salines de France et second producteur européen de sel, possède également une branche pharmaceutique qui aligne pas moins de cinq médicaments anti-hypertenseurs !

La vengeance est un plat... salé, qui ne se mange pas !

Méneton, en menant son enquête, s’est aperçu que les professionnels désinformaient systématiquement sur les teneurs en sodium de leurs produits ainsi que sur les conséquences de sa consommation. Et il le dit ! Au mensuel TOC, il déclarait en 2006, que "le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire était très puissant" et "désinformait les professionnels de la santé et les médias". Il a été poursuivi par le Comité des Salines de France pour "diffamation". Ce procès a eu l’effet inverse de celui espéré. Toutes les informations ont été mises sur la table. Appelés à la barre en tant que témoins, l’ancien directeur général de la Santé, Joël Ménard, et le journaliste du Point, magazine dans lequel avait été publié l’article, Christophe Labbé, ont soutenu Pierre Méneton. Mercredi 12 mars, les plaignants ont été déboutés, le tribunal ayant estimé que Meneton avait fait preuve d’une « appréciation critique » et non « diffamatoire ».

Et en attendant, personne n’est au courant et les pouvoirs publics ne bougent pas d’un pouce. Aucun étiquetage, aucun message d’alerte... mais 25.000 morts tous les ans, finalement, qu’est-ce que c’est ? Les morts ont un sens... aussi.

Une vidéo de Pierre Meneton, réalisée par Bakchich.info, qui vous en apprendra peut-être un peu plus.

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Commentaires
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par pepin2pomme (IP:xxx.xx4.199.74) le 28 mai 2008 a 09H14
pepin2pomme (Visiteur)

Le plus scandaleux, c’est que c’est difficile, voire impossible d’échapper à cette tendance : si je veux manger moins salé, il faudrait que je cuisine tous mes repas moi-même, y compris le pain. Totalement incompatible avec la fréquentation d’une cantine d’entreprise. L’article cite les médicaments anti-tenseurs. Je suis concerné aussi puisque je prends quotidiennement un comprimé (30 euros pour une boîte mensuelle, soit une charge annuelle de 360 euros pour la caisse maladie) pour maitriser ma tension et prévenir un accident vasculaire. Je sais que je devrais diminuer ma consommation de sel, mais à aucun moment le médecin ne me l’a demandé, sachant pertinemment que je ne peux contrôler ma consommation de sel qu’à la marge. Le plus comique, c’est que mon entreprise, très soucieuse de la santé de ses employés, organise des sessions d’informations avec participation obligatoire avec des sujets comme les dangers de l’alcool. Mais au sujet du sel au resto d’entreprise, rien ! Evidemment, je suis conscient que mon hypertension, c’est mon problème, et que ce n’est pas une raison pour imposer des repas fades aux collègues. Mais je ferais remarquer aussi qu’une salière est disponible à chaque table pour "rectifier" les plats, et que même pour les personnes qui n’ont pas de problèmes de santé il est préférable sur le long terme de manger moins salé. Personne non plus ne demande de supprimer totalement le sel (ce serait imbouffable), mais une diminution progressive et substantielle pourrait être envisagée.