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Des cellules souches "malades" : avenir de la recherche ?
Des cellules souches "malades" : avenir de la recherche ?
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18 août 2008
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Roseline

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Des cellules souches "malades" : avenir de la recherche ?

Des cellules souches "malades" : avenir de la recherche ?

Maladie de Charcot : Des chercheurs ont réussi à produire des cellule nerveuses humaines malades ce qui devrait permettre de mieux appréhender les mécanismes biologiques en cause et, peut-être, de mettre au point de nouvelles thérapies chimiques ou cellulaires pour cette maladie dégénérative des neurones qui aboutit à une paralysie progressive du malade.

Cette fois ci, c’est l’université de Harvard qui a trouvé le moyen de développer une nouvelle série de cellules souches atteintes de maladies génétiques.

En fait, deux équipes de chercheurs, en moins de deux semaines, annoncent pouvoir créer et conserver en culture des lignées de cellules humaines « malades ».

Tout débute la semaine dernière, Kevin Eggan et ses collègues (Harvard Stem Cell Institute) avaient mis en avant, dans la revue Science, le fait qu’ils pouvaient créer des cellules souches dites « multipotentes » (cellule primitives, embryonnaire, de la moelle osseuse (tissu interne des os), capable de se différencier en n’importe quelle cellule cellule du sang (les globules rouges qui transportent l’oxygène, les globules blancs essentiels à la défense du corps et les plaquettes)) et atteintes de sclérose latérale amyotrophique (SLA).

La SLA est une affection neurologique attaquant le système nerveux central de l’adulte et donnant lieu à une lésion des cellules nerveuses (neurones) qui évolue vers une paralysie progressive atteignant finalement la mort. Cette maladie est également nommée maladie de Charcot et se distingue par l’atteinte des neurones moteurs (neurones transmettant l’influx nerveux permettant les mouvements). Ces neurones sont situés dans les noyaux (îlots de substance grise situés à l’intérieur de la substance blanche) moteurs de certains nerfs crâniens.

Dans l’expérience qui a été faite, le but n’est pas de cloner ou de récolter, de façon controversée, des cellules souches à partir d’embryons.

Les chercheurs ont trouvé une autre solution.

Ils ont récoltés les fibroblastes adultes (cellules de la peau) de deux sœurs âgées de 82 et 89 ans et tous les deux atteintes d’une forme commune de la SLA que les chercheurs ont transformé génétiquement pour les reprogrammer et les convertir en neurones moteurs (cellules responsable de la commande et de la transmission des influx nerveux des mouvements musculaires).

Puis, une autre équipe de l’Université de Harvard, dont le gérant est In Hyun Park, ont édité un article dans la revue Cell. Cette publication décrit la création de pas moins de neuf types de lignées de cellules souches multipotentes adultes créées à partir de malades atteints d’affections génétiques très variées. Ces maladies sont, en autres, les suivantes :

- Une affection métabolique responsable d’un déficit immunitaire congénital (des bébés bulles = déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X (DISC-X) obligeant les enfants atteints à rester sous une bulle stérile)

- Une maladie génétique du pancréas (Schwachman-Diamont = ensemble de symptômes de nature congénitale se caractérisant par une insuffisance de sécrétion de l’hormone pancréatique exocrine (sécrétée dans le tube digestif) associée à une insuffisance de fabrication des globules blancs)

- Une maladie lysosomiale (la maladie de Gaucher = maladie héréditaire due à une cérébrosidose, qui est une variété de lipoïdose (pénétration, inflammation, des cellules d’un organe ou d’un tissu par certaines variétés de lipides (corps gras) comme les cérébrosides, les phosphatides ou le cholestérol)

- La maladie de Parkinson (maladie neurologique touchant environ 1 à 2 % de la population âgée de plus de 50 ans, due à la dégénérescence des cellules nerveuses d’une zone située à l’intérieur du cerveau et qui se caractérise par un tremblement, une lenteur des mouvements et une raideur)

- La trisomie 21 (aberration chromosomique se caractérisant par un handicap sur le plan mental associé à une apparence physique particulière)

- Le diabète sucré insulinodépendant (déficit de la sécrétion d’insuline fabriquée par le pancréas)

- Une maladie dégénérative (syndrome de Huntington = une affection héréditaire due à une dégénérescence entraînant une atrophie du cortex cérébral et des ganglions de la base (zone située à l’intérieur de la substance blanche du cerveau)

Pourquoi les chercheurs se sont-ils donnés autant de mal pour varier ces cellules souches ?

En fait, depuis l’essor de la biologie moderne, très peu de types de cellules humaines ont la possibilité de survivre et de se multiplier à l’état naturel dans une boîte de Pétri (boîte constituée de deux disques de verre qui peuvent s’adapter l’un sur l’autre. Dans le disque qui forme le fond de la boîte on coule du bouillon gélosé (contenant de la gélose). Il est ensuite ensemencé par des germes, puis mis à l’étuve (au chaud)).

Normalement, les chercheurs sont obligés de travailler avec des cellules dérivées des cellules cancéreuses soit immortalisées par des manipulations de cellules ancestrales ou embryonnaires très éloignées de la cellule adulte normale.

Pour ces nouvelles cellules, le fonctionnement est toujours le même. Les chercheurs prélèvent d’abord les cellules de la peau ou de la moelle osseuse chez des patients atteints par toutes les affections citées ci-dessus. Ensuite, les manipulateurs introduisent au moyen de vecteurs viraux des gènes de reprogrammation qui vont transformer les cellules en cellules souches multipotentes « induites ».

Chaque lignée cellulaire enferme la ou les mutations génétiques caractéristiques d’une maladie.

Ceci n’est qu’un premier essai.

Les chercheurs d’Harvard ont annoncé qu’ils avaient l’intention de créer entre 50 et 200 lignées cellulaires différentes par an pour permettre aux scientifiques du monde entier de travailler.

La vente se fera au prix coûtant et donc l’Université n’en retirera aucun bénéfice financier.

Ces cellules n’ont pas pour objectif de traiter immédiatement un patient, mais elles sont les bases d’étude de toutes ces maladies afin de tenter de découvrir la médication permettant d’améliorer la vie du patient, voir d’éradiquer certaines maladies.

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Sources :

Le Figaro.fr, 11/08/2008, La voie s’ouvre pour les cellules souches malades

Le Figaro.fr, 04/08/2008, Première création de cellules souches humaines « malades »

www.vulgaris-médical.com

Roseline Buarotti
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