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Un rapport absurde et biaisé appelle au massacre des phoques gris
Un rapport absurde et biaisé appelle au massacre des phoques gris
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14 décembre 2011
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IFAW, 35 articles (Protection des animaux)

IFAW

Protection des animaux
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Un rapport absurde et biaisé appelle au massacre des phoques gris

Un rapport absurde et biaisé appelle au massacre des phoques gris

Pendant des années, le Canada a appelé à une extermination massive des phoques gris. C’est donc sans surprise que le Conseil pour la conservation des ressources halieutiques (CCRH) – un groupe consultatif sur la pêche rattaché au ministère des Pêches et Océans et dominé par les industriels – lance un nouvel appel au massacre dans son récent rapport.

La différence majeure cette fois-ci, c’est qu’un bon nombre de spécialistes de l’environnement sous-marin s’indignent ouvertement et expriment leur désaccord en accusant l’atelier du ministère Pêches et Océans à l’origine du rapport du CCRH de manquer d’objectivité. De nombreux scientifiques s’accordent à dire qu’il n’y a pas de preuve scientifique qui puisse justifier un massacre des phoques gris – affirmation que les experts du Fonds international pour la protection des animaux soulignent depuis des années.

Le Dr David Lavigne, conseiller scientifique d’IFAW, et cinq autres spécialistes réputés de l’environnement sous-marin, ont adressé une lettre ouverte au ministre canadien des Pêches et Océans dans laquelle ils condamnent le rapport du CCRH qui recommande un massacre des phoques gris dans le golfe du Saint-Laurent afin de « valider l’hypothèse selon laquelle la prédation des phoques gris empêcherait le renouvellement des stocks de poissons de fond ».

Comme le fait remarquer cette lettre ouverte, une expérience ne peut décemment proposer de massacrer une population pour vérifier une hypothèse. Il est impossible de contrôler les différentes variables du monde naturel, que nous ne pouvons pas non plus reproduire. Quand bien même le massacre aurait lieu, il demeure impossible de déterminer les conséquences d’une absence de massacre.

L’une des failles majeures du rapport du CCRH réside dans le fait qu’il n’évalue pas les interactions entre les phoques et les autres espèces. En outre, il ignore complètement, à l’instar du rapport scientifique consultatif du MPO, les effets positifs des phoques gris et d’autres grands prédateurs sur l’écosystème.

Le nombre de recherches scientifiques qui remettent en cause l’impact néfaste des phoques sur le renouvellement des stocks de poissons de fond ne cesse d’augmenter. Une étude récente menée par l’Institut océanographique de Bedford et l’Université Queen’s (publiée dans la revue Nature) indique que les stocks de morues et d’autres poissons de fond de l’est du plateau néo-écossais se portent mieux, bien que cette zone accueille la plus grande population de phoques gris du Canada atlantique.

Ce récent appel au massacre des phoques gris est insensé. Faire porter le chapeau aux phoques, sans tenir compte des problèmes liés à la surpêche, au changement climatique et aux prises accessoires, est sans conteste une solution de facilité pour les hommes politiques. Malheureusement, cela n’aidera pas au renouvellement des stocks de morues, pourrait bien endommager davantage l’écosystème maritime, et donner libre cours à des pratiques barbares.

Sheryl Fink

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