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La télé alimente la pandémie d’obésité
La télé alimente la pandémie d'obésité
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25 juillet 2008 | 9 commentaires
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Jacques Brodeur, 3 articles (Site internet)

Jacques Brodeur

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La télé alimente la pandémie d’obésité

La télé alimente la pandémie d'obésité

Décourager l’écoute de la télévision serait plus rentable que d’encourager la pratique d’activités physiques du point de vue de la santé publique, d’après une étude récente de Statistique Canada.

Les risques de la télé ne se limitent pas qu’à la publicité à destination des enfants

En France, depuis quelques mois, divers organismes tentent de faire comprendre aux décideurs publics que les messages publicitaires destinés aux enfants sont un enjeu majeur de santé publique et qu’il faut les interdire. Bravo !

En général, les décideurs publics comprennent facilement qu’il faut réglementer la circulation routière de façon à protéger les enfants, que ça plaise ou non aux automobilistes et aux grandes entreprises de camionnage. Mais de là à les protéger des agences de marketing qui les prennent pour cibles, il y a un pas à franchir qui requiert du courage politique. L’impact de la pub sur les enfants est pourtant abondamment documenté ; les dommages sont énormes et les coûts sociaux le seront tout autant, sinon plus.

Hélas, l’impact de la télé sur les enfants ne se limite pas aux seuls messages publicitaires. C’est ce qui ressort d’une étude rendue publique par Statistiques Canada, le 18 juin 2008, et réalisée auprès de 42 612 personnes (Pour accéder à l’étude, cliquez ici ).

L’étude de Statistique Canada démontre qu’il y a un lien entre télévision et risque d’obésité.

On mesuré l’impact du temps passé à la télé par les enfants, les ados et les adultes sur le risque d’obésité.

La probabilité de souffrir d’obésité augmente de 80 % lorsque nous passons 21 heures par semaine devant la télé (3 heures par jour), comparativement à nos voisins qui y passent 5 heures ou moins par semaine.

Dans le cas de l’ordinateur, les hommes qui y consacrent plus de six heures par semaine de leur temps de loisirs augmentent les risques de devenir obèses de 20 %. Ce risque passe à 30 % pour les femmes.

Statistique Canada est arrivé à déterminer ces probabilités après avoir isolé 4 autres facteurs : l’âge, l’état matrimonial, le revenu et le lieu de résidence à la ville ou à la campagne.On se doute bien que les grands consommateurs de télé sont aussi plus sédentaires et moins enclins à manger leurs cinq portions quotidiennes de fruits et de légumes.

Mais le facteur télé est demeuré observable peu importe les autres facteurs, y compris l’activité physique peu fréquente et la faible consommation de fruits et de légumes. Cela confirme que le temps passé devant la télé augmente nos risques d’obésité indépendamment de notre sédentarité et de notre régime alimentaire.

Assis devant la télé, on est porté à grignoter, notamment à cause des produits suggérés par la pub. Hormis le sommeil, l’écoute de la télévision est l’activité qui demande le moins d’énergie au métabolisme. La demande d’énergie métabolique diminue a 0,9 lorsqu’on dort. Cette demande passe à 1,0 lorsqu’on regarde la télé, à 1,8 lorsqu’on écrit à l’ordinateur, à 1,3 lorsqu’on lit, à 2,5 lorsqu’on range l’épicerie et à 1,5 en jouant aux cartes.

Et Madame Julie Mandeville, de Statistiques Canada, de conclure que d’un strict point de vue de santé publique, il est plus rentable « de décourager l’écoute de la télévision que d’encourager la pratique d’activités physiques. »

DÉFI : arrêter la télévision pendant 10 jours

Depuis avril 2003, près d’une centaine d’écoles du Québec et de l’Ontario ont organisé un arrêt concerté de consommation de petit écran. En mai 2008, le DÉFI 10 jours « pour voir autrement » a permis de mobiliser une première école de Strasbourg. Partout, les résultats ont impressionné. L’activité préférée des enfants et des ados pour remplacer les écrans a été le sport et autres activités physiques. Le DÉFI est tout sauf une punition, c’est un mouvement concerté, planifié et volontaire. Aucune récompense autre que la fierté d’avoir vaincu des adversaires parmi les plus puissants au monde : les industries du divertissement et du marketing.

 

Rappelons que le cerveau des enfants encaisse chaque année 200 heures de publicité télévisée, essentiellement conçue pour contourner ou neutraliser leur jugement critique. Aux États-Unis, les budgets de pubs ciblant les enfants sont passés de 100 millions de dollars à 17 milliards entre 1983 et 2006.

Les résultats : peut-être un remède de santé publique

En avril 2007, les parents, les enseignants et les élèves de l’école primaire Jacques-Rocheleau, sur la Rive-sud de Montréal, ont relevé le DÉFI 10 jours sans écrans. Les 653 élèves (y compris 186 enfants de Maternelle) ont gardé les écrans fermés durant 8,9 jours en moyenne et les deux tiers ont réussi à les garder fermés durant 10 journées complètes.

Résultats  ? Le DÉFI a été jugé utile par 88% des parents, par 79% des élèves et par 95% des membres du personnel. 66% des parents et 71% du personnel considèrent que le DÉFI a permis d’améliorer la santé et le bien-être des enfants.

Le principal changement constaté ? Augmentation de la pratique d’activités physiques et sportives constatée par 75% des parents et 87% des enfants. 52% des enfants ont également lu plus souvent.

Les devoirs et leçons se sont améliorés disent 45% du personnel. 70% des parents et 69% des enfants disent avoir passé plus de temps en famille. Papa et maman ont eux aussi réduit le temps passé devant la télé, respectivement 55% et 71%. 40% des parents ont noté une augmentation de l’aide fournie à la maison par leur enfant.

L’expérience ne semble pas avoir rendu les enfants maussades puisque 40% des parents, 56% des enfants et 66% du personnel ont trouvé l’humeur des enfants meilleure. 58% du personnel ont noté une amélioration de la concentration en classe et 78% ont jugé que les énergies investies dans le DÉFI rentables au plan pédagogique.

Que se passe-t-il après les 10 jours ? Invités à garder la consommation de petit écran inférieure à 7 heures semaines durant les mois suivants, 88% des parents se disent prêts à collaborer. Comme personne ne peut (et ne veut) garder les enfants à l’abri des médias indéfiniment, il faut se réjouir que 82% du personnel et 57% des parents disent avoir constaté que la préparation au DÉFI 10 jours a permis d’aiguiser le sens critique des enfants. Surprise ! 77% des parents et 52% des enfants se disent prêts à reprendre le DÉFI chaque année.

Si pour prévenir le surplus de poids et l’obésité, il est plus rentable de décourager l’écoute de la télévision que d’encourager la pratique d’activités physiques, que dire de ce DÉFI 10 jours qui fait les deux. N’est-ce pas une excellente nouvelle pour les enfants et les parents de la France entière ?

Jacques Brodeur, conseiller en Prévention de la violence, Éducation à la Paix, Éducation médiatique, Promotion d'une consommation médiatique éclairée. Trois-Rivières, Québec, www.edupax.org <> JBrodeur@edupax.org Actualités : http://jacbro13.com/colloques/
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Mots-clés :
Obésité
Commentaires
3 votes
par RF (IP:xxx.xx9.111.174) le 25 juillet 2008 a 12H45
RF (Visiteur)

Dans les temps de crise et de dictature de l’ordre nouveau les médias ont le choix de collaboré ou de disparaître à quand la réouverture de radio Libre de Londre "Les Français parlent aux Français". Tous les Français ne sont les moutons qu’on peut emmener à l’abatoire. Nous aurons le choix entre mourir libre ou vivre esclave. L’appel des grands noms de la résistance Française est passé inaperçu dans les médias.

4 votes
par bulu (IP:xxx.xx0.39.42) le 25 juillet 2008 a 13H46
bulu (Visiteur)

oui, mais sans malbouffe, moins de profit pour les industries...

6 votes
par moi (IP:xxx.xx9.157.247) le 25 juillet 2008 a 13H49
moi (Visiteur)

Désolé de vous dire ça, mais c’est débile. Si les enfants ne regardent pas la Tv ou joue aux jeux vidéo, ils feront quoi ? Sortir dans la rue, ha ben non c’est pas possible mon bon Monsieur, y’a pas de sous pour rénover les parc, de plus c’est dangereux et on met des systèmes anti-jeune pour pas qu’ils se regroupent.

Le vrai soucis est, pourquoi l’état autorise des horreurs comme l’huile de palme, ou des produits hyper sucrée. Le tout pour faire baisser le prix (uniquement au niveau des supermarché). L’obligation de prendre des viandes a plus de 20% de matiére grasse parce qu’a 5% c’est trop chére. Si vous voulez du maïs sans sucre ajouté ils faut payer la boite 2€ alors qu’une sous marque contenant du sucre coute 80 cts. Donc faut quand même déplacer le problème.

L’homme du 21e siècle bougera moins que celui du 20e c’est un fait, alors ils faudrait aussi que les industriel nous vendent des produits plus adaptés. Quand on bosse avec 3 enfants, on peux pas tout les jours cuisiner.

4 votes
par Jacques Brodeur (IP:xxx.xx2.84.119) le 25 juillet 2008 a 15H10
Jacques Brodeur (Visiteur)

La bonne nouvelle qui nous apprend qu’on rend service à nos enfants et à nous-mêmes en réduisant le temps passé devant la télé ne remplace pas toutes les autres solutions au problème de l’obésité. Oui il faut des parcs bien entretenus et sécuritaires, oui il faut des aliments sains moins chers, oui il faut moins de pub, tout ça est légitime. Mais il ne faut pas se limiter à blâmer les paliers supérieurs de gouvernement. Le Gouvernement familial, le plus près des enfants, peut intervenir lui aussi. Les milliers d’enfants qui ont fermé la télé, les jeux vidéo et l’ordinateur ont cherché et trouvé des dizaines d’activités alternatives réalisables seul, avec des frères et soeurs, avec des amis, avec des parents. Et ils en redemandent. À nous tous, parents, de reprendre le contrôle du robinet télévisuel et de nourrir le cerveau de nos enfants AUTREMENT. Le DÉFI 10 jours est une invitation à IMAGINER une autre façon de nous divertir et de vivre !

3 votes
(IP:xxx.xx9.127.66) le 27 juillet 2008 a 13H13
 (Visiteur)

Diététicien formé aux approches comportementales ; je constate régulièrement que ce lien existe . Mais dire que la télé est coupable dans la pandémie d’obésité me semble un peu réducteur Par contre je pense l’avoir dit sur ce site mangez en regardant la télé perturbe les sensations de rassasiement et conduit si on le fait tous les jours a manger trop pas obligatoirement beaucoup trop mais juste un peu ça suffit C’est comme vouloir faire la guerre aux aliments riches enb calories ( lipido glucidique ) ne me parait pas adapté il serait plus souhaitable d’apprendre à manger ces aliments qui eux aussi peuvent perturber les sensations et être mal utilisés face aux émotions

4 votes
par Jacques Brodeur (IP:xxx.xx2.84.119) le 27 juillet 2008 a 16H45
Jacques Brodeur (Visiteur)

Avec ceux et celles qui trouvent que juger la télé coupable peut sembler réducteur, posons-nous la question : la télé est-elle innocente ? De fait, l’étude de Statistique Canada démontre hors de tout doute qu’elle contribue à la pandémie beaucoup plus qu’on ne le croyait. Comparons les trois facteurs suivants : 1) alimentation comportant trop de calories, 2) insuffisance d’activités physiques, 3) trop de temps consacré à la télé. Du point de vue de santé publique, le facteur le plus négligé, ignoré, voire nié, est le troisième. La télé abaisse notre métabolisme.

Comme la pandémie frappe la planète entière, les gouvernements de tous les pays qui veulent contrer la pandémie doivent 1) décourager l’alimentation malsaine et encourager une alimentation saine par des politiques de discrimination positive, 2) favoriser la pratique d’activités physiques, 3) DÉCOURAGER L’ÉCOUTE DE LA TÉLÉVISION. Est-ce trop réducteur ? Pourquoi faudrait-il rendre le problème complexe ? Certains se demanderont par où commencer ? En mai dernier, des enfants du quartier Neuhof, à Strasbourg, ont attiré l’attention en relevant le DÉFI « 10 jours sans écrans pour voir autrement » ! Pourquoi pas dans la France entière ?

3 votes
(IP:xxx.xx7.241.51) le 28 juillet 2008 a 14H59
 (Visiteur)

rendre le probleme complexe car il est complexe, j’ai 25 ans d’expérience de terrain ce ne sont pas des micro expérience de 10 jours qui pourraient marcher sur un problème aussi complexe . Commençons par dire que petits et grands doivent eviter de manger en regradant la télé car même si on reduisait la tele mais que l’on ne la regarde que 1heure par jour rien que pendant le repas cela poserait un probleme. Bien entendu plus on la regarde plus on risque de manger en la regardant et d’avoir , je vous l’accorde , moins de temps pour faire autre chose Mais autre chose à propos est si facile pour tous ? est ce accessible à tous ? Pour reduire vraiment Il faudrait envisagez d’autres activités accessible a tous finacièrement et localement plus d’educateurs , plus d’empathie avec qui souffre de "mal de poids" et pas de dictature Mais au fond c’est vrai que nous sommes dans des temps de dictature camouflée ,celle de la minceur y compris ....

2 votes
par Jacques Brodeur (IP:xxx.xx2.84.119) le 28 juillet 2008 a 17H02
Jacques Brodeur (Visiteur)

Après 25 années d’expérience, vous savez qu’il ne faut pas manger devant la télé, que l’on soit petit ou grand. Nous sommes d’accord. Vous rappelez avec justesse que nous vivons sous la dictature de la minceur, une dictature téléguidée par l’industrie de la mode et de la publicité. Toujours d’accord. Vous faites remarquer qu’une micro expérience de 10 jours ne peut pas détruire ce que vous-même appelez une dictature et cela m’oblige à préciser que le DÉFI 10 jours réussit déjà à convaincre 50% des parents à reprendre le contrôle du robinet télévisuel. D’ailleurs, lorsque les 10 jours à écrans fermés se terminent, nous invitons habituellement les enfants et les parents à maintenir la consommation de petit écran à moins de 5 heures par semaine durant les mois qui suivent. Le programme SMART créé par le Dr. Thomas Robinson préconise une consommation à moins de 7 heures par semaine suite au jeûne de 10 jours. Robinson a soigneusement mesuré l’obésité des enfants 20 semaines après le jeûne et vous pourrez constater à quel point le DÉFI 10 jours a touché la cible en prenant connaissance de son article.

http://edupax.org/precede/public/As...

Quant aux enfants de Strasbourg qui ont relevé le « DÉFI 10 jours » en mai 2008 avec la complicité de leurs parents (ingrédient no 1), de leurs enseignants (ingrédient no 2) et des organismes de proximité (ingrédient no 3), je signale que plus de la moitié des activités alternatives choisies par les enfants ne coûtaient pas un sou. Ce remède qui prétend prévenir le surplus de poids ne repose pas sur les tablettes des pharmacies, il tient dans la concertation des personnes qui aiment les enfants et qui sont prêts à devenir complices. Si les diététiciens et les décideurs politiques y portent attention, nous sommes devant un remède puissant qui ne demande qu’à être expérimenté pour convaincre les plus sceptiques.

3 votes
(IP:xxx.xx9.127.66) le 29 juillet 2008 a 13H59
 (Visiteur)

oui entièrement ok et je dirai même plus surtout pas sur les tablettes de pharmacie , surtout pas dans les divers produits ligth .Mais les pouvoirs punlics bien que conscients du problème ne veulent pas enviager une approche psychosociale du problème et trop mes collègues préconisent ce qui se confond avec des régimes alors que l’on sait tous que ça ne marche pas .Alors c’est triste et j’ai souvent la rage