Selon une récente étude menée par William Cheung et son équipe de
biologistes de l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver, au
Canada, les effets du réchauffement climatique dans les océans ne se
limiteraient par à un changement de température et de teneur en
oxygène : Il serait également question d’un rétrécissement important de
la taille des poissons qui y vivent. Certaines espèces pourraient perdre
jusqu’au quart de leur poids moyen actuel d’ici à 2050. Les travaux des
intéressés ont été publiés le 30 septembre dernier dans la revue
scientifique Nature Climate Change.
Sale temps pour les poissons. Déjà menacés par la surpêche, voilà que leur développement est mis à mal par le réchauffement climatique. Des biologistes de l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver, ont estimé que les poissons pourraient perdre de 14% à 24% de leur poids moyen actuel à l’horizon 2050, en raison des effets du changement climatique dans les mers. Comme l’explique Daniel Pauly, collaborateur de l’étude, « nous nous dirigeons vers une augmentation de la température de la surface des océans ainsi qu’une diminution de la teneur en oxygène de l’eau constituant les mers.
Et il se trouve que l’augmentation de la température de l’eau induit des changements dans le métabolisme des poissons, ces derniers ayant besoin de davantage d’oxygène. Comme ce dernier élément ne pourra être trouvé en quantité suffisante, les poissons verront leur taille diminuer ». Daniel Pauly, William Cheung et le reste de leur équipe universitaire ont modélisé l’impact du réchauffement sur plus de 600 espèces de poissons sur les cinq premières décennies de notre siècle actuel. Si les évolutions en terme de température restent minimes, l’effet sur les poissons serait stupéfiant.
C’est en premier lieu dans l’océan Indien que les poissons seront "réduits", leur poids corporel moyen baissant de 24% (les chiffres pour l’Atlantique et le Pacifique sont respectivement de 20% et 14%). Les chercheurs, qui ont fait publier leur étude dans la revue scientifique Nature Climate Change, s’accordent pour dire qu’il s’agit là d’« une évolution inquiétante en raison de l’apport en protéines que constitue le poisson dans l’alimentation des populations des pays en développement ».