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Les éléphants en captivité : dépressifs car isolés
Les éléphants en captivité : dépressifs car isolés
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8 mars 2010 | 1 commentaires
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La rédaction CareVox, 602 articles (Comité de rédaction)

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Les éléphants en captivité : dépressifs car isolés

Les éléphants en captivité : dépressifs car isolés

De la vaste famille des « Elephantidae » il ne subsiste aujourd’hui que les éléphants d’Afrique et les éléphants d’Asie. Pouvant vivre jusqu’à 70 ans et peser jusqu‘à six tonnes, ils sont menacés à leur tour d’extinction, victimes de la destruction de leur habitat et des chasseurs d’ivoire. Alors que des projets de réintroduction visent à protéger les pachydermes, des experts britanniques et indiens mettent en avant le mal être de la plupart des éléphants maintenus en captivité, victimes de dépression, de maladies, et ravagés par une mortalité importante. Pour les spécialistes, il faut repenser de manière urgente un milieu naturel pour les éléphants.

Le quotidien Libération l’a fait savoir le 25 février dernier : à l’occasion de la rénovation du zoo de Vincennes, qui sera transformé en un parc de « biozones » à caractère écologique d’ici à sa réouverture en 2014, il n’y aura pas de place pour les éléphants, « et c’est une bonne nouvelle, la surface disponible ayant été jugée trop restreinte pour présenter cette espèce dans des conditions suffisantes ». Cette annonce affectant la ménagerie de la capitale intervient alors qu’une étude menée outre Manche par le Docteur Paul Rees, spécialiste du bien-être animal et qui a notamment travaillé au Nigeria, met en avant une souffrance aiguë des éléphants maintenus en captivité, parfois seuls, très souvent en nombre insuffisants, et exposés à la dépression et à une mort prématurée. 

Selon la recherche du scientifique de l’Université britannique de Salford, la plupart des éléphants présents dans les zoos sont contraints de vivre en groupe de quatre individus ou moins. Cette situation diffère radicalement de celle rencontrée dans leur milieu naturel où les troupeaux de pachydermes comptent en général plusieurs dizaines d’individus chacun. De fait, Paul Rees, qui a passé de nombreuses années à décortiquer la structure sociale de l’éléphant, avait déjà constaté l’échec du programme de conservation des éléphants en Asie, le plan Elephas maximus, censé augmenter le nombre des éléphants par le biais d’un regroupement dans des zoos disséminés dans plusieurs zones du sous-continent. Le constat fut sans appel : natalité en berne et mortalité élevée. C’est en soupirant que le Docteur Rees affirma qu’« en poursuivant dans cette voie, l’extinction de l’éléphant sera une réalité d’ici 50 ans ».

Aux quatre coins de la planète, et à plus forte raison en occident, les éléphants maintenus en captivité sont confrontés à un mal-être profond, pouvant conduire à des comportements anormaux tels que balancements ou marche en rond. S’en suivent un état dépressif et parfois une mort prématurée. En 2006, 69% des éléphants d’Asie et 80% des éléphants d’Afrique étaient maintenus en groupe de quatre individus au maximum. Selon Paul Rees c’est là où le bat blesse, car il est vital que les éléphants soient au moins sept à pouvoir vivre ensemble, ayant un grand besoin de la compagnie de leurs semblables : « Dans la nature, les éléphants se regroupent par communautés de 12 individus en moyenne, le chiffre pouvant parfois être bien plus élevé  ». Faut-il alors rénover les zoos ? Pour le scientifique de Salford « ce sera difficile car cela nécessite beaucoup de temps et d’argent. Il faudra en outre que les zoos trouvent des combinaisons optimales entre les éléphants. Certains d’entre eux viennent de cirques ou de petites structures et sont traumatisés ».

En Inde, plusieurs scientifique, constatant que les éléphants dans les zoos « meurent plus rapidement, contractent des maladies ou souffrent d’obésité et le d’arthrite plus fréquemment que dans leur habitat naturel » font écho au Docteur Paul Rees. En novembre dernier, suite à des plaintes de militants des droits des animaux au sujet des éléphants, le gouvernement indien a ordonné que tous les éléphants vivant dans les zoos et les cirques soient déplacés vers des parcs animaliers, « des camps d’éléphants où ils pourront vivre plus librement, sous la protection de formateurs adaptés ». Plus à l’est, au Vietnam, où les autorités ont été alarmées par la baisse brutale de la population d’éléphants dans certaines régions (souvent domestiqués, soumis à trop de travail et à des rations maigres), des consignes ont été données aux organismes compétents pour protéger le plus strictement possible (au besoin par un éloignement de la population) les quelques éléphants qui auraient commencé à réapparaître à l’état sauvage en bordure de village.

Source : Manchester Evening News, Libération, Telegraph, Le Courrier du Vietnam, Maxisciences, Animal-actions

La rédaction CareVox
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Commentaires
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par Patrick Morgensen (IP:xxx.xx6.107.78) le 8 mars 2010 a 20H22
Patrick Morgensen (Visiteur)

Effectivement, il faut revoir des zones de biodiversité à l’échelle de la planète. A noter que de plus en plus d’éléphants naissent sans défenses. Ca leur sauve en quelque sorte la vie puisqu’ils ne présentent plus d’intérêt pour les braconniers, mais ça leur rend leur vie quotidienne plus difficlie -notamment pour trouver de la nourriture- et ça ne stimule pas la natalité (chez les éléphants les défenses agissent comme un atout sexuel de séduction pour attirer le partenaire).