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Le syndrome du canal carpien
Le syndrome du canal carpien
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19 janvier 2009 | 5 commentaires
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Docteur Olivier Léger, 3 articles (Chirurgien de la main)

Docteur Olivier Léger

Chirurgien de la main
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Le syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien est une des maladies professionnelles les plus fréquentes et touche davantage les salariés ayant des gestes répétitifs. Mais de plus en plus, l’usage croissant de la souris pour l’ordinateur est suspecté, car ce syndrôme est en constante augmentation parallèlement au nombre de personnes s’équipant d’ordinateurs. La personne a des sensations de fourmillements, d’engourdissements dans les doigts, puis éprouve de véritables douleurs qui deviennent vite handicapantes.

Environ 79000 syndromes du canal carpien sont opérés chaque année en France, c’est dire combien cette pathologie est fréquente. Quel en est le mécanisme ? Quels en sont les causes ? Quels symptômes doivent l’évoquer ? Quels examens doivent être réalisés ? Quel traitement envisager ? Voici les questions auxquelles nous allons répondre.

Définition

Le SCC est dû à une compression du nerf médian au niveau d’une zone du poignet appelée canal carpien. La coupe montre que le canal carpien est constitué par la concavité des os du poignet fermée par un ligament, le ligament annulaire antérieur du carpe. Ce canal contient les tendons fléchisseurs des doigts entourés de leur membrane (la synoviale) mais également le nerf médian qui assure la sensibilité des trois premiers doigts de la main et l’innervation de certains petits muscles de la main.

Les causes

La compression du nerf médian peut-être due à une augmentation de volume de la synoviale des tendons fléchisseurs comme on peut en voir dans la polyarthrite rhumatoïde, dans certains dysfonctionnement de la thyroïde, ou au 3° trimestre de la grossesse par imprégnation hormonale. Mais le plus souvent aucune cause précise n’est retrouvée.

Certaines activités semblent favoriser l’apparition d’un SCC : utilisation d’engins vibrants dans certaines professions, gestes manuels répétitifs comme le travail à la chaîne ou l’utilisation continu de la souris de l’ordinateur. Cette affection peut donc être reconnue en tant que maladie professionnelle dans un certain nombre de cas.

Les symptômes

Le plus souvent, la maladie se traduit par des sensations de fourmillements (paresthésies) douloureux dans les trois premiers doigts de la main qui réveillent en deuxième partie de nuit. Cette recrudescence nocturne est liée à une stase veineuse, dû à l’immobilité, qui vient aggraver la compression du nerf. Pour faire disparaître les paresthésies certains secouent leur main, d’autres la passent sous l’eau froide.

Dans certains cas les symptômes sont moins typiques. Il peut d’agir d’un engourdissement le matin au réveil ou d’une douleur isolée touchant tout ou partie du bras. A un stade plus avancé, peut exister un manque de sensibilité permanent de la pulpe des trois premiers doigts, une maladresse, une atrophie des muscles du pouce.

Le diagnostic

L’examen du médecin a pour but de rassembler des arguments en faveur du diagnostic et par ailleurs de rechercher d’autres maladies souvent associées.
Différentes manoeuvres permettent de reproduire les symptômes du patient : percussion du canal carpien (signe de Tinel), mise en flexion prolongée du poignet.

Il convient de rechercher des signes de gravité témoins d’une maladie évoluée : manque de sensibilité, atrophie des muscles du pouce. Enfin on recherchera l’existence associée d’un doigt à ressaut (blocage en flexion d’un doigt), d’une ténosynovite de De Quervain (douleur du bord externe du poignet), d’une compression du nerf cubital au coude (symptômes semblables mais portant sur les deux derniers doigts).

La confirmation définitive et l’appréciation de la gravité du syndrome du canal carpien repose sur la réalisation d’un électromyogramme. Cet examen effectué par un neurologue, permet de mesurer la vitesse de conduction au niveau des nerfs. Le ralentissement de la conduction du nerf médian en regard du canal carpien permet de retenir le diagnostic. Enfin cet examen permet de rechercher une autre compression nerveuse ou une maladie associée du tissu nerveux tel qu’on peut en rencontrer par exemple dans le diabète, le pronostic est alors moins favorable car le traitement du syndrome du canal carpien n’aura pas d’influence sur cette maladie associée.

Les traitements

Le traitement peut en cas de forme débutante ou transitoire (SCC de la grossesse ou lié à des efforts inhabituels mais passagers) repose sur le port d’une atelle en plastique faite sur mesure (orthèse) nocturne et/ou la réalisation d’une infiltration. Il s’agit d’une injection d’un dérivé de la cortisone au niveau du canal carpien. A condition de ne pas être répété de façon inconsidérée, ce traitement ne présente pas de dangers mais est parfois contre-indiqué (diabète, infections, prise d’anticoagulants). Ces deux techniques ne permettent généralement pas de guérison définitive et l’évolution se fait habituellement vers la récidive.

Intervention sous endoscopieLe traitement définitif nécessite une intervention chirurgicale pour libérer le nerf médian en sectionnant le ligament annulaire antérieur du carpe, véritable “couvercle” du canal carpien comme nous l’avons vu. Cette intervention s’est considérablement simplifiée ces dernières années avec l’avènement de l’endoscopie.

Une incision de 1 cm est effectué au niveau du poignet par laquelle on introduit une caméra de petite taille, l’endoscope, qui visualise le nerf et permet d’ouvrir le ligament annulaire antérieur du carpe. Un point de suture ferme la petite incision et le patient est autorisé à réutiliser sa main dès le lendemain en évitant les travaux de force durant un mois. Un arrêt de travail d’environ un mois peut donc être nécessaire dans les professions manuelles.

L’intervention, qui dure une dizaine de minutes peut s’effectuer le plus souvent sous anesthésie du bras (anesthésie loco-régionale) au cours d’une hospitalisation de la journée (chirurgie ambulatoire). Certains chirurgiens de la main réalisent même l’intervention sous anesthésie locale (seul le poignet est endormi) ce qui permet de simplifier encore la procédure : pas de consultation d’anesthésie, pas de nécessité d’être à jeun, séjour en clinique d’une heure.

L’endoscopie, en évitant une incision de plusieurs centimètres au niveau de la paume de la main, permet une utilisation plus rapide et plus confortable de la main.

Dans tous les cas l’intervention permet la disparition définitive des symptômes. La récidive reste exceptionnelle.

Les complications sont possibles (lésion du nerf, algodystrophie, hématome, infection) mais restent rares dans des mains entraînées. Une cicatrice sensible et une force diminuée sont normales durant quelques mois après l’intervention.

Le syndrome du canal carpien est donc une affection courante, peu grave à condition d’être prise en charge suffisamment tôt. Les progrès techniques de ces dix dernières années ont grandement simplifiés son traitement.

Docteur Olivier Léger
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Commentaires
5 votes
par pi31416 (IP:xxx.xx1.146.70) le 20 janvier 2009 a 12H28
pi31416 (Visiteur)

Cette mésaventure m’est arrivée il y a une dizaine d’années lorsque j’ai eu à faire un travail qui réclamait un usage intensif de la souris. J’ai remplacé la souris par un trackball (n’est-ce pas ce qu’Annie, ci-dessus, décrit comme "une souris ergonomique, avec une grosse boule au milieu" ?)

La douleur, qui avait fini par m’affecter tout le bras jusqu’à l’épaule, a disparu presqu’aussitôt, dans les quelques jours qui suivaient. Elle n’est plus jamais revenue.

Je mens. Elle est revenue, il y a cinq ou six ans, mais beaucoup plus faible.

Je me alors suis souvenu d’un conseil reçu tout gamin : "si ton oeil te démange, surtout ne le frotte pas, frotte l’autre." Cela paraît farfelu bien sûr, mais... je suis droitier, je manie donc le trackball de ma main droite, et je porte ma montre au poignet gauche. C’était une belle Oméga Constellation, très lourde (dans les 80 grammes). Sur un coup d’intuition je l’ai remplacée par une Swatch toute simple, de 18 grammes. Problème résolu. Certes, je ne peux plus frimer... mais je n’ai plus mal !

7 votes
par pi31416 (IP:xxx.xx1.146.70) le 20 janvier 2009 a 13H18
pi31416 (Visiteur)

Pourquoi mon commentaire, posté il y a moins d’une heure, et qui allait dans le sens de celui d’Annie, relatant mon expérience personnelle, a-t-il disparu ?

Hélas, je ne l’ai pas sauvegardé. Je le répèterai donc de mémoire.

La même mésaventure m’est arrivée il y a une dizaine d’années. J’avais à faire un travail requérant un usage intensif de la souris. Mon poignet est devenu douloureux, puis la douleur s’est étendue au bras, jusqu’à l’épaule. Je me suis alors souvenu du conseil d’un ancien collègue sur la supériorité des trackballs par rapport aux souris. J’ai remplacé ma souris par un trackball (ce qu’Annie appelle "souris ergonomique, avec une grosse boule au milieu"). La douleur a disparu presqu’aussitôt, dans les quelques jours qui suivaient. Elle revenue quelques années plus tard, mais bien amoindrie. J’expliquais dans mon commentaire originel comment je m’en étais débarrassé d’une façon bien simple et peu coûteuse (en remplaçant ma montre, très lourde, par une Swatch très légère).

Je trouve excessivement curieux qu’un commentaire informatif comme le mien ait été si promptement effacé.

Je trouve aussi curieux que le commentaire d’Annie, qui avait 2 votes positifs, soit tombé à 1.

Je sauvegarde celui-ci, ainsi que la page.

3 votes
par LARA (IP:xxx.xx3.72.27) le 11 février 2009 a 15H21
LARA (Visiteur)

Article répétitif Toujours le même sujet Pas d’innovation

1 vote
par juny (IP:xxx.xx3.72.27) le 11 février 2009 a 15H52
juny (Visiteur)

Sujet rébarbatif ! Toujours le même thème !

0 vote
par kirikou (IP:xxx.xx3.127.130) le 20 avril 2012 a 18H52
kirikou (Visiteur)

combien coûte la prise en charge de l’opération avec l’Aide Médical d’Etat