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Sauvons les grenouilles !
Sauvons les grenouilles !
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10 mai 2013 | 3 commentaires
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Bambin Nature, 43 articles (Site internet)

Bambin Nature

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Sauvons les grenouilles !

Sauvons les grenouilles !

Les grenouilles sont le groupe animal le plus menacé d’extinction du fait des activités humaines ; la destruction de leur habitat, la dissémination des maladies, la pollution, les pesticides, le changement climatique mais aussi leur capture intensive diminuent un peu plus chaque jour le nombre de batraciens.

Si nous ne modifions pas, dès aujourd’hui, notre comportement en adoptant des modes de vie respectueux de l’environnement et en arrêtant d’acheter des amphibiens ou de manger des cuisses de grenouilles, leur extinction sera inévitable et elles emporteront avec elles une biodiversité incroyable et de précieux secrets biologiques.

Etat des lieux


On ne les voit pas, sauf quand il pleut, on les entend parfois, mais seulement les mâles qui sont les seuls à coasser ; pourtant, elles sont partout ! Il existe près de 6 317 espèces appartenant à la classe des amphibiens et 5 576 espèces différentes dans le groupe des anoures, qui comprend les crapauds, les rainettes et les grenouilles.

Les amphibiens vivent sur quasiment l’ensemble du globe, à l’exception de l’Antarctique, et cela depuis plus de 300 millions d’années. Ils ont donc connu les dinosaures et les mammouths. Pourtant, au cours de ces 30 dernières années, 150 espèces ont déjà disparu. Cela représente l’extinction animalière le plus fulgurante depuis la disparition des dinosaures !

Plus du tiers des grenouilles actuellement sur notre planète risque de s’éteindre si l’on ne change pas nos comportements car la principale menace de ces batraciens, c’est nous.

Les causes de leur disparition


  • La destruction de leur habitat

Chaque année, 6 millions d’hectares de forêts tropicales, où la diversité en amphibiens est la plus importante, sont détruits. En Amérique du Sud, la déforestation a déjà détruit l’intégrité de l’écosystème dans le Bassin amazonien, la forêt atlantique du Brésil et les plaines côtières de l’Équateur et du Pérou. L’Amazonie représente à elle seule plus de la moitié de ce qui reste de forêt tropicale dans le monde et, seulement pour sa partie brésilienne, 2 millions d’hectares sont éliminés chaque année. La culture par technique de brulis menace la biodiversité amphibienne en Indonésie, Malaisie et en Afrique sub-saharienne.

Dans les pays développés, la déforestation, l’assèchement des marécages, le recouvrement des cours d’eau par les constructions et le drainage des rivières pour l’irrigation sont autant d’activités humaines qui sont la cause directe de la destruction de l’habitat des grenouilles.
 

  • Les maladies infectieuses

La chytridiomycose, maladie de la peau causée par le champignon chytrid fungus, a été détecté au moins chez 285 espèces d’amphibiens dans 36 pays. Cette maladie a causé le déclin de populations amphibiennes en Australie, Amérique, Nouvelle Zélande, Europe et Afrique et est responsable de la disparition de plus de 100 espèces depuis les années 70. Cela fait d’elle la responsable numéro 1 de la disparition des grenouilles. La dissémination fulgurante de cette maladie est entièrement due au commerce et au transport des animaux vivants entre les pays. Les grenouilles sont stockées dans des espaces très étroits, en contact les unes avec les autres, entraînant des taux de contamination extrêmement élevés.

La France est le premier importateur mondial de grenouilles et les Français consomment 3 tonnes de cuisses de grenouilles par an, ce qui représente 100 millions de paires de cuisses !!! Kerry Kriger, responsable de l’organisation Save the frogs ! et spécialiste de cette maladie, explique : « Il n’y a quasiment aucun test diagnostique réalisé, puisque de toute façon le champignon n’est pas transmissible à l’homme ». Donc, lorsque nous mangeons des cuisses de grenouilles, il y a une très grande probabilité pour que notre plat ait été contaminé et qu’avant de mourir la grenouille ait contaminé bien d’autres amphibiens, notamment des espèces sauvages ; il suffit pour cela que l’eau des bassins ait été déversée dans la nature pour propager le chytrid fungus ! Kerry Kriger ajoute : « Bien qu’il existe des méthodes pour soigner les animaux en laboratoire, il est encore impossible de traiter les grenouilles sauvages en répandant des produits chimiques dans la nature ». La seule méthode pour arrêter l’hécatombe est donc de ne plus consommer ou acheter de grenouilles.
 

  • La pollution et les pesticides

La plupart des pesticides et herbicides vendus dans le commerce sont peu ou pas du tout testés sur les amphibiens. Or, la plupart de ces produits très toxiques finissent dans les cours d’eau et donc incidemment dans les grenouilles du fait de la perméabilité extrême de leur peau. Les populations de rana muscosa, qui vivent dans une zone d’agriculture intense, en Californie ont ainsi disparu à une vitesse anormalement élevée.

L’atrazine, probablement l’herbicide le plus vendu dans le monde (33 millions de kilogrammes sont répandus par an seulement aux Etats-Unis) entraîne l’hermaphrodisme chez les grenouilles et peut également tuer les salamandres. Le Roundup est létal pour l’hyla versicolor (très commune au Canada), les têtards de grenouille léopard et, très certainement, pour de nombreuses autres espèces non encore testées.
 

  • Le changement climatique

Bien que le réchauffement de la planète ne soit pas directement lié à la disparition des batraciens, les modifications de température ont tendance à rendre la peau déjà très sensible des grenouilles encore plus vulnérable aux maladies, dont la chytridiomycose. Cela peut paraître étonnant puisque ce champignon se développe plus facilement à des températures basses et serait inhiber par la chaleur. Cependant, une étude a récemment montré que le réchauffement climatique augmentait l’évaporation dans les montagnes tropicales ce aurait pour conséquence d’augmenter la quantité de nuages, de diminuer la température et de créer ainsi des conditions idéales pour le développement du chytrid fungus [1].
 

  • Les espèces envahissantes

La grenouille taureau ou ouaouaron (rana catesbeiana), originaire de l’est des Etats-Unis, est élevée et transportée dans le monde entier pour être consommée. Mais, en plus de contribuer à la propagation de la chytridiomycose, dont elle est fréquemment porteuse, cette gentille grenouille est qualifiée d’espèce envahissante. Lorsqu’elle est introduite dans un nouvel environnement, elle entre en compétition avec les amphibiens natifs pour la nourriture et l’habitat. Elle est capable de s’adapter très rapidement à son nouveau territoire, au détriment des espèces locales, entraînant progressivement leur disparition.
 

  • La capture intensive

La capture de grenouilles sauvages pour leur commerce et leur consommation est rarement régulée et la cause directe de l’extinction des grenouilles dans certains pays en voie de développement tels que la Thaïlande. Plus de 20 millions d’amphibiens sauvages sont vendus sur le marché international chaque année en toute légalité et bien plus sont cédés au niveau national ou illégalement. Ce commerce, en plus de contribuer à la diminution des grenouilles sauvages, augmente l’importation d’espèces potentiellement envahissantes, mais aussi la dissémination de virus.

Pourquoi est-il important de sauver les grenouilles ?


  • Rôle bio-indicateur

La peau des grenouilles est très perméable et absorbe donc très facilement les produits toxiques présents dans leur environnement. Elles sont très sensibles aux pollutions et sont donc considérées comme des bons indicateurs du stress environnemental ; quand les grenouilles sont malades, cela veut dire que l’environnement l’est aussi.
 

  • Elles font partie intégrante de la chaîne alimentaire

Les têtards nettoient les cours d’eau en mangeant une grande quantité d’algues. Les grenouilles adultes mangent des insectes vecteurs de maladies graves, comme les moustiques qui transmettent le paludisme ou la malaria.

Les grenouilles sont également une source importante de nourriture pour de nombreux prédateurs tels que les libellules, les poissons, les serpents, les oiseaux et même les singes. Leur disparition aurait donc un impact important sur l’écosystème puisqu’il priverait de nombreux animaux d’une source de nourriture.
 

  • Elles sont utiles pour la recherche médicale

Les grenouilles produisent une grande quantité de molécules, dont beaucoup ont un usage potentiel dans l’industrie pharmaceutique. 10 % des prix Nobel en physiologie et médecine ont obtenu leurs résultats à partir d’expériences utilisant les grenouilles.

Par exemple, la grenouille Rheobatrachus a la particularité d’incuber ses œufs dans son estomac. Pour cela, elle est capable d’inhiber ses sécrétions gastriques afin de ne pas digérer sa progéniture. Cette capacité promettait aux chercheurs de nombreuses avancées dans la lutte contre l’ulcère gastrique, mais malheureusement cette espèce est désormais éteinte, emportant avec elle son fantastique secret.

Mais énumérer les services que les grenouilles peuvent rendre à l’Homme est-il vraiment nécessaire ? Même inutiles, les grenouilles devraient avoir le droit d’exister simplement parce qu’elles sont des êtres vivants. Bien plus anciennes que nous, elles font partie de notre patrimoine biologique et nous devons donc les respecter.

Bambin Nature, le site dédié aux soins naturels des tout-petits

POST-SCRIPTUM

  • [1] « Frog extinctions linked to global warming » par Brian Handwerk dans National Geographic News du 12 janvier 2006

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Commentaires
1 vote
par le renard (IP:xxx.xx5.19.24) le 11 mai 2013 a 08H28
le renard (Visiteur)

sans compter qu’il y en a de moins en moins dans les benitiers

1 vote
(IP:xxx.xx9.150.51) le 12 mai 2013 a 07H39
 (Visiteur)

Un vœu pieux qui semble peu réalisable dans un contexte où la terre va passer en peu de temps de 6 milliards d’habitants - déjà beaucoup trop, à 9 milliards ! C’est une des clés importantes à nos problèmes d’environnement et d’écologie ...

1 vote
par cloclo (IP:xxx.xx9.90.188) le 7 décembre 2014 a 16H08
cloclo (Visiteur)

Je suis entièrement d’accord avec vous. La cause de toutes les pollutions, la destruction des habitats naturels, la déforestation.... et j’en passe : c’est bien LA SURPOPULATION mondiale qui est une catastrophe humaine et environnementale, un désastre en cours....