Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
La banlieue de Paris, riche en insectes pollinisateurs
La banlieue de Paris, riche en insectes pollinisateurs
note des lecteurs
date et réactions
10 juin 2011
Auteur de l'article
Lydie B., 1 article (Etudiante)

Lydie B.

Etudiante
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
1
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

La banlieue de Paris, riche en insectes pollinisateurs

La banlieue de Paris, riche en insectes pollinisateurs

A l’approche de l’été, voici un reportage photographique sur les insectes pollinisateurs et leurs plantes réalisé sur des terres insolites et parfois méconnues de la Seine-Saint-Denis.

Comme à mon habitude, la saison estivale fut propice à un stage. Et l'été dernier j'ai changé de cible et suis passée des lézards vivipares aux insectes pollinisateurs et à leurs plantes. Et pas n'importe où mes amis : dans le 93 au beau milieu de friches urbaines.
Car vous ne vous en doutez peut-être pas, mais au beau milieu du béton, se trouvent quelques fois, bien cachés, des havres de paix pour la faune et la flore...Terrain abandonné, futur lieu de construction, jardin de théâtre désaffecté, les friches urbaines sont bien souvent insolites et complètement inattendues dans le paysage urbain.

Voici un joli coléoptère longicorne sur ce que je parie être un Cirsium arvense

La biodiversité étant devenue un sujet central, ces friches urbaines ont attiré le regard de nos écologues et systématiciens. Comment la biodiversité est-elle construite ? Quels sont les liens entre les espèces ? Quel est le niveau de richesse de ces écosystèmes cachés ?

Nous avons ici la rencontre d'un Syrphe (diptère) et d'un coléoptère
 
A l'heure où nous découvrons les services écosystémiques, services rendus gratuitement par la nature, comme la pollinisation (35% de notre alimentation dépend de plantes pollinisées par des insectes), l'épuration des eaux, la dépollution de l'air, etc. La préservation des écosystèmes devient une priorité, et notamment en milieux urbain.

Ici nous avons un coléoptère Rhagonycha fulva sur ... torilis ?

C'est pourquoi différentes équipes de chercheurs s'intéressent à identifier les espèces vivant dans ces friches et à comprendre leurs relations entre elles et avec leurs environnements. Comment s'y prend-on ? Eh bien, dans mon équipe, s'intéressant aux insectes pollinisateurs/plantes (laboratoire Bioemco), nous capturions les insectes, collectionions les fleurs, et on identifiait tout ce petit monde grâce à des clés d'identification. Une autre méthode, par une équipe du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, consistait à prendre des photos, selon un protocole bien particulier, et ensuite de les trier et identifier. Et toutes les superbes photos que je vous présente dans ce sujet sont issues de ce projet et prises par Nicolas Deguines, chercheur au muséum au laboratoire de Conservation des espèces.

Ceci n'est pas un bourdon, c'est un gros Syrphe (un diptère (mouche quoi)) !
 
L'énorme avantage de la seconde méthode est que tout le monde peut y participer. En effet, l'opération appelée Spipoll (http://www.spipoll.org/) est accessible à tous et dans toute la France métropolitaine. Passionnés de la nature et/ou photographes, il vous suffit de suivre le Tutorial et vous apporterez une aide précieuse aux scientifiques qui essaient de comprendre les relations entre les insectes et les plantes.
 
Un autre superbe Syrphe sur Matricaria perforata

Ultimement, ces informations de base, réclamant patience et minutie, permettront de mettre en place de vraies méthodes pour protéger notre environnement et identifier et profiter de tous les services que celui-ci nous apporte.
 
A savoir, vous pouvez déjà trouver du "miel de béton" dans les boutiques du 93 !!
 
Et pour clore, je vous invite à regarder cette petite sélection de photos, que je trouve vraiment très jolies et qui me rappellent de bons souvenirs de terrain !
 
 
Encore un petit Syrphe (j'en ai mis beaucoup, mais c'est parce qu'il y en a beaucoup en vrai (quelle logique !) et parce que c'est très joli)
 
Un coléoptère du doux nom de Byturide à petits yeux

Voilà ENFIN un hymnénoptère, et plus précisément une Apidae (j'étais chargée d'identifier tous les hymnénoptères capturés). Mais ce n'est pas une Apis mellifera (abeille domestique) car vous voyez que la cellule radiale de l'aile ne va pas jusqu'à l'apex...Oui j'ai fait ça pendant 1 mois.

Ca c'est un Sphegien noir, et c'est absolument magnifique en vrai. Une vraie taille de guêpe ! Et je sais que certains d'entre vous se disent "mais jamais je ne m'approche d'une bestiole comme ça !" mais sachez que sur un mois à aller embêter ces petites bêtes, je ne me suis jamais fait piquer. Enfin si...Mais par les orties, ronces, et autres plantes à piques et il y en a BEAUCOUP.

Ca c'est très joli aussi, c'est une mégachile :)

Allez, pour montrer que les étudiants, bah ça fait pas que chaumer en vacances, me voilà en plein travail :
 
Homo sapiens sapiens
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté