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Le loup en question dans les Alpes et en Scandinavie
Le loup en question dans les Alpes et en Scandinavie
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28 novembre 2012 | 7 commentaires
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Le loup en question dans les Alpes et en Scandinavie

Le loup en question dans les Alpes et en Scandinavie

Le loup est revenu naturellement en France en 1992. Présent dans les alpages, il sidère bon nombre de bergers, qui peinent à protéger leurs troupeaux de son appétit. L’an dernier, les 250 loups adultes répartis à travers l’hexagone auraient occasionné le décès de près de 5 000 moutons. Conséquence : des voix s’élèvent pour demander l’exclusion du loup du sud-est du pays. Seulement voilà, le prédateur assurerait aussi vie et santé à ses proies. Le loup fait également débat ailleurs. En Suède, l’agence de protection de l’environnement (Naturvårdsverket) estime qu’un nombre de 380 loups est nécessaire pour maintenir une population viable dans le royaume. Par ailleurs, le Comité permanent de la Convention de Berne à Strasbourg a rejeté la demande Suisse de déclassement du loup. L’animal continue donc d’être une espèce strictement protégée.

Dans le parc national du Mercantour, la faune sauvage se porterait mieux depuis la présence du loup. Ce grand chasseur rendrait ses proies véloces. C’est certes étonnant. Pour se nourrir, le loup fait preuve de stratégie en adaptant des techniques de chasse élaborées et en sélectionnant ses proies. Les cibles du prédateur ? Avant tout les proies vieilles et malades. Les animaux en bonne santé sont de leur côté épargnés. En "chassant la maladie", les loups s’attaquent aux plus faibles. D’une certaine façon, il font ainsi preuve de sélection naturelle, en régulant la santé des troupeaux. Et leurs proies développent quant à elles des aptitudes à survivre, ce qui est visible notamment chez l’élan, l’orignal, le caribou, le bison ou le mouton des montagnes.
 
Mais la fronde qui vient des bergers des douze départements de France où le loup est présent témoigne d’une différence d’appréciation chez nombre de bergers. Un éleveur de moutons du Mercantour s’est ainsi confié à L’Echo Républicain : « En maintenant ce prédateur dans les zones pastorales, on tue l’élevage ovin extensif, un élevage naturel, plus qu’écologique !  ». Si les tirs de défense sont autorisés afin d’effrayer les 250 loups présents sur le territoire français, des voix s’élèvent pour réclamer l’autorisation d’abattre les canidés si ces derniers attaquent les troupeaux. Sur ce, les écologistes temporisent en indiquant que les problèmes des éleveurs étaient déjà bien réels avant le retour du loup sur le territoire, en 1992. Faudrait-il davantage réguler le loup, comme en Italie et en Espagne ?
 
La question est également posée en Suède, où l’agence de protection de l’environnement (Naturvårdsverket) a jugé qu’une population de 380 loups dans le pays était nécessaire pour maintenir la viabilité de la population. Un point de vue assez différent de celui de la ministre de l’environnement, Lena Ek, qui a proposé de ramener la population à 180 individus. A l’heure actuelle, le nombre de loups s’établirait entre 260 et 330 sur l’ensemble de la Suède et de la Norvège. C’est peu, estiment les protecteurs de l’animal. Et le problème majeur pour cette population serait la consanguinité. Un plan d’action a ainsi été mis en place, visant une bonne cohabitation entre le loup et l’homme tout en maintenant la conservation de l’espèce.

Pour la ministre de l’environnement à Stockholm, « on pourrait maintenir une population peu élevée en nombre mais en bonne santé en abattant les loup génétiquement faibles ». Les Suisses, en tout cas, savent à quoi s’attendre : Le Comité permanent de la Convention de Berne à Strasbourg a rejeté la demande du Conseil Fédéral qui entendait déclasser le loup de la liste des animaux strictement protégés pour l’inclure dans celle des espèces de faune protégées. Pour gérer la coexistence du loup et des animaux de rente dans les alpages, en collaboration avec les Français et les Italiens, les Suisses devront ainsi tenir compte de l’actuelle réglementation. Il n’y a que 15 à 20 loups à l’heure actuelle en Suisse.

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Commentaires
3 votes
par lulupipistrelle (IP:xxx.xx1.18.93) le 29 novembre 2012 a 14H33
lulupipistrelle (Visiteur)

Sur les troupeaux décimés, on ne prête qu’au riches...

Avant la réapparition du loup, il y avait déjà des problèmes, parce que ce genre de massacre était le fait de chiens errants ! Un ami berger (900 brebis, 300 chèvres) surveillait ses bêtes avec un fusil. Tout chien divaguant était abattu, sans autre forme de procès.

Aujourd’hui je m’interroge : ces bêtes égorgées et non consommées, sont-elle bien victimes du loup ? Est-ce vraiment dans les habitudes de ce prédateur ?

6 votes
par cevennevive (IP:xxx.xx1.86.203) le 29 novembre 2012 a 14H54
cevennevive (Visiteur)

Des , loups en embuscade, il y en a partout (des loups à deux pattes surtout, et dont l’appétit est bien plus redoutable que ceux à quatre pattes...)

A force de vouloir décimer les animaux et les insectes que l’on prétend "prédateurs", il ne restera sur terre que quelques ruminants, car il faudra aussi éliminer l’homme, non ?

Lorsque j’étais enfant (dans les années 1950), j’accompagnais parfois mes deux oncles bergers en estive. Les bergers et les chiens travaillaient et ne laissaient jamais le troupeau sans surveillance. La nuit, les bêtes étaient parquées dans des endroits bien remparés, et au moindre aboi des chiens, la famille se levait pour voir ce qui les avait intrigué.

Essayez donc de laisser votre voiture ouverte sans surveillance, avec vos sacs et vos cabats sur les sièges... Vous voulez tuer tous les voleurs, les affamés, les indélicats ???

Il est normal de se défendre des loups ou des chiens errants sanguinaires, et je comprends le berger qui se promène avec un fusil, ne serait-ce que pour effrayer. Mais de grâce, ne généralisons pas au point de vouloir tuer et éradiquer à tout prix...

3 votes
par alinea3 (IP:xxx.xx5.34.79) le 29 novembre 2012 a 14H57
alinea3 (Visiteur)

Je m’interroge aussi ! dans des régions du Massif Central où il n’y a ( avait) pas de loups, les dégâts par les chiens errants ( et même par les chasseurs) étaient énormes ! Je n’arrive pas à comprendre qu’un troupeau gardé puisse subir " l’attaque" du loup ! je pense que l’homme projette bien ses propres pulsions barbares pour accuser le loup de saccage ! La nature n’a jamais vu cela que chez l’homme et, bien sûr, chez le chien qu’il a dévoyé !

4 votes
par chuppa (IP:xxx.xx3.75.178) le 29 novembre 2012 a 18H42
chuppa (Visiteur)

Article sympa mais bcp trop peu documenté. Voir la conférence en cours sur la détermination des règles de protection pour les 5 prochaines années, etc etc. Et quand ils auront l’autorisation pour le loup, ils demanderont pour le Lynx, etc etc. dans notre région, le renard est chassé comme nuisible, conséquence une surpopulation de mulot et rat des champs ; et évidemment la région envoie un expert pour compter les mulots .....

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par Martha (IP:xxx.xx1.25.75) le 31 janvier 2013 a 12H54
Martha (Visiteur)

@chuppa : C’est qui "ils" ? Vous êtes bien méprisant pour ceux qui ont pour tâche de valoriser les pâtures de montagne.

Quand un troupeau est attaqué dans le Vercor, il peut se retrouver en entier, mort au bas d’un précipice. Par temps de brouillard on ne voit rien, s’il y a une attaque, on fait comment ? Pour faire reconnaître l’attaque, ce n’est pas toujours facile. Creusez la question, même devant un ordinateur, vous y arriverez...

0 vote
par Pad (IP:xxx.xx9.189.61) le 6 décembre 2012 a 22H08
Pad (Visiteur)

Quelques rectifications : il n’y a pas de régulation du loup en Italie, qui compte entre 1000 et 1500 loups. En Espagne (2000 à 2500 loups), qui est aussi le premier producteur ovin en Europe, il y a une chasse (payante) pour un certain nombre de loups chaque année. Pour rappel, il y a en France environ 250 loups, et la colonisation en dehors des Alpes commence seulement, avec des individus isolés. La population d’ongulés a été multipliée par quatre depuis quinze ans, et cela pose des problèmes aux agriculteurs et aux forestiers, un prédateur a donc tout à fait sa place en France actuellement. La protection des troupeaux pose problème, mais l’obstacle est déjà psychologique, de nombreux éleveurs refusant de changer leur façon de travailler, mais ils n’ont pas le choix : il faut réapprendre à travailler avec le loup, comme le font les éleveurs de tous les pays voisins du sud de l’Europe, de l’Espagne à la Turquie, où le loup n’a jamis disparu : présence constante d’un berger, utilisation de chiens de protection, parc sécurisé ou bergerie pour la nuit.

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par Barbastella (IP:xxx.xx8.62.93) le 20 janvier 2013 a 20H37
Barbastella (Visiteur)

Le problème est que depuis la disparition du loup en France, les troupeaux ne sont justement plus gardés ! Les bergers d’aujourd’hui ont perdu cette tradition faute d’utilité. Il faut réhabiliter l’usage des chiens patous qui protège les troupeaux et limite les attaques de loup, comme c’est le cas en Italie. Et puis, quitte à avoir des grands prédateurs pour réguler les populations d’ongulés sauvages, je préfère le loup au chasseur...