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Les pesticides sont mortels pour les amphibiens
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30 janvier 2013 | 1 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Les pesticides sont mortels pour les amphibiens

Les pesticides sont mortels pour les amphibiens

Selon une étude germano-suisse publiée le 24 janvier dernier, les amphibiens digèrent très mal certains pesticides utilisés dans les champs. Les auteurs des travaux, qui soulignent l’impact des pesticides sur les grenouilles, crapauds, tritons et autres salamandres, suggèrent de mieux évaluer le rôle des pesticides dans le rapide déclin de ces animaux mi aquatiques mi terrestres.

En 2009, la revue Recherche Agronomique Suisse indiquait que «  la sensibilité des amphibiens n’a pas été testée dans le cadre de l’homologation des pesticides », en ajoutant que « leur sensibilité est supposée semblable à celle d’espèces aquatiques de substitution ». Pour les chercheurs, à cette époque pas si lointaine, « l’évaluation faite pour les poissons et les invertébrés aquatiques peut ainsi être considérée comme suffisante pour estimer les risques liés aux pesticides pour les amphibiens dans le système aquatique ». Un constat pour le moins bâclé. Et que dire, donc, du fait que contrairement aux oiseaux et aux mammifères, les amphibiens ne font pas partie des tests imposés pour l’homologation d’un produit pesticides ?
 
Les amphibiens ont une peau très perméable, qui les rend beaucoup plus vulnérables aux polluants. Et le déclin des amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons, salamandres, etc.) s’est encore accéléré à travers la planète, à tel point qu’il s’agit des vertébrés les plus menacés. Les chercheurs se sont donc à nouveau donné rendez-vous pour analyser la situation avec davantage de rigueur. Et ô surprise, au travers des différents dangers qui pèsent sur ces petits animaux des cours d’eau, tels que maladies, changement climatique, pollution et disparition de leur habitat, des chercheurs allemands et suisses ont établi le danger des pesticides.
 
Carsten Brühl et Annika Alscher, de l'Université de Coblence-Landau, en Allemagne ont observé, avec leurs collègues Thomas Schmidt, des Laboratoires Harlan en Suisse, et Silvia Pepper, de l'Agence fédérale suisse de l'environnement, que « des fongicides, herbicides et insecticides testés sur de jeunes grenouilles rousses [Rana temporaria, une espèce européenne commune, ndlr] ont entraîné une mortalité de 40% à 100% des animaux en sept jours d’utilisation aux doses recommandées ». L’étude, parue dans la revue Scientific Reports, doit toutefois être prise avec un certain recul dans la mesure où l’on ne peut tirer d’enseignement global à partir d’une seule expérience en laboratoire.
 
Et pour Colin Berry, professeur émérite de pathologie à l’Université Queen Mary de Londres, « il y a plusieurs mécanismes selon lesquels ces pesticides pourraient affecter les amphibiens, et ces mécanismes seraient différents d’un produit à l’autre et auraient donc besoin d’être examinés avec attention ». Le plus tôt sera le mieux. Selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), au moins 43 % de toutes les espèces d'amphibiens présentent un déclin continuel de leurs populations, ce qui indique que le nombre d'espèces menacées va probablement augmenter dans l'avenir.
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Commentaires
2 votes
par Martha (IP:xxx.xx1.25.75) le 31 janvier 2013 a 11H57
Martha (Visiteur)

Le terme de pesticides me déplait. Parlez, svp, de poisons, ce sera plus juste. La biosphère est un tout et notre regard sur la manière de se comporter, à son égard, a complètement changé : ce serait l’objet d’un chapitre, voir de plusieurs... Ces poisons sont généralement solubles dans l’eau et, comme cela l’a été prouvé pour le Roundup, ils ne sont pas toujours biodégradables. On comprend très bien qu’ils se retrouvent concentrés dans les ruisseaux et les mares. Les amphibiens sont de très bon marqueurs : poïkilothermes, peau très perméable, dépendants de la vie aquatique, elle-même déjà fragilisée par ces substances toxiques....

Ces travaux vont dans le sens de ceux de Gilles Eric Séralini, qui eux, pourraient, de plus, expliquer bien des choses sur le plan des pathologies modernes. Lire CRIIGEN actualités.