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Nouveaux virus : pas si neufs que ça
Nouveaux virus : pas si neufs que ça
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27 septembre 2008
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Bien sûr santé, 12 articles (Site internet)

Bien sûr santé

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Nouveaux virus : pas si neufs que ça

Nouveaux virus : pas si neufs que ça

Ils ont des noms d’autant plus mystérieux et inquiétants qu’on n’en avait jamais entendu parler avant. On leur prête régulièrement le pouvoir de rayer une partie de l’espèce humaine de la planète… Comment démêler le vrai du faux ?

virus En matière de santé publique, rien ne rime mieux avec virose que psychose et la rumeur bat presque toujours de vitesse la maladie. Mais si les esprits sages recommandent de savoir raison garder en ne cédant pas aux paniques sécuritaires, il ne s’agit pourtant pas de passer d’un extrême à l’autre et de basculer du catastrophisme buté à l’angélisme béat.

Le fameux « principe de précaution », dont on moque parfois légitimement les excès de prudence, est d’ailleurs avant tout conçu comme un instrument d’équilibre. Le risque zéro n’existe pas… mais ne justifie pas que l’on prenne tous les risques !

Sida : drame avec effet retard

Si les virus et leur propagation ne datent pas d’hier (à peu près l’âge de l’apparition de la vie sur terre…), L’étude des nouveaux virus ou « virus émergents » est, elle, beaucoup plus récente.

Il aura ainsi fallu attendre les années cinquante pour que les autorités sanitaires mettent en place des réseaux de surveillance internationaux. Ceux-ci se sont d’abord attachés à recenser les virus transmis par les insectes et ceux présents chez les animaux dits « réservoirs » (rongeurs, chauves-souris, oiseaux, animaux domestiques). Résultat : plus de 600 virus nouveaux répertoriés en moins de 10 ans…

Ce chiffre impressionnant, qui ferait sans doute aujourd’hui souffler un vent de panique de force 10 n’a pas à l’époque soulevé les passions. Pour la plupart « orphelins », les nouveaux virus (du moins nouvellement décrits) n’étaient associés à aucune pathologie connue. C’est la raison pour laquelle personne ne s’en est véritablement ému jusqu’en 1981, avec l’apparition des premiers cas de sida, aux Etats-Unis puis en europe. La prise de conscience n’en a été que plus douloureuse.
La révélation que le VIH (Virus d’Immunodéficience Humaine), présent chez différentes espèces de singe, s’était adapté à l’homme et diffusé hors du continent africain a profondément bouleversé les stratégies de santé publique, qu’il s’agisse de recherche scientifique ou de prévention.

6247 virus recensés après Louis Pasteur

recherche virusLes techniques d’analyses biologiques et moléculaires ont permis d’incontestables progrès dans le domaine de la surveillance et du diagnostic. Des progrès qui donnent parfois le vertige. Entre la conclusion des travaux de Louis Pasteur sur la rage en 1885 et 1986, soit un siècle, les biologistes avaient identifié et décrit 1 700 virus. Moins de 20 ans plus tard, en 2004, le Comité international de taxonomie des virus en recensait… 6 247 ! Et l’on estime aujourd’hui que ce nombre n’équivaut peut-être qu’à 1% de l’ensemble.
Les inquiets qui pensent voir apparaître un virus nouveau à chaque journal télévisé, sont donc sans doute encore bien loin du compte…

Même si, de toute évidence, la « virosphère » reste largement à explorer, on a cependant engrangé quelques certitudes, parmi lesquelles celle qu’il ne faut pas confondre virus émergent et virus… émergent. Les meilleurs spécialistes de la virologie à l’Institut Pasteur à Paris font ainsi la part des virus découverts grâce à une « émergence de connaissance » dans le secteur de la biologie, et les virus « véritablement émergents » comme le sont celui du sida ou des fièvres hémorragiques. Comme le sont aussi ceux des épidémies saisonnières, de type grippe et notamment la grippe aviaire.

Plus mutants que nouveaux

On l’a compris, le vocabulaire est parfois plus trompeur encore en virologie que dans d’autres domaines. Si aucun virus ne peut être généré spontanément (il n’y a pas de « nouveau » virus), on parle cependant de virus « d’évolution nouvelle ». Par mutations ou recombinaisons, ces virus peuvent alors engendrer des souches plus virulentes.
Parfois, ce sont les conditions dans lesquelles ils ont existé pendant des millions d’années qui sont modifiées et perturbent les écosystèmes, permettant les contacts entre animaux porteurs de virus et humains et favorisant la transmission d’homme à homme.
Quelles que soient les précautions de vocabulaire, les faits sont là : au cours des trois dernières décennies, trente-cinq nouvelles maladies, dites « émergentes », ont été recensées. Vingt-six sont d’origine virale. Alors, si elles ne sont pas toutes des tueurs en série potentiels, vive le principe de précaution et vive la prévention !

Petits mais méchants !

Virus, signifie « poison » en latin, ce qui donne déjà une idée du rôle que ces minuscules parasites (un millième de micron) jouent dans notre organisme… Omniprésents à la surface de la terre, on les trouve dans l’air, dans l’eau, au sol et chez tous les éléments vivants, de la bactérie à l’Homme.

Nouveaux virus, nouveaux vaccins ?

99% des virus existant sur terre nous sont probablement encore inconnus. Si l’on ajoute au temps nécessaire à la découverte d’un nouveau virus celui de l’invention du vaccin correspondant et celui encore de sa fabrication massive, il reste du boulot pour quelques millénaires.
Notre calendrier vaccinal nous semble parfois un peu chargé ? Disons-nous qu’il représente plutôt la base préventive minimale. Ca calme…

Grippe aviaire, Un vaccin avant l’épidémie ?

Bien sûr, le dispositif préventif mis en place ou prévu par les autorités sanitaires pour combattre toute pandémie de grippe aviaire est impressionnant et sophistiqué. Mais le volet vaccination reste encore à clore, même si un vaccin « pré-pandémique » est déjà massivement fabriqué.
Le désormais virus H5N1 n’ayant pas opéré sa mutation, il n’est fort heureusement pas transmissible d’homme à homme. Un vaccin totalement efficace ne pourra cependant être fabriqué que lorsque la souche du virus responsable de la pandémie sera connue et isolée.

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