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L’endométriose : une maladie complexe difficile à déceler
L'endométriose : une maladie complexe difficile à déceler
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3 mars 2009 | 3 commentaires
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Professeur Patrick Madélénat, 3 articles (Gynécologue)

Professeur Patrick Madélénat

Gynécologue
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L’endométriose : une maladie complexe difficile à déceler

L'endométriose : une maladie complexe difficile à déceler

L’endométriose touche beaucoup de femmes mais l’ignorent. Pour quelles raisons ? Pourquoi diagnostiquer cette maladie est plus complexe qu’il n’y paraît ? Le Professeur Madélénat, chirurgien gynécologue spécialiste de l’endométriose répond à ces questions.

10 % des femmes auraient l’endométriose, que pensez-vous de ce chiffre ?

Il s’agit d’un chiffre à interpréter avec précaution. Il est vrai que 10 à 30 % des patientes qui subissent une cœlioscopie ont une endométriose. Cette divergence traduit une interprétation différente des lésions selon les chirurgiens. Dans la population générale, pour les femmes en âge de procréer, il est difficile de donner une estimation de prévalence de la maladie.

Pour vous, s’agit-il d’une maladie méconnue ?

Lorsqu’on constate un retard de diagnostic de 4 à 5 ans, c’est sûr qu’il s’agit d’une maladie qui n’est pas aussi connue qu’elle devrait l’être. Cependant, à mon avis, la situation s’améliore grâce au travail de l’association EndoFrance, et aux spécialistes qui sensibilisent l’ensemble des gynécologues à cette maladie dans les congrès professionnels.

Par ailleurs, d’autres disciplines sont aujourd’hui mieux sensibilisées qu’auparavant à l’endométriose car je constate que d’autres médecins spécialistes comme les urologues et colo-proctologues(le proctologue s’occupe de la partie terminale du tube digestif, plus précisément le rectum et de l’anus), nous adressent régulièrement certaines de leurs patientes pour des douleurs qu’elle croyaient d’origine digestive ou urinaire.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

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Endométriose

Il s’agit d’une maladie hormono-dépendante, qui dépend du fonctionnement du système ovarien. Les femmes pré-pubères et ménopausées ne souffrent pas de cette pathologie.

L’endométriose se caractérise par la migration de cellules de l’endomètre tapissant la face interne de l’utérus. Normalement, à la fin du cycle menstruel, l’endomètre se désagrège, ce qui constitue le sang des règles qui s’élimine par voie vaginale.

Chez certaines femmes, le sang menstruel s’évacue partiellement par les trompes, ce qui traduit un reflux physiologique du sang menstruel. Les cellules endométriales qui sont ainsi parvenues dans la cavité abdominale s’éliminent chez la plupart des femmes grâce au système immunitaire. Mais chez certaines femmes, les cellules parvenues au contact des ovaires et des trompes peuvent quand même se greffer et se multiplier ce qui est le point de départ de foyers endométrials. C’est ce qu’on appelle l’endométriose.

Quels sont les principaux symptômes de l’endométriose ?

Le premier symptôme se caractérise par la douleur, qui est très particulière dans le cadre de l’endométriose. Celle-ci se traduit souvent par des douleurs pendant les règles (dysménorrhée), qui est un symptôme qui doit attirer l’attention du praticien. La douleur peut également être ressentie pendant les rapports sexuels (dyspareunie), douleur profonde ressentie au niveau du fond du vagin. Enfin, le troisième type de douleurs, plus inquiétantes, car elle traduit l’extension de la maladie au tube digestif, est la douleur éprouvée à l’émission des selles pendant la période des règles (dyschésie). Ce qui permet d’identifier les femmes endométriosiques est le rythme menstruel des douleurs qui sont éprouvées le plus souvent pendant la période des règles. Toutefois, des douleurs permanentes qui ne seraient pas associées au cycle ovarien ne permettent pas pour autant d’écarter la suspicion d’une endométriose.

Le deuxième symptôme de l’endométriose est l’infertilité, car les femmes ayant cette pathologie ont tendance, en général, à être moins fertiles. Parmi les 60 % des infertilités qui seraient essentiellement féminines, on peut dire très approximativement qu’1 femme sur 10 a une endométriose.

En consultation, les femmes endométriosiques consultent donc souvent pour deux raisons : des douleurs pelviennes au niveau du bassin ou des problèmes d’infertilité. Lorsqu’une femme présente à la fois des problèmes de fertilité et éprouve des douleurs pelviennes cycliques, il faut immédiatement envisager l’endométriose.

Il existe des femmes asymptomatiques, que faut-il faire dans ce cas ?

Il ne faut surtout pas intervenir sur des femmes endométriosiques qui n’ont pas de symptômes de douleur ou d’infertilité. On peut constater des lésions d’endométriose lors de cœlioscopies faites pour d’autres raisons. Si la patiente ne s’en plaint pas, il ne faut surtout rien faire.

L’endométriose est en effet une maladie qui a une composante psychosomatique, les lésions peuvent donc régresser dans le temps et pas forcément s’aggraver. De plus, il serait dommage qu’une patiente qui ne souffre pas, subisse des complications suite à une opération chirurgicale, ou des effets secondaires dus à des médicaments dont la prescription ne serait pas légitime.

Quels facteurs peuvent favoriser le développement de la maladie ?

Certaines femmes, peu nombreuses, présentent une malformation génitale au niveau du col de l’utérus ou du vagin entravant le bon écoulement des règles. Elles ont donc plus de risques de développer une endométriose. Il y a également un facteur génétique, qui explique que plusieurs femmes de la même famille puissent développer la maladie. Un facteur immunitaire est également en cause et permettrait d’expliquer pourquoi certaines femmes éliminent mieux que d’autres les cellules endométriales migrées dans le péritoine lors du reflux menstruel . Cependant, ces différentes pistes restent à approfondir pour mieux appréhender les causes de la maladie.

Certains évoquent également un facteur psychologique, qu’en pensez-vous ?

Il est vrai que certains experts évoquent un facteur psychologique primaire. Selon eux, des traumatismes psychiques ou physiques de l’enfance pourraient favoriser l’endométriose, mais c’est très loin d’être vrai pour la majorité des patientes. De plus, il n’y a pas d’études scientifiques permettant d’affirmer cette théorie.

Cependant, il est certain que l’endométriose a un impact psychologique sur les malades et c’est un paramètre à prendre en compte dans la prise en charge des patientes. Certaines femmes endométriosiques souffrent atrocement et les règles représentent un véritable cauchemar au point que certaines ne peuvent pas aller travailler et affronter le monde extérieur pendant cette période. D’autres n’ont pratiquement plus de vie sexuelle car les rapports sont trop douloureux. D’autres encore se constipent à l’approche des règles en raison d’une défécation trop douloureuse.

Comment diagnostique-t-on la maladie ?

Le praticien a une question simple à poser à la patiente : « Est-ce que vos troubles sont liés à vos règles ? ». Car c’est le caractère menstruel des douleurs qui fait présager l’endométriose.

Je vous rappelle qu’il y a des localisations curieuses de l’endométriose : pleurale (la plèvre, enveloppe du poumon), pulmonaire, cérébrale, hépatique, etc. Ainsi, certaines patientes ont des pneumothorax endométriosiques, effondrements soudain de la plèvre, extrêmement douloureux d’ailleurs et corrélés aux périodes des règles. Le pneumologue pourra donc diagnostiquer une endométriose s’il s’aperçoit que les maux sont liés au cycle menstruel.

Quels sont les différents types d’examens possibles pour repérer une endométriose ?

Tout d’abord, il ne faut pas sous estimer les informations qu’on peut tirer d’une examen clinique et celui-ci est à mon avis fondamental pour établir un bon diagnostic, à condition qu’il soit exécuté dans de bonnes conditions. Le praticien doit pratiquer des touchers pelviens : toucher vaginal et / ou toucher rectal.

Sur le plan biologique, on peut réaliser une prise de sang visant à faire un dosage sanguin du marqueur « CA 125 » qui est cependant d’une fiabilité relative. Une femme endométriosique peut tout à fait avoir ce marqueur normal, et vice-versa.

L’échographie pelvienne par voie vaginale ( plus performante que par voie abdominale) peut permettre de diagnostiquer, à condition que le radiologue ait une idée du diagnostic et qu’il recherche les lésions provoquées par l’endométriose.

L’IRM, est aussi un bon moyen de repérer la maladie, mais beaucoup de radiologues ne connaissent pas l’endométriose et ne réalisent donc pas des examens très performants. Mais si c’était le cas, l’IRM serait à mon avis l’examen le plus efficace pour diagnostiquer la maladie.

La cœlioscopie, est un examen qui vient en dernier recours car il demande une hospitalisation, avec anesthésie et on ne peut donc pas le pratiquer sur toutes les jeunes filles qui ont des douleurs de règles. Lors de cet examen, les organes génitaux vont être explorés, puis il y aura prélèvement et analyse des éventuelles lésions. La cœlioscopie doit évidemment être pratiquée par des médecins connaissant parfaitement cette pathologie.

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Mots-clés :
Endométriose
Commentaires
3 votes
par Cristophe (IP:xxx.xx0.98.243) le 4 mars 2009 a 13H40
Cristophe, 1 article (Rédacteur)

Une fois de plus, nous prenons conscience à travers cet article fort intéressant que l’infertilité a des causes multiples et touche beaucoup de personnes. La fertilité est donc un bien précieux qui n’est pas donné à tout le monde.

Concernant l’endométriose, j’ai lu dans de nombreux rapports que cette maladie pouvait provoquer des problèmes de nidification de l’embryons et de fauses couches, ce qui en ferait une indication médicale à la gestation pour autrui. Le confirmez-vous ? Avez-vous des données chiffrées sur la proportion de femmes concernées ?

1 vote
par fabida (IP:xxx.xx7.97.51) le 27 décembre 2009 a 04H56
fabida (Visiteur)

Bonjour , voilà je vient d’apprendre qu’on me diagnostique une endrométriose, cela fait 5 ans que j’essaye de tombé enceinte et sans succès après presque 1 ans d’essai je suis tombé enceinte naturelement mais j’ai eu un oeuf claire, et à la longue d’attendre je me suis tournée sur la fiv, je suis à ma 3 ème mon compagnon n’as aucun problème ni moi(fait les examens) j’ai déjà un enfant de 10 ans eu naturelement pas avec le même compagnon , première fiv en 2006 à la 3 ème fiv sa à marché je suis tombée enceinte mais je l’ai perdu à 2 mois 1/2 de grossese, mon génycologue dit que je peut quand même faire les fiv sans problème malgré que cela fait déjà un petit temps que l’on voit cette tache près de l’endrometre et malgré les pertes anormal et les douleurs dans le ventre dont je lui ai fait part, donc j’ai demandé un 2 eme avis et elle me dit la même chose endrométriose quand je lui demande comment guérrir elle me répond pas possible si vous désirez un enfant car ou ont vous enleve la matrisse ou on coupe les règles donc pas possible d’avoir un enfant donc elle me dit de continuer ma fiv et de ne pas m’inquièté malgré les douleurs que j’ai. je ne comprend plus rien est ce qu’il faut que je m’inquiète ou pas ???????j’ai une amie qui m’as expliquer le cas d’une autre fille qui avait une endrométriose et elle ont lui a fait la colioscopie et même des rayons puis un traitement et même reprendre la pillule pendant 1 ans et après tous ca elle a eu des jumelles malgré qu’on lui avait dit qu’elle n’aurait plus jamais d’enfant. Volià j’espère que quelqu’un pourra répondre à mon histoire. merci d’avance :-|

0 vote
par patricia (IP:xxx.xx6.13.234) le 6 février 2010 a 14H27
patricia (Visiteur)

patrica le 5 JANVIER 2010

Je souffre de l’endometriose depuis 20ans plusieurs opérations chirurgicale, des tonnes de médicaments rien n’est vraiment satisfaisant connaissez vous un professeur en Aquitaine bon courage a toutes celle qui sont concernées