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Les sangliers radioactifs des Vosges
Les sangliers radioactifs des Vosges
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13 octobre 2011
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Les sangliers radioactifs des Vosges

Les sangliers radioactifs des Vosges

A l’origine de cette histoire incroyable de la fin des années 1990, il y a une chasse miraculeuse, ou presque, à Saint-Jean-d’Ormont, près de Saint-Dié-des-Vosges. Un vétérinaire fit analyser les bêtes amenées à l’abattoir. La révélation de la présence de 1 700 becquerels (bq) dans la viande des sangliers eut alors l’effet d’un coup de tonnerre dans tout le massif vosgien.

Dix ans après la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986, le spectre de la centrale nucléaire ukrainienne revenait comme un boomerang dans l’esprit de tous, tout comme les craintes, les peurs et les mensonges de l’Etat français. Et si le nuage radioactif ne s’était pas arrêté à la frontière ? Les pluies d’orage qui se sont abattues sur les Vosges juste après l’accident nucléaire du 26 avril au 10 mai ont pourtant accentué la contamination locale. Et c’est bien du césium 137 artificiel que les techniciens de l’Office de Protection des Rayonnements Ionisants (OFRI) découvrirent lorsqu’ils passèrent le secteur au révélateur suite à l’affaire des sangliers contaminés. Car 1 700 bq de césium 137 par kilo de viande fraîche, c’était près de trois fois le seuil autorisé pour la consommation ! 

Alors que les champignons étaient suspectés, ainsi que les baies et les myrtilles, l’étrange contamination d’une famille conduisit à un test à grande échelle. Le 16 avril 1997, les 303 habitants de Saint-Jean-d’Ormont furent ainsi dépistés. Un seul cas se révéla préoccupant, celui d’un restaurateur de 53 ans, qui souffrait de la thyroïde et qui était porteur de 1 800 bq. La radioactivité des potagers fut également passée au crible, alors que plusieurs thèses s’affrontèrent sur le cas des sangliers. Avaient-ils été alimentés lors d’égrainage au moyen de maïs provenant d’Europe de l’Est ? D’autres modèles « plausibles » furent proposés par l’Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire, qui estimait qu’un transfert de la radioactivité du sol vosgien, associé aux habitudes alimentaires des sangliers, friands de champignons, était possible.

Quoiqu’il en soit, l’Agence Régionale de l’Environnement en Lorraine (AREL) et l’Association lorraine pour la qualité de l’air conclurent en 1999 à une « absence de risque pour la santé humaine ». Depuis, aucune étude épidémiologique n’a été consacrée à l’affaire des sangliers radioactifs vosgiens, inscrite aujourd’hui dans l’inconscient collectif lorrain.

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