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Sexe et alcool : Des mouches et des hommes
Sexe et alcool : Des mouches et des hommes
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23 mars 2012
Auteur de l'article
Jean-Marie Habar, 19 articles (Médecin retraité)

Jean-Marie Habar

Médecin retraité
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Sexe et alcool : Des mouches et des hommes

Sexe et alcool : Des mouches et des hommes

Une étude américaine, publiée dans la très sérieuse revue Science, montre que des mouches, les célèbres drosophiles chères à tous les laboratoires du monde, lorsqu’elles sont frustrées sexuellement sombrent dans l’alcoolisme. De là à penser à une similitude avec le comportement humain, il existe un pas que l’équipe californienne a franchi en s’appuyant sur l’hypothèse d’une perturbation analogue des circuits biologiques de récompense.

Les chercheurs ont séparé une population de drosophiles mâles en deux groupes distincts. Dans le premier groupe, les mâles ont été mis en présence de femelles vierges, tandis que ceux du second groupe ont été mis en présence de femelles ayant déjà copulé. Pendant trois heures, les mâles de ce deuxième groupe ont fait une cour assidue aux femelles, sans que leur assiduité soit récompensée. Les chercheurs ont ensuite proposé deux menus à leurs protégés. L’un était composé d'alcool à 15%, l’autre non. Résultat : les mâles éconduits se sont précipités sur la nourriture alcoolisée...

Une autre équipe américaine, de San Francisco celle-ci, en dosant le taux de neuropeptide F (NPF), une protéine produite par le cerveau des insectes, se sont rendu compte que les drosophiles sexuellement frustrées présentaient un taux de NPF plus bas que celui des mouches satisfaites et heureuses en amour. Cette protéine serait donc impliquée dans le circuit de récompense. 

Les auteurs de l'étude suggèrent donc l’existence d’un lien entre le comportement – copulation, la consommation d'alcool - et la production de NPF.

Chez les mammifères, et l’homme est bien un mammifère, la protéine équivalente se nomme la NPY.

Or une étude antérieure avait déjà montré que l’injection de cette protéine, chez les rats, provoquait une activation du circuit de récompense et soulageait les addictions et la dépression. 

Les conclusions semblent donc sans appel, un sujet mâle, frustré sexuellement risque la dépression et de sombrer dans une addiction comme l’alcoolisme.

L’étude ne précise pas si la femelle de la drosophile, frustrée sexuellement, n’aurait pas tendance à sombrer dans l’addiction au chocolat par exemple.

 

 

JMH
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