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Course de dromadaires en France : Gare à leur santé !
Course de dromadaires en France : Gare à leur santé !
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21 juin 2012
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Course de dromadaires en France : Gare à leur santé !

Course de dromadaires en France : Gare à leur santé !

A l’hippodrome de Glerches, à la Chartre-sur-le-Loir dans la Sarthe, les spectateurs auront la vague sensation d’être dans le désert du Sahara, le 12 août prochain. Et pour cause : Les amateurs -un million de curieux devraient être au rendez-vous- pourront y suivre la Coupe de France de courses de dromadaires. Mais attention à l’engouement aveugle pour cette nouvelle mode. La santé des dromadaires est encore en grande partie inconnue des vétérinaires. Et dans leur habitat d’origine, faute de mieux, les camélidés sont souvent pris en charge de manière traditionnelle par les éleveurs.

Les turfistes risqueront de croire à un mirage. Le 12 août prochain, à l’hippodrome des Glerches, à La Chartre-sur-le-Loir (Sarthe), dix dromadaires entreront en piste pour une chevauchée de 1 000 mètres sur herbe. Et sur la bosse de chacun des camélidés se tiendra un jockey. Les dix bêtes, deux mâles et huit femelles nés et élevés non pas dans les sables chauds du Sahara mais dans l’hexagone, ont un âge moyen de six ans. Leur vitesse de pointe devrait être de 40 km/h, bien que leurs congénères du Sahara peuvent monter à 70 km/h. Mais que font donc des dromadaires dans des champs de course traditionnellement dévolus aux chevaux ? Il ne s’agit pas d’une conséquence du réchauffement climatique (du moins pas encore), mais d’un phénomène de mode.
 
Extrêmement populaires dans les pays du golfe persique tels que le Koweït, les Emirats Arabes Unis ou l’Arabie saoudite, les camélidés prennent d’assaut les hippodromes de ce côté-ci de la Méditerranée. Le jockey-entraîneur Olivier Philipponneau, président de l’association Dromas, tient d’ailleurs un pari : « On va casser l’image nonchalante qui colle à la peau de cet animal, dont les Français ont une vision touristique. Notre objectif est de le montrer sous un angle totalement différent ». Et ce spécialiste rappelle que dompter un dromadaire se fait selon des codes : « Pour les courses de galop, sur de courtes distances, on monte sur une selle à l’arrière de l’animal. Pour le trot, en revanche, c’est à l’avant de la bosse que l’on se positionne. Comme un cheval, on le dirige avec des rênes ».

Si la tendance se confirme, les vétérinaires des hippodromes devront sérieusement se pencher sur la santé des dromadaires, quitte à susciter des vocations pour une nouvelle spécialisation. Car la prudence est de mise. Le comportement adaptatif des dromadaires entraîne des particularités dans le domaine de la pharmacologie et en particulier du métabolisme des molécules utilisées pour la lutte contre les maladies, ainsi que dans la prise en compte des signes de maladies. On en sait encore très peu, mais il paraît acquis, par exemple, que les particularités immunologiques des dromadaires révèlent d’importantes différence avec les autres mammifères. Et ce qui est valable pour les dromadaires en Afrique, l’est aussi en France à bien des égards.
 
Et sur le continent noir, un statut sanitaire acceptable est le premier facteur de pérennisation des systèmes d'élevage camelins en zone pastorale. Céline Leheurteux, une vétérinaire canadienne partie il y a quelques années dans la brousse tchadienne avec Vétérinaires sans frontières pour former des éleveurs de dromadaires, en sait quelque chose : « On ne va pas au Tchad pour former des animaux de compagnie. On s’est mis dans la peau de coopérants capables de former des éleveurs de camélidés, car cet animal est essentiel au transport et à l’alimentation des nomades du désert. Le projet visait la mise sur pied d’une équipe en mesure de transmettre les notions de base en médecine vétérinaire préventive, comme les principes d’hygiène élémentaire, le traitement des plaies, l’importance de la vermifugation, la reconnaissance des maladies, la détermination des médicaments et des méthodes d’administration ».
 
Ces derniers temps, la santé des dromadaires a été mise à rude épreuve au Niger notamment : Le cheptel camelin nigérien, au grand dam des éleveurs, a du affronter des maladies comme le multi-parasitisme des adultes (et notamment les verminoses digestives, la gale et la trypanosomose) et les diarrhées chez les chamalons. En cause ? Précisément le manque d’encadrement vétérinaire, l’absence de distribution de médicaments vétérinaires et le manque de formation. Par conséquent, et du fait du manque de soins réellement adaptés, les éleveurs se résignent souvent à adopter comme remèdes les traitements traditionnels. Car le dromadaire est en effet un animal des zones arides et semi-arides, avec tout ce que cette condition entraîne.
 
Il est ainsi adapté à une alimentation à base de fourrages pauvres, qu’il valorise mieux que les autres herbivores. Et si le dromadaire semble peu sensible à la plupart des grandes maladies infectieuses du bétail comme la peste bovine, la fièvre aphteuse ou la pasteurellose, il est en revanche plus exposé aux maladies charbonneuses, la fièvre de la Vallées du Rift, à la tuberculose ou à la brucellose. Les troupeaux de dromadaires peuvent par ailleurs être atteints par un ensemble d’autres maladies bactériennes, virales, parasitaires et nutritionnelles.
 
Quatre maladies se distinguent pour leur dangerosité, traduites par un taux de mortalité important : la trypanosomose, la gale, le parasitisme gastro-intestinal et la variole caméline. Par ailleurs, une étude a été effectuée au Maroc, en 2002 et 2003, sur 96 dromadaires du Sahara marocain afin d’évaluer la proportion de dromadaires infectés par les dermatophytes. Si 71 de ces camélidés étaient apparus sains, le grand quart restant présentait des lésions à contour régulier et recouvertes de squames abondantes. L’examen mycologique avait révélé la présence d’une espèce de dermatophyte, le Trichophyton sarkisovii.
 
Photo : Une vétérinaire, qui s’apprêtait à faire une petite pédicure à un dromadaire aux Emirats Arabes Unis, a eu une drôle de surprise. Elle s’est retrouvée à moitié engloutie par la bête qu’elle venait soigner !
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