Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Ostéoporose, ne pas tomber dans la psychose
Ostéoporose, ne pas tomber dans la psychose
note des lecteurs
date et réactions
17 décembre 2008 | 3 commentaires
Auteur de l'article
Eric Donfu, 6 articles (Sociologue)

Eric Donfu

Sociologue
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
6
nombre de commentaires
1
nombre de votes
0

Ostéoporose, ne pas tomber dans la psychose

Ostéoporose, ne pas tomber dans la psychose

La menace de l’ostéoporose est à relativiser et ne doit pas déboucher sur une surmédication des femmes. Il est nécessaire de rétablir la vérité loin des discours commerciaux, tout en profitant des avancées dans le dépistage précoce de la maladie grâce à l’ostéodensitométrie...

>>>>>> Articles précédents :

1 / Comment chasser un « effet Pinocchio » de l’ostéoporose sur la vie des femmes ? 

2/ Ostéoporose : prévention et traitements 

JPEG - 15 ko
Ostéoporose : ne pas tomber dans la surmédication

Des arguments à décrypter

Pour les femmes, la pression est donc double. D’un coté, plus que jamais, leur image a évolué et de l’autre, les mises en garde sur leur santé n’ont jamais été aussi fortes. Désormais, et davantage que leur disponibilité pour leur famille, c’est leur dynamisme et leur tonicité qui sont plébiscités au point de former le nouveau capital familial[i] .

Cette nouvelle jeunesse, elles en sont l’illustration à tout âge. Autonomes, sportives, voyageuses elles sont capables de refaire leur vie. Piliers de la famille, aidant à la fois leurs enfants et leurs parents âgés, elles sont devenues pivots dans leurs familles, et, de plus en plus, dans la société.

Face négative pour ce nouveau rôle, leur dynamisme peut être contredit par une annonce choc : Après 60 ans, une femme sur deux risque de connaitre une fracture due à une ostéoporose.[ii] Selon sa gravité et l’âge de la patiente, elle sera la cause de soins de longue durée pour moitié, mais peut entrainer le décès pour une fracture du bassin sur six, notamment au grand âge.

Et cette crainte gagne tout le monde de proche en proche . Quelle femme n’a pas, en effet, dans ses amies, le cas d’une femme qui s’est cassé la jambe en glissant sur des feuilles mortes dans la rue ? En discutant avec des kinésithérapeutes, des exemples plus effrayants encore sont cités, comme des cas précoce de la forme sévère de la maladie dès 40 ans, ou celui de telle ou telle femme qui s’est cassé l’épaule en se retournant dans son lit, ou même à la suite d’une toux.

Mais si les poignets et les hanches peuvent devenir des talons d’Achille, les vertèbres peuvent aussi se fracturer ou se fendre ou se tasser, rapetissant la taille. Car si trop de vertèbres se tassent ainsi, la perspective est de devenir bossue, avec une voussure, appelée aussi « Bombement anatomique » à ne pas confondre avec « bombe anatomique »…

Il faudrait aussi relativiser cette effrayante perspective

Si la perte de taille est inévitable avec l’âge, en réalité, selon certains scientifiques, ce tassement de vertèbre[iii] ne toucherait que 5 à 7% des personnes de plus de 70 ans, et encore, seule la moitié d’entre elles auraient deux vertèbres concernées[iv]. Même si ces chiffres sont à prendre avec précaution, il est sûr que cette crainte ne doit pas entraîner une surconsommation de médicaments, surtout si on n’est pas atteint par la maladie de l’ostéoporose. Et ce, même si un laboratoire clame astucieusement « Pour vivre debout jusqu’à 100 ans, (il suffit d’) un rendez-vous (avec notre traitement) tous les mois…

Ainsi désignée, diagnostiquée, l’ombre menaçante de l’ostéoporose plane dans les salles d’attentes des cabinets médicaux sur les mêmes tables que la nouvelle image des femmes après 50 ans à la couverture des magazines féminins. Car, de façon plus ciblée que les marques alimentaires proposant des yaourts renforcées en calcium et vitamines D, les laboratoires pharmaceutiques engagent des moyens importants pour faire valoir leurs formules et leurs marques. C’est ainsi qu’en juin 2008 Ursula Andress fut même l’icône d’une marque en Belgique, prenant même son cas personnel en exemple.

Ne pas jouer avec le métabolisme des femmes

Il n’est pas sain de jouer avec le métabolisme des femmes par une surmédication. Partagés entre crainte des risques de l’ostéoporose et crainte des effets indésirables de son traitement, les femmes ne doivent pas non plus être livrées après 50 ans aux aléas des discours commerciaux. Car tous les arguments sont utilisés pour les faire souscrire à un traitement, et notamment celui de l’apparence. L’ostéoporose serait la cause d’un tassement des vertèbres entraînant une perte de taille notable ? Nous avons vu que ce n’était pas si simple. Alors, comment distinguer le grain de l’ivraie face à une offensive des faux-nez de l’ostéoporose ?

Distinguer le phénomène naturel de la maladie

Comme le souligne la Haute Autorité de Santé ( HAS) dans un rapport consacré à la prévention, au diagnostic et au traitement de l’ostéoporose [v] : la diminution de la masse osseuse avec l’âge est normale, pour la femme comme pour l’homme. Cette masse osseuse se maintient en général à son maximum environ 20 ans chez l’homme, avant de diminuer de 0,5 à 1 % par an.

Chez la femme, la décroissance de la masse osseuse commence quelques années avant la ménopause avant de se poursuivre au rythme de 1 à 2 % par an durant 8 à 10 ans, puis de ralentir jusqu’à ce que son rythme d’évolution soit le même que chez l’homme.

Dans de nombreux cas, cette diminution de la masse osseuse est sans conséquence grave, mais chez d’autres, qui ont une plus faible masse osseuse maximale, ou qui présentent certains facteurs de risque, une ostéoporose peut se déclarer.

Comme nous l’avons déjà vu, cette ostéoporose se révèlera plus ou moins sévère selon les facteurs de risque : l’âge, le sexe féminin, la génétique (antécédents familiaux d’ostéoporose), l’inactivité physique, une carence vitaminocalcique, le tabagisme, l’alcoolisme, un faible poids et un faible indice de masse corporelle (IMC), la ménopause et des pathologies ou traitements inducteurs d’ostéoporose.

Mais des instruments de diagnostic précis existent et il n’y a pas lieu de s’angoisser pour cela.

Relativiser les risques sans les nier

Dans ce même rapport de synthèse publié en 2006, la Haute Autorité de Santé, (HAS) précise que « L’ostéoporose entraîne une fragilité osseuse, mais (que) le risque de fracture est plus ou moins grand selon les sujets ».

Dans la préface d’un document de 63 pages sur l’Ostéoporose[vi], des médecins de l’Assistance Publique, Hôpitaux de Paris commencent par cette mise en garde : « Actuellement, parmi 100 femmes françaises atteignant l’âge de la ménopause, on estime que 40 auront avant la fin de leur vie une fracture due à la fragilité des os. L’augmentation de l’espérance de vie est importante. Les prévisions sur la fréquence des fractures sont donc très pessimistes ». Et, dans le même texte, « L’ostéoporose n’est pas une simple maladie, elle n’est pas inéluctable ». Comment ne pas remarquer le contraste de ces deux affirmations émanant de spécialistes de l’institut de Rhumatologie d’un grand groupe hospitalier parisien ? S’il en était besoin, ce texte démontre l’ambivalence et la complexité du sujet.

Un marché de 200 millions de femmes dans le monde

La femme de plus de 50 ans est devenue une cible prioritaire. Toujours jeune, oui, mais aussi fragile, donc, selon les prescripteurs. Désormais, toute femme qui se découvre une nouvelle vie après 50 ans est ainsi soumise aux mises en gardes de spécialistes recommandés auxquels les laboratoires pharmaceutiques emboîtent des arguments non dénués d’intérêts commerciaux.

Nous pouvons les comprendre, il y aurait 200 millions de femmes touchées par l’ostéoporose dans le monde. Et en 2011, il y aura en France 4 millions de femmes de 55-65 ans, soit 1,2 million de plus qu’au recensement de 1999 [vii] .

Raison de plus pour tenter de tenir un discours de vérité, à égale distance d’un jeunisme désuet et d’un pessimisme alarmant. N’oublions pas que la somatisation peut se développer aussi par l’intégration, par la femme, d’une grille de lecture faussée par des arrières pensées commerciales. Veiller à surveiller son alimentation, recueillir l’avis de son médecin, et faire un diagnostic suffisent.

Accepter son âge et prévenir ses conséquences physiques

Si l’avancée en âge était une source de forces physiques nouvelles, ça se saurait. Nous savons que , entre trente et soixante-dix ans, le flux sanguin cardiaque diminue de l’ordre de 30 %, la capacité vitale pulmonaire de 40 %, la masse musculaire de 25 %, la masse osseuse de 25 % et la fonction rénale de 30 %.[viii]

Dans ces conditions, rien d’étonnant au fait que l’âge soit un révélateur d‘affections. L’ostéoporose est une maladie silencieuse. Elle peut indisposer, mais on peut vivre avec sans s’en rendre compte. C’était le cas, hier, de toutes ces femmes à qui ont attribuait les fractures à des « os fins ». Alors, peut-on situer l’ostéoporose, entre des affections banales et graves ?

Avec l’âge, les plus banales ne sont pas les moins visibles, comme la baisse de la vue et de l’audition, qui touchent plus ou moins tout le monde. D’autres, plus dramatiques, comme les maladies neurodégénératives, notamment Alzheimer (850 000 cas déclarés) ou Parkinson (120 000) ne touchent qu’une minorité mais sont lourdement et dramatiquement vécues par les patients et leurs proches. N’oublions pas d’ évoquer les maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité en France, et les cancers. Leurs cas devraient augmenter avec l’augmentation du nombre de personnes âgées.

Dans ce tableau, l’ostéoporose pouvait paraître secondaire, à tord. C’est après des années qu’elle a enfin été reconnue.

La densitométrie : Un diagnostic remboursé par l’assurance maladie

Depuis une vingtaine d’années seulement, l’ostéoporose, cette forme sévère de la disparition progressive de la masse osseuse est bien devenue une nouvelle maladie, et c’est depuis 2002, seulement que son diagnostic par absorptiométrie à rayon X est inscrit à la nomenclature générale des actes médicaux.

L’ostéodensitométrie permet d‘évaluer notamment le risque de fracture et de fragilisation.

L’ostéodensitomètre a révolutionné le dépistage de l’ostéoporose. Cet outil diagnostique permet de quantifier la densité minérale osseuse, laquelle est un bon indicateur de la masse osseuse de l’individu. Cet indicateur est calculé à partir de la « minéralisation osseuse » située à partir d’un index, le T score .

-Si le score est inférieur à – 1 DS , la minéralisation osseuse est considérée comme basse.

-En dessous de – 2,5 DS on reste dans l’ospéopénie, qui n’est qu’un facteur de risque,

-Mais à -2,5 et au-delà, l’ostéoporose est diagnostiquée, et même qualifiée de sévère si l’examen révèle une fracture.


Pris en charge dans la loi de santé publique du 9 août 2004, cet examen est aujourd’hui enfin remboursé par les Caisses d’Assurance Maladie selon des conditions précisées en 2006. Il est donc recommandé, trois à cinq ans après l’installation de la ménopause, notamment s’il existe des facteurs de risque. Il est aussi recommandé de renouveler cet examen vers 65 ans.

Accepter son corps et regarder devant soi

A moins de briser tous les miroirs, comment nier les effets biologiques du vieillissement ? Il suffit de regarder son visage. En vieillissant, la peau s’atrophie, perd son élasticité, devient plus sèche et plus fragile. Progressivement, l’épiderme devient plus mince et des rides apparaissent.

Alors, sur ce sujet aussi les laboratoires font des recherches, et trouvent. Mais si tout le monde n’est pas égal devant son vieillissement, chacun peut l’accepter à sa façon. Car, pour toutes et pour tous, c’est entrer dans un temps ou chaque instant compte davantage, ou le rythme est différent. C’est peut-être aussi ce que révèle cette « fragilisation » des os de son corps, qui soulignent chaque mouvement, comme les rides signent le caractère d’une vie.

Bien aborder sa « maturescence »

On savait que la quarantaine est un âge sensible pour les femmes. Un peut comme à l’adolescence, le corps se transforme, et cela peut entrainer une crise. C’est l’âge de la maturescence (Attias-Donfut,1992) mais aujourd’hui, pour beaucoup de femmes, c’est aussi un âge de réalisation, de conscience de soi, de formidable lucidité sur le cycle de la vie.

En voyant les enfants grandir, son couple évoluer, sa position sociale s’affirmer, on regarde aussi devant soi. Dans les cultures ancestrales, et dans les religions, l’âge de la ménopause signait un statut différent pour les femmes. La femme stérile perd son statut de femme, et selon les sociétés, recevait le prestige d’une grand-mère ou la déchéance d’une épouse abandonnée.

Rien de tel dans notre société contemporaine, où la femme existe de façon autonome, en tant de sujet social, en dehors de toute fonction de reproduction, quel que soit son rôle dans la famille. Etre heureuse et épanouie après 40 ans, et même plus encore après 50 ans, est une nouvelle conquête des femmes. L’allongement de l’espérance de vie en bonne santé signifie bien qu’il est possible pour elles d’aborder une nouvelle étape heureuse et épanouie de leur existence.

Les femmes qui ont aujourd’hui 60 ans sont les premières concernées par le risque d’ostéoporose. Alors, faisons confiance à celles qui ont eu 20 ans en 1968 et dont le combat a été de maitriser leur corps, pour s’émanciper de cette ombre qui les menacerait dans l’os. . Des études vont approfondir les multiples dimensions sociales, scientifiques, psychologiques et économiques de ce nouveau défi. Certaines portent déjà une parole d’espoir qui les aide dans ce combat.

Oui, loin d’être des marionnettes de verre, les femmes veulent et peuvent vivre, courir, et se révéler au grand jour à tout âge comme elles sont : Dynamiques et toniques !



[i] Etude IPSOS-DRS à paraitre, réalisée à l’occasion de la fête des grands-mères 2009

[ii] 83ème congrès annuel de chirurgie orthopédique et traumatologique Paris,10 / 14 novembre 2008 Dossier de presse

[iii] L’ostéoporose provoque un raccourcissement de la colonne vertébrale (de 1,2 à 5 cm) causé par un amincissement des vertèbres dorso lombaires. Ce raccourcissement de la colonne vertébrale crée aussi un effet de disproportion car les bras et les jambes restent de taille normale ;

[iv] Selon le Dr Bruce Ettinger, professeur-adjoint de médecine clinique à l’université de Californie et également endocrinologue : "Les femmes ne devraient pas s’en faire au sujet de l’ostéoporose. L’ostéoporose qui provoque des douleurs et une invalidité est une maladie très rare. Seulement 5 à 7% des personnes de plus de 70 ans auront des tassements de vertèbres, la moitié seulement d’entre elles auront deux vertèbres concernées, et une sur cinq aura des symptômes. Je suis depuis longtemps dans la branche et j’ai très peu de patients voûtés. On en a fait tout un tintamarre récemment et beaucoup de femmes sont inquiètes, et on fait beaucoup trop d’examens, et on donne trop de médicaments." Cité par par Sherril Sellman (1998 )« Ostéoporose, ces os qu’on se dispute » Article paru dans les N°1 et 2 de NEXUS MAGAZINE (Edition française) : Editions Moan - Les cheyroux, 24580 Plazac Republié dans le Baume de Vie N° 17 et 18)

[v] Prévention, diagnostic et traitement de l’ostéoporose, Haute Autorité de Santé, Note de synthèse, juillet 2006.

[vi] Dr Janine-Sophie Giraudet-Le Quintrec, Dr Marie-Anne Mayoux-Benhamou et Dr Catherine Cormier Ostéoporose en 100 question, préface. Assistance Publique Hopitaux de Paris, 2008.

[vii] Eric Donfu, Oh Mamie Boom Editions Jacob-Duvernet, Paris, 2007

[viii] Pierre Guillet, médecin généraliste et gérontologue, Le dialogue des âges : Histoires de bien-vieillir, Editions Gallimard, Paris, 2007

Eric Donfu
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Polémiques & Débats
Mots-clés :
Santé Ostéoporose
Commentaires
7 votes
par Eric Donfu (IP:xxx.xx4.71.216) le 26 décembre 2008 a 11H44
Eric Donfu, 6 articles (Sociologue)

"Ne pas tomber dans la psychose" n’est-ce pas aussi faire une lecture objective de l’opinion des femmes sur leur vieillissement ? Selon une récente étude d’IPSOS santé (1) les femmes craignent, dans l’ordre, de prendre du poids, d’avoir des rides et de perdre des cheveux. Mais en présentant ce sondage aux " rencontres information-dialogue de Megève des 12/14 décembre 2008" les laboratoires à l’origine de cette communication (Bonviva) ont semblé déplorer que la perte de taille n’inquiète pas davantage les femmes... Un sociologue, Georges Vigarello s’est dit "surpris par les resultats de ce sondage" (2) et un rhumatologue d’Orléans, a assuré que " une perte de taille de 3 cm ou plus est un indice de fracture vertébrale éventuelle"...

(1)Enquête IPSOS Santé réalisée auprès de 450 femmes de 25 ans et plus (novembre 2008) - HAS, avis de la commission de transparence, 21 juin 2006. (2) Destination Santé, 26 décembre 2008 http://www.destinationsante.com/La-...

5 votes
par Christophe Gauthier (IP:xxx.xx6.192.23) le 3 janvier 2009 a 00H25
Christophe Gauthier (Visiteur)

Super intéressant, j’adore le boulot que fais ce mec Donfu.

0 vote
par Erin (IP:xxx.xx1.32.44) le 10 mai 2009 a 10H30
Erin (Visiteur)

Bonjour,

A propos des risques des traitements actuellement les plus prescrits dans l’ostéoporose, et même déjà dans l’ostéopénie, à savoir les bisphosphonates ou biphosphonates (Fosamax, Bonviva, Zométa, Actonel, Reclast, Aclasta, Skelid...), il y a plusieurs articles sur Pharmacritique, accessibles à partir de la catégorie "Traitements de l’ostéoporose, biphosphonates". http://pharmacritique.20minutes-blo...

Il est question dans l’article ci-dessus de l’"offensive des faux-nez de l’ostéoporose" et de la tentation de "succomber aux discours commerciaux" qui poussent à la surmédication. Cette pression fait partie d’une stratégie des laboratoires pharmaceutiques appelée "disease mongering" (façonnage de maladies, invention de maladies), qui consiste à élargir les critères de diagnostic, pousser à des dépistages très rapprochés, insister sur la moindre déviance par rapport à une "normalité" fictive et abaisser les seuils d’admissibilité à un traitement médical. Ainsi, l’ostéopénie n’est plus un simple facteur de risque de l’ostéoporose, l’un parmi d’autres, mais elle est désormais comprise comme un état de maladie nécessitant le recours à des biphosphonates ou à d’autres médicaments de type Protelos ou Evista.

Sur cette stratégie aussi, il y a plusieurs articles sur le même site Pharmacritique, à la catégorie "Maladie inventées / disease mongering". http://pharmacritique.20minutes-blo... L’imagination débordante de l’industrie pharmaceutique ne s’arrête pas à des choses négligeables du genre raisonnement scientifique ou usage raisonnable des médicaments...

:’-(