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Le nouveau plan de redressement de la Sécurité sociale épargne médecins et groupes pharmaceutiques
Le nouveau plan de redressement de la Sécurité sociale épargne médecins et groupes pharmaceutiques
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29 juillet 2008 | 13 commentaires
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La mouette, 10 articles (Rédacteur)

La mouette

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Le nouveau plan de redressement de la Sécurité sociale épargne médecins et groupes pharmaceutiques

Le nouveau plan de redressement de la Sécurité sociale épargne médecins et groupes pharmaceutiques

Le 25éme plan de redressement de la sécurité sociale, c’est un peu “cherche 4 milliards d’euros désespérément”. Dans un numéro osé d’attrape-gogos, les ministres de la Santé, Roselyne Bachelot, et du Budget, Eric Woerth, assurent la main sur le cœur qu’aucune mesure du plan de redressement “ne porte sur les assurés”. Mises à contribution assurances et mutuelles ne cachent pourtant pas que la taxation dont elles seront l’objet seront au final répercutées sur les assurés.

Les assurés et les salariés. Médecins et laboratoires pharmaceutiques sont singulièrement épargnés. Si tout le monde partage le diagnostic d’un système de santé à bout de souffle, les moyens choisis par le gouvernement prennent l’allure de pansement sur une jambe de bois. Plus gênant, les efforts demandés semblent inéquitables. Plutôt que de couper dans les prescriptions abusives d’actes ou de médicaments, le gouvernement a fait le choix d’accroître les recettes.

Deux mesures se détachent. Dès l’an prochain seront créées une taxe sur le chiffre d’affaires des mutuelles et des assureurs ainsi qu’une contribution patronale sur l’intéressement et la participation des salariés.

Les Mutuelles ? Elles ont les moyens d’absorber ce nouveau prélèvement sans le répercuter sur les assurés a affirmé Roselyne Bachelot sur France Inter ce jour. Faux a aussitôt rétorqué par un communiqué le président de la mutualité française qui a indiqué que les assurés (qui peuvent encore se payer une mutuelle) seront mis à contribution. La ministre de la Santé, a plusieurs fois souligné que depuis quatre ans, les complémentaires santé ont relevé leurs cotisations de 30% et augmenté leurs bénéfices de 25%. « Une bonne santé qui contraste, considère-t-elle, avec les difficultés de l’Assurance maladie. » Roselyne Bachelot pointe sans s’y attaquer, on peut le regretter, à un système mutualiste qui s’est dévoyé au fil du temps et qui assure désormais à ses dirigeants de très confortables revenus dans une logique où le mercantile est bien présent.

Taxer les bénéfices pourquoi pas, mais dans ce cas comment expliquer que le secteur pharmaceutique habitué aux croissances à deux chiffres ne soit en rien inquiété ? Etrange système où ces grands groupes multiplient en toute impunité le lobbyng auprès des prescripteurs par une débauche de cadeaux en tous genres du restaurant au voyage d’agrément sous des prétextes fallacieux. La piste prometteuse du médicament générique qui devait être une source d’importantes économies a été complètement viciée, à l’exemple de ces génériques désormais plus chers que le médicament original.

La perversité vient d’un système libéral ou les revenus (prix du médicament et des actes) sont fixés par l’Etat qui va même jusqu’à garantir l’absence de concurrence à travers les numerus clausus dans les facultés. L’exercice touche aujourd’hui ses limites. Il faudra bien à un moment donné basculer dans un système ou un autre. Soit fonctionnariser l’essentiel des acteurs, soit assurer les conditions d’une réelle concurrence profitable aux comptes sociaux et à des patients confrontés à un pouvoir d’achat en baisse.

S’il est en effet un secteur qui illustre parfaitement le principe « mutualisation des pertes, privatisation des recettes », c’est bien celui de la santé. Dans une logique clientéliste les derniers gouvernements ont largement contribué à la revalorisation des revenus des médecins. Selon un rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie, en 14 ans, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus que celui des salariés et celui des généralistes 2,5 fois plus.

Le 20 janvier dernier, le quotidien Le Parisien s’attardait sur le contenu de cette note qui aurait du rester confidentielle. « Au final, en 2004, un généraliste gagnait en moyenne 63.000 euros net par an (5.250 euros par mois) tandis qu’un spécialistes émargeait à 108.000 euros net (9.000 euros par mois) », concluait le quotidien. Les dépenses communes des uns sont les revenus des autres. Depuis 2002 le tarif des consultations des généralistes a été relevé plusieurs fois passant de 17,53 euros à 21 euros soit une envolée de près de 20% en quatre ans même si, il est vrai elles n’avaient pas été revalorisées depuis avril 1998.

En février a été négocié le passage de la consultation de 21 à 23 euros, officiellement conditionné par des engagements sur la maîtrise des prescriptions. Un coup de pouce évalué à la modique somme de 600 millions d’euros par an, qui génèrerait, toujours selon Le Parisien « pour chaque blouse blanche, un bonus net de 633 euros par mois, et une nouvelle hausse salariale de 12% ».

Il ne s’agit pas de stigmatiser une profession mais d‘arriver à un effort partagé et équitable pour sauvegarder un système de protection sociale que les autres pays nous envient. Pharmacienne de profession, Roselyne Bachelot, prisonnière d’un système où l’assuré-contribuable est une formidable vache à lait pouvait-elle mettre un coup de pied dans la fourmilière ? Elle vient de prouver que non.

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Commentaires
4 votes
par denis (IP:xxx.xx6.141.70) le 29 juillet 2008 a 13H40
denis (Visiteur)

Et voila, de toute façon temps qu’il y aura la possibilité pour certains et certaines entreprises de déposer impunément de l’argent dans des réseaux virtuel via les chambres de compensation ( clearstream ) et les paradis fiscaux ... je vois pas comment on peut redresser quoi que ce soit ... les voleurs ne seront jamais punis si on s’obstine @ croire qu’il ne va pas falloir marcher sur les paradis fiscaux comme on a marcher vers la bastille ! il faut libérer l’économie de l’injustice ...

6 votes
par Rage_ (IP:xxx.xx1.201.129) le 29 juillet 2008 a 16H11
Rage_ (Visiteur)

Bonjour,

Un médecin gagne en moyenne 6500€/net/mois avec certes de grandes disparités. Si la consultation passe de 21€ à 23€, soit 10% d’augmentation, c’est 650€ de plus dans la poche du médecin, 650€ de moins pour la Sécu.

25 ans qu’on cherche "désespérement" l’argent pour sauver la Sécu. 25 ans qu’on évite délibérement les médecins, les pharmaceutiques et toutes les professions qui bénéficient de l’aubole "SECU".

Encore une réformette qui ne changera pas la donne : tant qu’on n’osera pas freiner les rémunérations des médecins (ils ne pourront pas dire qu’ils se barrent tant il y a de pression pour les remplacer, notamment en ville) il y aura un trou de la SECU. Et je ne parle même pas de l’effet "je vous renvoi le patient de praticien en praticien".

6 votes
par Ycroire Encore (IP:xxx.xx7.155.111) le 29 juillet 2008 a 13H42
Ycroire Encore (Visiteur)

Bonjour, J’ai eu le plaisir et le privilège (?) d’assister aux journées de la modernisation de l’État au palais des congrès. Une grande messe réussie mais s’adressant essentiellement aux fonctionnaires... A quel coût ?

Bref, j’y ai appris que 86% des dépenses de santé étaient dues à l’organisation de notre système. Même s’il est reconnu très bon, il convient de se consacrer au plus tôt à cette enveloppe financière énorme et aux dérives qui y existent. Plutôt que de rogner sur les quelques indemnités aux malades. Stoppons quand même les malades chroniques et les médecins profiteurs, vraiment...

6 votes
par millesime (IP:xxx.xx3.135.52) le 29 juillet 2008 a 13H43
millesime (Visiteur)

Le professeur Montagnier critique la médecine (dans son dernier livre : combat pour la vie) qu’il considère comme "académique". Il souligne qu’il serait bon de s’orienter vers une médecine "préventive". Il dénonce la myopie scientifique qui fait que nos médecins, mal formés, sont inaptes à approcher les maladies multifactorielles. Il souhaite un système médical moins tributaire des "mamouths pharmaceutiques".. ! On en prend guère le chemin hélas ! Ce n’est pas cette nième réforme qui changera quoi que ce soit....consommer braves gens.. !

10 votes
par Alpo47 (IP:xxx.xx3.181.61) le 29 juillet 2008 a 13H45
Alpo47 (Visiteur)

Au travers des élus de l’assemblée nationale où ils sont présents en nombre, les médecins légifèrent surtout pour protéger leurs intérêts catégoriels. Qui peut se vanter, ces dernières années d’avoir eu une augmentation de plus de 600 euros mensuels ?

Et c’est d’autant plus indécent que ce sont les patients ou les cotisants qui paient. Mais qu’importe, si tout est permis, pourquoi se gêner ?

3 votes
par lisa SION (IP:xxx.xx8.197.155) le 29 juillet 2008 a 15H42
lisa SION (Visiteur)

"...Plutôt que de couper dans les prescriptions abusives d’actes ou de médicaments, le gouvernement a fait le choix d’accroître les recettes..." "...Deux mesures se détachent. Dès l’an prochain seront créées une taxe..."

Nous sommes investis par les commerçants, médicaux et politiques, comme je le fais remarquer dans cet aricle du jour, relatant des dérives de la médecine, il y a déjà...40 ans !

http://www.agoravox.fr/article.php3...

être politique aujourd’hui, ne revient qu’à inventer de nouvelles taxes, et médecin, à faire des prélèvements et dicter des abonnements... Plutôt que lutter contre les abus, ils préfèrent encore plus remplir la caisse...

4 votes
par xray (IP:xxx.xx2.146.59) le 29 juillet 2008 a 16H36
xray (Visiteur)

Qu’elle soit cérébrale ou matérielle, la misère est le fondement de la société de l’argent ! (Le malade, l’industrie première.)

Le remplissage des hôpitaux (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) http://echomonde.vefblog.net

Ces virus imaginaires qui nous manipulent. http://ces-virus-qui-nous-manipulen...

Le virus machin (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) http://levirusmachin.hautetfort.com/

Le grand business (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) http://le-grand-business.i-clic.net/

5 votes
par lolo11 (IP:xxx.xx1.157.40) le 29 juillet 2008 a 19H11
lolo11 (Visiteur)

C’est tout simplement scandaleux, le salaire des médecin est en décalage complet par rapport au reste de la population. 6500 net par mois en moyenne pour un médecin, alors qu’un cadre moyen dans le privé n’en gagne même pas la moitié. Bref, comment le corporatisme permet à une partie de la population de vivre trés bien quand les autres souffrent...C’est encore les assurés qui vont payer.

11 votes
par krokodilo (IP:xxx.xx0.182.95) le 29 juillet 2008 a 19H33
krokodilo (Visiteur)

Article nul, et je ne dis pas ça par esprit de corporatisme, mais parce que sur un sujet complexe, cet article ne contient rien, n’est basé que sur quelques lignes d’un rapport qui alimentent votre indignation démagogique, et sur la désignation de boucs émissaires. Vous ne connaissez rien au système de la santé, qui est très complexe et très hétérogène, avec de nombreux intervenants. Il y aurait des pages d’explications et de précisions à vous donner, mais il suffit de lire des dossiers sérieux. Alors que votre article est un vrai fourre-tout qui finalement n’analyse rien.

Sur les revenus qui vous étonnent, ce sont des moyennes, ce qui veut dire que certains sont largement au-dessus, certains nettement en dessous. Curieusement, vous semblez taper davantage sur les généralistes que sur les spécialistes qui dans certaines régions ou certaines spécialités sont tous en secteur 2, avec droit à dépassement permanent. Mais vous êtes-vous demandé si les généralistes qui sont en haut du fait qu’ils sont dans une région sous-médicalisée ne souhaiteraient pas diminuer leur activité, alors qu’il leur est difficile de refuser des patients ? S’ils ne souhaitent pas faire moins de gardes ou d’astreintes, certains étant d’astreinte un weekend sur deux, et une nuit sur deux (ce n’est pas mon cas) ; et pour cette catégorie, il convient donc de rapporter leur revenu au nombre d’heures de travail (1 weekend signifie 44 heures de travail ou d’astreinte)… D’ailleurs, vous appelez à la fonctionnarisation, beaucoup la souhaiteraient ! Car cela voudrait dire demander un salaire de cadre, peut-être inférieur pour les gros, mais avec le statut (arrêt maladie, indemnisation seulement si trois mois d’arrêt), les horaires, les temps de récupération après garde, les mêmes congés, etc.

Par ailleurs, personne ne peut obliger les patients à venir se faire soigner ! Les patients eux-mêmes font-ils un effort ? Savez-vous que si vous consultez en vue d’un voyage, la consultation ne devrait pas être remboursée car ce n’est pas une maladie ? Et la surveillance médicale intensive de certains sportifs, qui la paie ? Où est la limite entre soin et suivi médical ? Et la pyramide des âges, vous en avez entendu parler ?

Moi aussi je peux faire de la provoc : combien facture votre plombier ou votre avocat pour une visite de nuit ou de dimanche ?

Vous vous trompez aussi sur l’absence de concurrence : un numerus clausus ne le permet que s’il est assorti d’une restriction à l’installation : si tous les médecins vont s’installer au même endroit, le numerus clausus n’y changera rien !

Pour les liens avec l’industrie pharmaceutique, ainsi que les petits et gros cadeaux, vous avez raison (encore que ce ne soit plus la même époque, l’industrie cible les "initiateurs de prescription", spécialistes en vue, etc.), mais ce sujet à lui seul mérite un article, pas une phrase.

4 votes
par millesime (IP:xxx.xx3.135.52) le 30 juillet 2008 a 00H37
millesime (Visiteur)

allons allons, qui tient le stylo ? les médecins qui sont si prompts à défendre leurs intérêts quand il s’agit de finances (les mots d’ordres dont bien suivis par tous comme un seul homme, le corporatisme fonctionne à plein régime...et qui plus est quelque chose qui ne leur fait pas plaisir, où est le libéralisme, alors que tous se réfugient derrière la sécu...combien sont-ils les NON-CONVENTIONNES...ils sont de Faux SALARIES de la sécu..je me doute que çà ne va pas leur faire plaisir.. !) or quand il s’agit de prescripton, savoir dire NON à un patient (et faire passer le mot d’ordre) alors là plus solidarité, chacun pour soi...d’abord le tiroir caisse...

5 votes
par tmd (IP:xxx.xx2.9.97) le 29 juillet 2008 a 21H47
tmd (Visiteur)

"un système de protection sociale que les autres pays nous envient."

Vous nagez en plein rêve. La Corée du Nord peut-être nous l’envie. Et encore ...

Vous vous gardez bien d’expliquer que chaque SMICard paie chaque mois 285 euros pour son assurance maladie. C’est très cher pour les remboursements de base ...

2 votes
par Panzerfaust (IP:xxx.xx9.139.146) le 30 juillet 2008 a 08H09
Panzerfaust (Visiteur)

Ce gouvernement est tout sauf réformateur. :-((

Il prétend réformer la santé, mais se garde bien de toucher aux revenus des professions médicales (sauf à les augmenter).

Il prétend réformer la fonction publique, mais se garde bien de s’autoriser à licencier des fonctionnaires ou bien encore de toucher à leur régime de retraite encore bien privilégié. Il préfère se contenter de mesurettes comme le non remplacement d’un départ en retraite sur deux.

2 votes
par yzenchi (IP:xxx.xx0.140.144) le 30 juillet 2008 a 09H39
yzenchi (Visiteur)

c’est sur que les dermato et les ophtalmo quasiment tous en secteur 2 ils se gavent bien , ils ne savent meme pas ce que veut dire garde, urgence, stress .