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Les mouches en manque de sexe sombrent dans l’alcool
Les mouches en manque de sexe sombrent dans l'alcool
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19 mars 2012 | 2 commentaires
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Les mouches en manque de sexe sombrent dans l’alcool

Les mouches en manque de sexe sombrent dans l'alcool

Une étude très sérieuse parue dans la revue américaine Science révèle que les mouches drosophiles mâles qui se voient repoussées par les femelles se tournent vers l’alcool. Chez ces mouches, connues aussi sous le nom de mouches à vinaigres, les mâles malchanceux montreraient en effet une préférence pour les éléments mêlés à l’alcool pour atténuer leur frustration. De là à faire le rapprochement avec l’homme, il n’y a qu’un pas.

Une équipe de biologistes de l’Université du Missouri, outre-Atlantique, est parvenue à des conclusions qui pourraient intéresser les spécialistes en addictions. Selon une étude menée par les intéressés sur les mouches drosophiles, et publiée dans la revue Science, la triste habitude qu’ont certains hommes de noyer leurs échecs sentimentaux et sexuels dans l’alcool se retrouve également chez ces insectes ! En effet, chez les mâles de cette communauté de mouches, ceux ayant fécondé à plusieurs reprises ne montreraient aucun penchant pour les aliments alcoolisés, alors que ceux qui ont été rejetés par les femelles ont montré une grande attirance pour de la nourriture mélangée à 15% avec de l’alcool.

Et, c’est là où les choses deviennent intéressantes, les chercheurs suggèrent que la cause de ce comportement réside dans une molécule appelée neuropeptide F. Concrètement, parmi ces insectes, les mâles malheureux en amour et noyant leur dépit dans l’alcool posséderaient un taux moindre de neuropeptide F dans le cerveau. A l’inverse, les mouches à vinaigre mâles rassasiés sexuellement présenteraient des niveaux de neuropeptide F plus élevés. Les scientifiques estiment ainsi que les comportements observés sont tout à fait prévisibles en fonction des niveaux de neuropeptide F détenus par les uns et les autres.

Chez l’être humain, cette molécule a un équivalent : la neuropeptide Y. Et là encore, les personnes qui en sont plus ou moins dépourvues présenteraient davantage de risques d’adopter des comportements additifs, à l’image d’une consommation d’alcool dépassant l’entendement. Troy Zars, principal auteur de l’expérience menée, professeur agrégé de sciences biologiques et expert en neurobiologie, estime ainsi que les constatations sur les mouches peut ouvrir des voies vers une meilleure compréhension des comportements addictifs chez l’homme, et notamment l’alcoolisme.
 

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Mots-clés :
Sexe Alcool Insectes Animaux
Commentaires
3 votes
par maurticus (IP:xxx.xx6.156.211) le 19 mars 2012 a 20H49
maurticus (Visiteur)

Cette étude est intéressante, mais chez l’homme les comportements addictifs impliquent le déséquilibre de différents neuro-médiateurs, qui ne peuvent se résumer uniquement au neuropetptide Y. Si nous nourrissons d’aliments appauvries, alors différents précurseurs de nombreux neuromédiateur comme la dopamine vont faire défaut. Ainsi le tabagisme, la toxicomanie et l’alcoolisme peuvent être des réponses pour freiner ponctuellement les symptômes liés à la carence en ce neuromédiateur.

Une étude riche d’enseignements a été menée par des chercheurs américains. Ils ont nourri des rats avec des aliments naturels crus non transformés (fruits, légumes, graines) et ont mis à leur disposition des récipients contenant de l’alcool. Les rats alimentés de manière saine n’ont pas touché à l’alcool. Ensuite, ils ont changé leur alimentation en supprimant les aliments vivants et crus pour les remplacer par ce que les Américains appellent de la « junk-food »—ce qui signifie « alimentation poubelle »—, c’est-à-dire des hamburgers, des saucisses, des glaces et une bonne partie des aliments courants « transformés » que l’on trouve dans les supermarchés. Les rats mal nourris par ces aliments dévitalisés ont commencé à souffrir de troubles digestifs et ont découvert que l’alcool calmait leurs maux en les anesthésiant. L’habitude de boire de l’alcool s’est ainsi installée jusqu’à aboutir à l’alcoolisme. Si, dans un délai de moins de 3 mois, on donnait à nouveau aux rats des aliments vivants, ils cessaient de boire de l’alcool. Si le délai était plus long, leur alcoolisme devenait irréversible. La carence en aliments vivants et crus va entraîner des états de subcarences en vitamines et en oligo-éléments, responsables de désordres biochimiques, puis de symptômes cliniques (fatigue générale, perturbations immunitaires, maladies dégénératives).

2 votes
par maurticus (IP:xxx.xx6.156.211) le 19 mars 2012 a 21H00
maurticus (Visiteur)

Il est possible aussi, en plus de l’effet anesthésiant évoqué, que chez les rats, la nourriture carencée aie fait chuter certains neuromédiateurs, dont l’alcool pouvait minimiser ponctuellement les effets. Un peu comme chez l’homme.