Accueil du site
> Santé Des Animaux > Les Actus
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Paris veut réconcilier les citadins avec les pigeons
Paris veut réconcilier les citadins avec les pigeons
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
1er octobre 2012
Auteur de l'article
Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

Rédacteur
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
495
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Paris veut réconcilier les citadins avec les pigeons

Paris veut réconcilier les citadins avec les pigeons

La ville de Paris a décidé de passer à la vitesse supérieure pour lutter contre le déploiement de nourriture opéré par les habitants à l’attention des pigeons (un acte qui demeure interdit) et, par conséquent, à la surfréquentation de pigeons en certains endroits de la capitale. Les services municipaux ont ainsi dévoilé, le 28 septembre dernier, un pigeonnier contraceptif qui permettra de réguler et de contrôler une partie de la population. Ce nouveau dispositif se veut également éducatif et vise, à terme, à une meilleure cohabitation entre les pigeons et les habitants de Paris.

Fabienne Giboudeaux est une photographe passionnée par la nature et les animaux en milieu urbain. Elle est aussi conseillère municipale à Paris en charge des espaces verts dans la ville. Et c’est à ce titre qu’elle s’est expliquée, au micro de l’AFP, sur l’installation de pigeonniers contraceptifs dans la capitale : « L’objectif de cette initiative est de permettre une réduction significative des nuisances locales causées par les pigeons et d’améliorer la cohabitation entre les citadins et les oiseaux ». Car il n’est pas question d’éradiquer ces volatiles du paysage urbain, mais de « diminuer la population globale des pigeons dans la ville selon une méthode douce et durable, en respectant l’animal ».
 
Car Paris n’est pas Venise, où la présence très ancienne des pigeons, surtout sur la place Saint-Marc, a immortalisé ces animaux dans le décor pour l’éternité. Dans la Lutèce d’aujourd’hui, comme dans d’autres villes de France, ces oiseaux, qui ont leurs détracteurs, sont parfois surnommés les « rats du ciel ». Et les archives de la ville de Paris en témoignent ; en 1714 presque tous les pigeons de Paris avaient été décimés par la « petite vérole » (peut-être une forme de grippe aviaire), et les volatiles ayant survécu à ce fléau furent chassés par les hommes, croyant « qu’ils transportaient le virus, menaçant ainsi les hommes et les brebis  ».
 
L’élue du XXème arrondissement veut à la fois tranquilliser les habitants qui portent les pigeons dans leur cœur et satisfaire ceux qui jugent leur présence trop importante : Les 12 pigeonniers prévus dans le dispositif (abritant chacun de 80 à 120 pigeons) n’ont pas la prétention de s’attaquer à la population totale de pigeons à Paris, que la mairie estime à un nombre allant de 50 000 à 100 000 (le Muséum d’histoire naturelle n’est pas en mesure d’apporter de chiffres plus précis). Les citadins qui, malgré l’interdiction, donnent à manger aux pigeons battront-ils moins le pavé ? Ces nourrisseurs du dimanche, qui contribuent à des regroupements de pigeons en certains endroits, augmentant les nuisances des volatiles et contribuant à des rivalités entre pro et anti-pigeons, devraient en tout cas se faire plus discrets, car les volatiles pris dans le dispositif seront nourris dans les pigeonniers (eux mêmes nettoyés et entretenus régulièrement par un prestataire de la ville)… leur reproduction sera contrôlée, et des spécialistes veilleront à la santé des pigeons.
 
Si la première couvée de l’année ira à son terme, les autres (de six à huit dans l’année) seront mises à mal par une action mécanique via des secousses (sans que la femelle ne déserte le nid). Selon les responsables du dispositif, 6000 œufs seront ainsi éliminés en l’espace d’un an. Il s’agit donc d’un contrôle des naissances qui se veut efficace, sans qu’il y ait péril en la demeure pour les pigeons parisiens, dont la population est constituée à 90% par le pigeon biset, à 9% par le pigeon ramier et à 1% par le pigeon colombin.
 
Pour Alexandre Pommier, président de l'association RDVO (Pour le droit à la vie des oiseaux), ces pigeonniers sont certes une avancée, mais loin d'être la solution idéale : « Plusieurs villes où ces pigeonniers ont été installés sont passées, par manque de résultats, à la méthode de gazage des oiseaux, transformant ces installations en pièges ». Pour l'intéressé, il serait d'abord préférable de faire disparaître les lieux de nidification existants des pigeons (bâtiments, églises...) avant d'installer ce dispositif. Cette suggestion, qui a reçu l'aval des vétérinaires, aurait selon lui plus d'efficacité.
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Mots-clés :
Animaux Oiseau