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Le tabagisme passif : de vrais risques pour la santé
Le tabagisme passif : de vrais risques pour la santé
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3 février 2009 | 3 commentaires
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Rim, 51 articles (Medecin)

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Le tabagisme passif : de vrais risques pour la santé

Le tabagisme passif : de vrais risques pour la santé

Si l’impact du tabagisme sur la santé est bien connu, celle du tabagisme passif l’est beaucoup moins. L’exposition passive à la fumée est responsable de nombreux troubles chez l’adulte. Ces troubles sont encore plus marqués et graves chez l’enfant et chez la femme enceinte (impact fœtal).

"L’environnement du fumeur" :

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Le tabagisme passif : de vrais risques pour la santé

La fumée à laquelle est exposé le non fumeur est un mélange de la fumée produite par la combustion du tabac (cigarette, narguilé, pipe) lorsque le fumeur inhale, de la fumée rejetée par le fumeur et de la fumée produite entre deux inhalations, formant ainsi ce qu’on appelle « l’environnement du fumeur ». Elle consiste en deux phases : une phase gazeuse (contenant le CO et la nicotine) et une phase particulaire (contenant les goudrons). D’après le rapport du California Environmental Protection Agency, certains composés peuvent atteindre des niveaux jusqu’à 10 fois supérieurs ceux dans la fumée inhalée.

La fumée de la combustion du tabac contient de la nicotine, du CO, des substances toxiques, irritantes, cancérigènes. La concentration des particules est variable, et dépend du régime de « fumage », de la composition du tabac utilisé, du mode de chauffage utilisé, du type du narguilé, ainsi que du renouvellement d’air.

Ainsi on trouve dans la fumée inhalée par un non fumeur exposé au tabagisme passif :

· De la nicotine.
· Du CO.
· Des hydrocarbures aromatiques polycycliques.
· De l’acétaldéhyde
· De l’acroléine.
· Des amines aromatiques. .
· Des substances non organiques telles que l’arsenic, le plomb, le cadmium, du chrome, du nickel.

Impacts du tabagisme passif sur la santé :

Pathologies cardiovasculaires :

Le tabagisme passif est un facteur de risque de maladie cardiovasculaire (MCV) chez le non fumeur. Une telle exposition augmente le risque d’infarctus aigu du myocarde même sur cœur sain. Une exposition aigue à la fumée cause des arythmies parfois dramatiques, des accidents emboliques aigus, des spasmes des artères coronaires, responsables d’accidents cardiaques sur cœur sain.

Durée d’exposition (mn)

Effets observées

5 mn

Diminution de l’élasticité coronaire et de l’aorte de 21%, et qui dure 15 minutes après la fin de l’exposition.

20 mn

1. Diminution de la déformabilité des plaquettes.

2. Diminution de la sensibilité des plaquettes à la prostacycline entrainant une augmentation de l’agrégation plaquettaire.

30 mn

1. Dysfonctionnement endothélial.

2. Spasmes des artères coronaires.

3. Diminution de la vélocité coronaire.

4. Diminution du flux sanguin coronarien.

5. Perturbation du métabolisme lipidique avec diminution de la résistance au stress oxydatif avec augmentation de la peroxydation du LDL, diminution de l’acide ascorbique.

120 mn

1. Diminution de la fréquence cardiaque.

2. Augmentation du risque de troubles du rythme (risque d’arythmies ventriculaires fatales en cas d’ATCD d’IDM).

L’exposition chronique à la fumée du tabac augmente le risque de MCV et d’IDM chez des non fumeurs au cœur sain. Ce risque est d’autant plus grand qu’il existe un régime alimentaire riche en acides gras mono-insaturés et pauvres en polyinsaturés, de surpoids, d’anomalies du bilan lipidique, d’existence d’une artériopathie, d’un stress, d’ATCD de MCV.

Pathologies respiratoires :

Les effets respiratoires de l’exposition passive à la fumée du tabac s’observent à tous les niveaux du système respiratoire, extra et intra-thoracique.

L’asthme :

De nombreuses études rapportent des anomalies de la fonction pulmonaire chez les enfants de femmes ayant fumé pendant et/ou après leur grossesse.
La nicotine fœtale entrainerait des altérations du collagène I et III chez le fœtus, et donc d’anomalie de la structure alvéolaire.
Il existe également une hyper réactivité bronchique chez les enfants et l’adulte exposé passivement à la fumée du tabac.

Les infections :

Le rôle du tabagisme passif dans les infections respiratoires s’explique par plusieurs mécanismes :

- Le tabagisme passif entraine une inhibition de la réponse anticorps des lymphocytes T.
- Le tabagisme passif entraine une augmentation de la réactivité des macrophages qui vont libérer dans la circulation sanguine des broncho-constricteurs.
- Le tabagisme passif détériore la clearance mucociliaire entrainant une augmentation de l’adhérence des bactéries aux parois du tractus respiratoire.

La BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive)  :

Si beaucoup d’études se sont intéressées au rôle du tabagisme actif dans l’éthiopathogénie de la BPCO, très peu ont étudié ce risque chez les personnes exposées passivement à la fumée du tabac.

Les altérations pulmonaires engendrées par le tabagisme passif seraient intensifiées en cas de tabagisme actif ultérieur, avec une augmentation du risque de développer une BPCO.

Pathologies ORL :

Il a été démontré, notamment chez l’enfant, la relation entre le tabagisme passif et les symptômes ORL à type d’irritation nasale, de congestion, de rhinite catarrhale, d’infections ORL récurrentes.

Cancérogenèse :

Plus que cinquante substances cancérigènes ont été identifiées dans la fumée à laquelle le « fumeur passif » est exposé.

La pathogénie cancéreuse de la fumée du tabac est similaire à celle du tabagisme actif, bien que les quantités soient moins importantes chez le non fumeur exposé à la fumée du tabac d’autrui.

Après action enzymatique, nombreux cancérigènes sont transformés en métabolites. Ces métabolites sont dosables dans les urines.

Le cancer du poumon :

Le rôle du tabagisme passif dans le développement du cancer pulmonaire a été évoqué pour la première fois en 1981. Aux USA, c’est la 3ème cause de décès. On estime à 3000 de cancers pulmonaires liés au tabagisme passif par an.

Le cancer de la vessie :

Les non fumeurs exposés à la fumée du tabac courent un risque de développer un cancer de la vessie. Ceci est secondaire à l’action des cancérigènes excrétés dans les urines.

Le cancer du sein :

L’exposition au tabagisme passif est l’un des facteurs de risque du développement du cancer du sein ; ce risque est d’autant plus important en fonction de la précocité et la durée de l’exposition.

Chez la femme enceinte :

L’exposition de la femme enceinte au tabagisme passif est étiquetée comme facteur de risque de faible poids de naissance et complications néonatales, de retard de montée laiteuse, de risque de syndrome de mort subite et inexpliquée du nourrisson.

On parle du syndrome de tabagisme fœtal (baby smoking syndrome) associant à la naissance :
1. Faible poids de naissance.
2. Score d’Apgar bas.
3. Détresse respiratoire néonatale.

L’exposition au tabagisme passif serait un facteur de risque de complications liés à l’accouchement.Par contre il n’existe pas de preuve quant au risque d’augmentation de la mortalité néonatale liée au tabagisme passif de la mère. Il n’existe pas non plus une preuve du risque de retard psychomoteur, intellectuel ou cognitif chez les enfants de mères ayant été exposées au tabagisme passif durant leur grossesse. C’est aussi valable pour le risque de développement de cancers.

Risques chez l’enfant :

Chez les enfants exposés au tabagisme passif on observe :

- Une augmentation de la fréquence des pathologies respiratoires : bronchites, pneumonies, symptomatologie non spécifique faite de toux, d’expectoration, de wheezing, d’essoufflement à l’effort.
- Une augmentation des symptômes ORL : rhinite, irritation naso-pharynée, sinusite, polypose nasale.
- Une recrudescence de l’asthme en nombre de crises et en sévérité.
- Irritation oculaire : rougeur, larmoiement, picotement.
- Céphalées, surtout le soir.

Syndrome de mort subite et inexpliquée du nourrisson (MSIN) :

De nombreuses études ont documenté la relation entre le tabagisme maternel durant la grossesse et après l’accouchement et l’augmentation du risque de MSIN.

L’importante neurotoxicité de la nicotine entraine des altérations de la réponse cardio-respiratoire à l’apnée expiratoire du sommeil, secondaire à un développement anormal des barorécepteurs et du système nerveux autonome.
S’ajoute à ça l’augmentation des infections respiratoires et ORL chez les bébés exposés.

Fertilité :

Il n’existe pas encore une preuve tangible permettant de déduire la présence ou l’absence d’une relation causale entre l’exposition passive à la fumée du tabac et la fertilité et/ou la fécondité aussi bien chez la femme que chez l’homme.

L’intoxication au CO :

L’environnement du fumeur est riche en CO dont une partie provient du courant secondaire, l’autre du courant tertiaire. Si le taux de CO est quasi inchangeable dans le courant tertiaire, il est beaucoup plus variable dans le courant secondaire, ceci en fonction du type de chauffage du tabac. Ainsi, avec le charbon de bois, le taux est plus élevé qu’avec le charbon incandescent (ou à allumage rapide), et presque inexistant en cas d’utilisation de résistance électrique.

Les anomalies biologiques :

Outre les perturbations du bilan lipidique, on observe des anomalies du fibrinogène, des anomalies des plaquettes, une polyglobulie secondaire à l’hypoxie cellulaire, avec diminution de la déformabilité des globules rouges.

________________________________________________________ 

Sources :

-Heiss C, Amabile N, Lee AC, Real WM, Schick SF, Lao D, Wong ML, Jahn S, Angeli FS, Minasi P, Springer ML, Hammond SK, Glantz SA, Grossman W, Balmes JR, Yeghiazarians Y. Brief secondhand smoke exposure depresses endothelial progenitor cells activity and endothelial function : sustained vascular injury and blunted nitric oxide production. J Am Coll Cardiol. 2008 May 6 ;51(18):1772-4.

-Gilliland FD, Li YF, Peters JM. Effects of maternal smoking during pregnancy and environmental tobacco smoke on asthma and wheezing in children. Am J Respir Crit Care Med. 2001 Feb ;163(2):429-36.

-Stoddard JJ, Miller T. Impact of parental smoking on the prevalence of wheezing respiratory illness in children. Am J Epidemiol. 1995 Jan 15 ;141(2):96-102

-Bjerregaard BK et al. Tobacco smoke and bladder cancer—in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition. Int J Cancer. 2006 Nov 15 ;119(10):2412-6

-Michael Siegel Is the tobacco control movement misrepresenting the acute cardiovascular health effects of secondhand smoke exposure ? An analysis of the scientific evidence and commentary on the implications for tobacco control and public health practice. Epidemiologic Perspectives & Innovations 2007, 4:12doi:10.1186/1742-5573-4-12

-Hala Tamim and all. Exposure of pre-school children to passive cigarette and narghile smoke in Beirut. The European Journal of Public Health Advance Access published May 4, 2006

-Maziak and all. Extent of exposure to environmental tobacco smoke (ETS) and its dose-response relation to respiratory health among adults. Respiratory Research 2005, 6:13.

-Heiss C and all. Brief secondhand smoke exposure depresses endothelial progenitor cells activity and endothelial function : sustained vascular injury and blunted nitric oxide production. J Am Coll Cardiol. 2008 May 6 ;51(18):1760-71

-Hanspeter Witschi. THE TOXICOLOGY OF ENVIRONMENTAL TOBACCO SMOKE. Annual Review of Pharmacology and Toxicology. Vol. 37 : 29-52

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Commentaires
0 vote
par nihal (IP:xxx.xx0.108.92) le 4 février 2009 a 07H14
nihal (Visiteur)

On a beaucoup focalisé sur le tabagisme "actif", pourtant un droit aux fumeurs de polluer leur corps, avec des campagnes au départ géantes, jusqu’à ce que les lois d’interdiction et de punition (la 1er intérêt c’est de faire payer les fautifs).Par contre on a relativement peu parlé du tabagisme passif, qui ne passe que par l’information, bonne, vraie et efficace, sur les risques et le droit des non fumeurs à respirer de l’air propre. Dans la rue combien de fois on a dû accélérer le pas ou changer de trottoir pour ne pas inhaler la fumée crachée par celui qui marche devant nous ? On a encore de pas de géant à faire dans ce domaine là.

0 vote
par Estelle Vereeck (IP:xxx.xx8.133.182) le 4 août 2009 a 19H07
Estelle Vereeck, 26 articles (Dentiste)

On en parle moins : l’impact du tabac sur la santé bucco-dentaire.

Déchaussement, échec implantaire et même perte de vitalité des dents sont le lot du fumeur davantage exposé à ces risques : http://www.holodent.com/article-160...

Les enfants fumeurs passifs voient leur taux de caries augmenter : http://www.holodent.com/article-150...

1 vote
par papydom (IP:xxx.xx0.61.241) le 4 juin 2010 a 03H41
papydom (Visiteur)

Fumer Tue ? • Saviez-vous que, selon Philip Morris : « Fumer entraîne des problèmes de santé graves tels que le cancer du poumon, les maladies cardiaques, l’emphysème et d’autres maladies chez les fumeurs. Les fumeurs sont beaucoup plus susceptibles que les non-fumeurs de développer des maladies telles que le cancer du poumon. Il n’existe pas de cigarette “sûre”. »

• Saviez-vous qu’en Europe les cancers du poumon entre 1900 et 1945 étaient presque totalement inexistants, alors que le pourcentage de fumeurs était très proche de celui d’aujourd’hui (aux alentours de 40 %) ?

• Saviez-vous qu’entre 1945 et 2000 plus de 2000 essais nucléaires ont été réalisés dans les airs et en sous-sol, et plus de 80 incidents nucléaires importants ont eu lieu (notamment en Angleterre), polluant pour des décennies l’air que nous respirons ?

• Saviez-vous que, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a signé en 1959 un accord avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique) qui stipule que l’OMS ne peut parler des cancers provoqués par le nucléaire, sans l’accord de l’AIEA. Or, selon une étude scientifique indépendante, le nucléaire serait responsable de 120 millions de cancers depuis 1945.

• Saviez-vous que, Richard Doll, l’homme qui est à l’origine de la principale étude statistique en 1969 sur le rapport entre tabac et cancer des poumons, est un scientifique qui a été financé par Monsonto, Dow Chemical, l’Association des Industries Chimiques Américaines, General Motors et deux fabricants d’amiante (Turner et Newall) ?

• Saviez-vous que, malgré 50 ans d’essai en laboratoires, il n’a jamais été possible de prouver scientifiquement que le tabac pouvait créer des cancers chez les animaux comme les rats, les souris, ou les singes ?

• Saviez-vous que, Pfizer et GlaxoSmithKline (deux laboratoires pharmaceutiques américains vendeurs de gommes à la nicotine et de produits contre les maladies neurologiques) ont financièrement parrainé la conférence européenne du 2 juin 2005 à Luxembourg “Pour une Europe sans fumée” qui a fabriqué 5 863 morts du tabagisme passif en France ?

• Saviez-vous que, la plus grande étude sur le tabagisme passif, réalisée en Europe par l’OMS en 1998, trouve un risque d’augmentation de cancer quasiment nul pour les non-fumeurs ?

• Saviez-vous que, les fumeurs avaient un risque de 73 % moins élevé que les non-fumeurs de développer une maladie neurologique de Parkinson, selon le journal scientifique “Neurology” ?

• Saviez-vous que, le principal défaut du tabac est de consommer 500 mg de vitamine C par jour par paquet, ce qui a des conséquences indirectes sur la protection contre les cancers et les maladies cardio-vasculaires ?

• Saviez-vous que, l’homme est l’un des rares mammifères, avec le cochon d’Inde, à ne pas synthétiser sa propre vitamine C et que l’OMS recommande 75 mg par jour, alors que, le double prix Nobel, Linus Pauling recommande, lui, 1 000 mg par jour, soit près de 15 fois plus ?