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Endométriose et infertilité : quelles solutions ?
Endométriose et infertilité : quelles solutions ?
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16 mars 2009 | 6 commentaires
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Professeur Michel Canis, 1 article (Gynécologue)

Professeur Michel Canis

Gynécologue
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Endométriose et infertilité : quelles solutions ?

Endométriose et infertilité : quelles solutions ?

Plus d’une femme sur 3 consultant pour infertilité découvre qu’elles sont atteintes d’endométriose. Cette pathologie, en provoquant des lésions au niveau de l’appareil génital, diminue les chances d’avoir un enfant. Cependant, des solutions existent et toutes les femmes endométriosiques peuvent prétendre à avoir un enfant. Le point avec le Professeur Canis.

Les femmes atteintes d’endométriose ont-elles des problèmes d’infertilité ?

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Endométriose et infertilité : quelles solutions ?

Oui, nous constatons aujourd’hui que les femmes endométriosiques ont plus de mal à tomber enceinte qu’une population normale. 40 % des femmes atteintes d’endométriose seraient vraisemblablement infertiles. Inversement, 30 à 40 % des femmes qui consultent pour infertilité découvrent qu’elles sont atteintes d’endométriose. L’endométriose constitue donc une cause fréquente d’infertilité.

En quoi l’endométriose a-elle un impact sur la fertilité ?

Globalement, il faut distinguer deux profils :

- Chez les femmes présentant des lésions sévères (parfois associées avec des kystes de l’ovaire), l’infertilité est due à des causes mécaniques, créant ainsi une adhérence, un obstacle, qui gêne la mobilité et le fonctionnement normal des trompes et des ovaires.

- Pour les femmes ayant seulement des lésions minimes (généralement des lésions n’excédant pas 2 mm dans le pelvis), les médecins ont plus de difficultés à déterminer les causes exactes de l’infertilité qui dans ce cas, pourrait être due à de multiples facteurs. Les 2 principales hypothèses envisagées sont des problèmes de qualité ovocytaire, et un effet négatif de l’environnement inflammatoire sur les spermatozoïdes.

Quand est-ce que l’endométriose entrave le plus la fertilité ?

L’endométriose qui touche les trompes et les ovaires est celle qui handicape le plus pour procréer.

Indirectement, lorsque les lésions se situent au niveau du vagin, les femmes peuvent également éprouver des douleurs pendant les rapports sexuels ce qui est évidemment gênant pour concevoir un enfant. Environ 50 % des femmes qui ont de l’endométriose, souffriraient de dyspareunie car pendant les rapports sexuels avec le partenaire, certaines lésions vont être percutées/traumatisées. En fonction de l’anatomie de l’homme et de la femme, ces lésions vont être plus ou moins touchées.

Attendre pour avoir un enfant lorsqu’on est atteinte d’endométriose réduit-il les chances de tomber enceinte ?

Oui probablement, car de manière générale, à partir de 30 ans, la fertilité des femmes commence à baisser et à 40 ans elle est très significativement diminuée.

Cependant, il y a peu d’études qui ont été menées afin de savoir si le temps et le retard de diagnostic de l’endométriose, favorisent une aggravation des lésions et donc l’infertilité. Une étude menée dans mon service à l’hôpital de Clermont Ferrand sur des patientes atteintes de lésions sévères, a montré que pour que la taille des lésions recto-vaginales infiltrantes (lésions se situant entre le rectum et le vagin) deviennent vraiment importantes (plus de 2 cm), il faut que la maladie ait évolué pendant de nombreuses années. On peut donc dire que c’est davantage l’âge qui détermine la baisse de fertilité dans le temps plutôt que l’aggravation de la maladie.

Quelles solutions sont proposées aux femmes souffrant d’endométriose pour avoir un enfant ?

De manière générale, nous proposons aux patientes un traitement chirurgical éventuellement associé à des techniques de procréation médicalement assistées si d’autres facteurs d’infertilité sont identifiés.

En général, les femmes consultent pour infertilité et si nous suspectons l’endométriose, une cœlioscopie va être effectuée. A mon avis, la cœlioscopie reste encore aujourd’hui le plus sûr moyen de diagnostiquer la maladie car elle permet de localiser les lésions, faire des prélèvements et confirmer l’endométriose grâce à une biopsie. Sans cette confirmation, le chirurgien peut faire une erreur de diagnostic.

Si pendant la cœlioscopie, l’endométriose est confirmée, le travail du chirurgien est de supprimer les lésions et d’en traiter les séquelles. Les lésions endométriosiques induisent en effet des cicatrices qui créent des adhérences attachant parfois les trompes, les ovaires et le péritoine ensemble.

A l’issue de cette opération, en fonction des situations, une aide à la procréation peut être préconisée. Globalement il y a trois cas possible :
- Le partenaire est normal et la cœlioscopie satisfaisante pour la femme : le couple essaiera d’avoir un enfant naturellement pendant une période de 6 mois à 1 an.
- Le partenaire souffre d’infertilité et le traitement de l’endométriose est satisfaisant sur la femme : il faudra avoir recours aux techniques de procréation médicalement assistée pour la prise en charge de l’infertilité masculine.
- Le partenaire est normal et le traitement de l’endométriose n’a pas obtenu de résultats satisfaisants (les trompes et les ovaires ne fonctionnent pas normalement) : la patiente aura recours à la fécondation in vitro.

Par ailleurs, en fonction du stade de gravité de l’endométriose chez la patiente, on n’utilise pas les mêmes techniques de procréation. Pour une femme présentant des lésions minimes, on peut tout à fait se limiter à des inséminations artificielles, à l’inverse pour des lésions sévères, on préférera la FIV car les trompes /ovaires ne peuvent fonctionner normalement.

Quel est le taux de succès après prise en charge d’une patiente endométriosique atteinte d’infertilité ?

Globalement, au moins une femme sur deux atteintes d’endométriose pourra avoir un enfant.

Il faut savoir cependant que dans les causes d’échec pour tomber enceinte, en plus des limites des traitements médicaux / chirurgicaux, il y a le découragement. La FIV est un traitement lourd psychologiquement et certaines femmes craquent car elles ne supportent pas les contraintes du traitement et l’échec des tentatives.

Dans le cas des femmes endométriosiques, leur infertilité est associée également à des douleurs chroniques qui usent moralement, ce qui fait qu’elles sont peut-être plus facilement découragées en cas de tentatives de FIV infructueuses.

Le stade de gravité de l’endométriose affecte-t-il les chances de réussite d’une FIV ?

La fertilité spontanée d’une femme ayant une endométriose sévère est moins bonne qu’une femme ayant des lésions minimes. Mais après traitement, les taux de grossesse chez les femmes endométriosiques sont globalement identiques. Le stade de gravité de la maladie et donc l’étendue des lésions ne semblerait donc pas influer les chances de grossesse si l’endométriose est bien traitée.

Le fait que les femmes présentant des lésions minimes ont souvent des facteurs d’infertilité associés qui font également qu’au final, après traitement, les chances de grossesse deviennent identiques pour ces 2 groupes.

Les femmes qui sont atteintes d’une endométriose sévère ne doivent donc pas se décourager. Toutes les femmes endométriosiques, quelque soit la gravité des lésions, peuvent prétendre à avoir un enfant grâce aux techniques de procréation médicalement assistées même s’il ne faut pas oublier que toutes ne réussiront pas.

Chez les femmes endométriosiques, y-a-t-il des particularités lors de la FIV ?

A l’occasion de la FIV, les ovaires vont être stimulés ce qui peut provoquer la recrudescence d’un certain nombre de douleurs chez les femmes endométriosiques. Ces douleurs disparaissent dans les semaines qui suivent mais il est vrai que cela peut décourager certaines femmes atteintes d’endométriose à recommencer.

Est-ce que les femmes atteintes d’endométriose vont vivre leur infertilité de manière différente ?

Il est vrai que pour les femmes qui ont de l’endométriose, à cause de la répétition de leurs douleurs, tout est plus difficile, et donc l’épreuve leur paraît plus difficile. Certaines évoquent les difficultés liées aux FIV et la douleur éprouvée pendant les règles si la tentative échoue. En fait, il y a certainement une participation psychologique à cette douleur. Les femmes perçoivent doublement la douleur car à la douleur habituelle des règles s’ajoute la celle qui est liée à l’échec de la FIV.

L’endométriose a-t-elle une influence sur le déroulement de la grossesse ?

Non, car les complications de grossesse dues à l’endométriose demeurent très exceptionnelles. Quant aux risques de fausse couche, ils demeurent les mêmes que pour une femme normale.

Y-a-t-il une évolution de la maladie après la grossesse ?

La grossesse agit comme un traitement médical, elle bloque l’évolution de la maladie, suspend les douleurs mais elle ne fait pas disparaître les lésions. Après la grossesse en général, les symptômes de la maladie disparaissent mais au bout d’un certain temps les douleurs liées aux lésions reviennent progressivement. C’est exactement ce qui se passe aussi après un traitement médicamenteux, à l’arrêt de celui-ci, les douleurs ne reviennent pas tout de suite.

Certaines femmes découvrent leur endométriose lorsqu’elles essaient de tomber enceinte et regrettent de ne pas avoir été diagnostiquées plus tôt. Est-ce qu’on peut penser qu’une femme traitée précocement pourra préserver sa fertilité ?

Il est difficile de dire si diagnostiquer et traiter la maladie précocement chez les jeunes filles permettront d’éviter l’aggravation des lésions et réduire les risques d’infertilité par la suite.

Schématiquement, les traitements que l’on prescrit dans le cadre de l’endométriose sont des médicaments qui bloquent le fonctionnement ovarien afin de stopper les règles et donc on peut supposer qu’ils bloquent l’évolution de la maladie. Mais malheureusement nous n’avons pas de preuve formelle à l’heure actuelle.

Professeur Michel Canis
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Commentaires
2 votes
par nouf (IP:xxx.xx4.53.246) le 2 avril 2010 a 16H38
nouf (Visiteur)

bonjour, j’aimerai vous parler de mon cas ; il y a un an en avril 2009, je me suis faite opérer pour des kystes ovariens, qui étaient dus à un endométriose. il s’avère que le chirurgien m’a enlevé 6 kystes, aussitôt après j’ai étais sous traitement pour tout me stopper, ainsi que la maladie pendant 4 mois, et cela fait que quelques mois que mon corps refonctionne normalement ; sauf que surprise aujourd’hui j’ai appris que visiblement je refais une endométriose !!!!! car j’ai encore un kyste de plus de 5 cm !!! a savoir que l’année dernière c’était la taille du plus petit !!!! ce n’est vraiment pas facile à apprendre comme nouvelle et je me demande si je vais avoir cela tous les ans !!!!

5 votes
par Angélique (IP:xxx.xx6.49.90) le 4 mai 2010 a 21H06
Angélique (Visiteur)

Bonjour, je viens de lir votre article et je le trouve très interressant, mais il nerepond pas tout a afait a mon cas, j’ai 20 ans et je viens de me faire opérer par coelioscopie, en nettoyant une salpingite, le chirurgien c’est aperçu d’une endometriose, il a bien fait son travail, mais il se trouve que j’ai egalement des ovaires micro-polykystique et (je ne me souviens plus le non je vous lexplique donc comme on me la expliqué), mes ovaires ont formé une "coquille" qui fait que je n’ovule plus, avant cela je faisai de "fausses" ovulations mon corp reagissé comme ci j’ovulé mais se n’étais pas le cas et aujourd’hui tout se cumule ainsi que les kystes a répétition cela fait maintenant 15 jours que je me suis faite opérer et je souffre de grosses douleurs continue depuis 3/4 jours et lors des rapports avec mon fiancé, ma premiere question est : Pourrais-je vraiment un jour avoir un enfant ? naturellement ? - Ces douleurs ne seraient-elles pas un signe de retour de l’endométriose ? A savoir que j’ai eu des rapports non protégés et sans contraception avec mon fiancé pendant 5 ans avant de savoir tout cela et jamais une fois je suis tombée enceinte... Aujourd’hui j’ai peur et j’aimerai savoir reellement

4 votes
par fleurdelys (IP:xxx.xx8.243.155) le 12 août 2012 a 01H13
fleurdelys (Visiteur)

Je suis une jeune femme de 41ans.Il y’a 3ans de ça,j’ai été opéré par célioscopie pour l’ablation d’un kyste endométriosique .L’opération d’apres mon chirurgien s’est bien déroulé.Je fais des écographies régulières chez ma gynéco.Cette dernière me répéte toujours la meme chose:tes ovaires et ton utérus sont en parfaite état !Il n’y a plus de raison pour s’inquieter !Malheureusement,je m’inquiéte car je suis toujours célibataire et je me dis en plus d’arriver à un age aussi tardive sans avoir eu la chance de faire un enfant,et en plus de cette maladie qui est l’endométriose,est ce que je pourrais avoir la chance de faire un jour un enfant !Je me marie dans 3mois si dieu le veut ?Et j’aimerai aussi qu’on réponde à mon autre question qui est:est ce que toute femme à qui on a enlevé un kyste ,s’avére atteinte de cette maladie ?oubien peut on dissocier le fait d’avoir un kyste endométriosique de petite taille de la maladie qui est l’endométriose ?ECLAIREZ MOI SVP

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par Association Espoire (IP:xxx.xx1.74.115) le 2 avril 2014 a 10H28
Association Espoire (Visiteur)

L’Association Espoire est un organisme dédié à la recherche contre l’endométriose. N’hésitez pas consulter notre site internet si vous souhaitez connaître les nouvelles avancées dans ce domaine www.espoire.org/chirurgie/en...

0 vote
par Safiyalie (IP:xxx.xx1.52.233) le 3 septembre 2014 a 23H05
Safiyalie (Visiteur)

Merci beaucoup pour ses information elle me redonne espoirs. Jai 26ans mon mari 28,Âpre avoir été sur plusieurs forum j’avais le moral a plat. Dans l.attente depuis 2 ans passer ,mon gyneco âpre pas mal d’examen ma diagnosticé une andometriose . Jarrive a un stade ou les rapport intime vc mon maris deviennent très compliquer telement la douleur est forte. un stade de vomir telement la douleur est insuportable.Je rentre a l’hôpital mardi pour une celioscopie . Je pense que l’on doit avant tout garder le moral et penser positif car le pouvoir de la penser ne doit pas être sous estimer. Combien de femme n’arrive pas avoir d’enfant alors que tout fonctionne normalement. La pensée négative peut crée un blocage . Plus facile a dire qu’à faire quand notre seul envie est de pleurer en se demandant pourquoi nous. Passer outre ses movaise période je nous souhaite a toute d’avoir un jours un beau petit bebe et de croire en la Fiv bne continuation a toute et je vous conseil vivement d’éviter les forum !! :)

Plument par sqe

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par KatyOKaty (IP:xxx.xx4.251.129) le 30 août 2016 a 19H53
KatyOKaty (Visiteur)

Je suis en 24 SA de grossesse. Pour moi c’était un long chemin. Et ça ne sera pas terminé pour moi qu’après la naissance du bébé. Malheureusement devenir parents n’est pas aussi facile que ça. Pour certaines couples avoir leurs enfants est un long combat contre la nature. Moi-même je fais partie des couples. Moi et mon conjoint, nous sommes encore jeuns. J’ai 26 ans et mon mari à 33 ans. Et pourtant je ne peux pas tomber enceinte naturellement. Je souffre d’endométriose, mon médecin l’a confirmé en avril 2014. Le diagnostic suivant (l’hystérosalpingographie) a découvert l’obstruction des trompes. Après avoir fait les examinations pour mon époux le médecin nous a envoyés au centre pma pour faire fiv. 3 tentatives, mais aucune tentative n’a pas marché jusqu’au bout :/ pour la troisième tentative j’ai eu mon + . Vous imaginez comment ce résultat m’a fait heureux, la première Pds fut positive aussi, j’étais au septième ciel. Et 1 semaine et demie après j’ai eu une fc !... Les souvenirs me font souvent pleurer car c’est encore frais dans la mémoire. On consultait souvent une psychologue pour mieux passer par cette épreuve. C’est autant dur pour mon mari que pour moi. Après ça j’ai fait une petite pause pour mes tentatives. J’ai décidé qu’il faut reprendre mes forces avant de commencer un nouveau parcours. Au mois de janvier cette année, je suis tombé sur un centre pma à l’étranger. Je cherchais beaucoup d’informations sur ce centre, en conséquence je les ai contacté... J’ai pris un rendez-vous avec ma future médecin et... Bref, j’ai fini par y rester pour mon fiv. j’ai été acceptée en dossier de fiv, sans faire la file d’attente. après tec j’ai eu mon +, puis la pds a prouvé le résultat. 24 SA de grossesse est déjà un bon délai, mais j’ai toujours peur de faire une fc encore une fois.