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Bientôt des renards domestiques dans vos jardins ?
Bientôt des renards domestiques dans vos jardins ?
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1er mars 2013
Auteur de l'article
Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Bientôt des renards domestiques dans vos jardins ?

Bientôt des renards domestiques dans vos jardins ?

Après avoir consacré plusieurs dizaines d’années à tenter de domestiquer des renards, l’équipe du feu généticien russe Dimitri Konstantinovich Belyaev s’est engagée dans la vente d’une partie des animaux afin de pouvoir continuer à financer les recherches.

La domestication des chiens, comme une équipe de biologistes suédois l’a mis en lumière assez récemment, fut un processus qui s’est étalé sur des milliers d’années. Mais plutôt que de se focaliser sur la lente transformation génétique affectant des loups antiques pour les rendre chiens, le scientifique russe Dimitry Konstantinovich Belyaev (1917-1985) s’est engagé dans des recherches visant à domestiquer les renards. Propulsé à la tête de l’Institut russe de la cytologie et de la génétique en 1959, dans une Russie encore marquée par la théorie génétique de Lyssenko, Belyaev a d’emblée émis l’hypothèse que les changements anatomiques et physiologiques observés chez les animaux domestiques ont pu être le résultat d’une sélection sur la base de traits de comportements, et plus exactement de l’apprivoisement.
 
Et c’est ainsi dans une ferme de Sibérie, où 3 000 renards sont hébergés, que la longue expérience débuta. La bio-généticienne Ludmila Trut repris les travaux à la mort du scientifique. Les objectifs n’ont jamais dévié de l’ambition initiale : Les renards seraient considérés comme entièrement domestiqués seulement quand ils obéiraient aux ordres des humains, à l’image des chiens. Le renard peut-il donc être éduqué ? Le mystère demeure sur les résultats obtenus, et l’expérience a toujours cours. Mais, les finances allant de mal en pis pour cause de restriction budgétaire, Ludmilla Trut s’est résolue à vendre certains des cobayes "quasi domestiqués" issus des travaux. La vente se faisait jusqu’à une période récente dans des cercles locaux, au profit de quelques abattoirs et dans le but de récupérer la fourrure des animaux.
 
Mais les amateurs d’animaux exotiques sont désormais courtisés. SibFox Inc, une entreprise privée domiciliée à Las Vegas, aux Etats-Unis s’est d’abord lancée dans l’aventure. Le commerçant animalier a ainsi proposé « un renard apprivoisé de Sibérie, âgé de quatre mois, qui est livré chez vous en 90 jours pour 5000 dollars ». Mais l’affaire s’est vite révélée louche, et le responsable du site a navigué en eaux troubles. Kay Fedewa, une jeune artiste américaine amatrice et protectrice des animaux ­-qui a été flouée par SibFox- a ainsi repris l’affaire, en traitant directement avec la ferme des renards en Sibérie pour soutenir les chercheurs russes et sauver les renards de la mort.
 
Elle organise, pour environ la même somme proposée par SibFox, la vente des renards. Le prix inclut les vaccinations, les papiers et le transport. Pour s’adapter aux différentes législations nationales, Kay Fedewa s’est adjoint les services de Mitch Kalmanson, un spécialiste du transport d’animaux exotiques à travers le monde. Pour les amateurs dans l’hexagone, l’opération serait plutôt délicate. Comme l’indique Jean-François Courreau, responsable du Centre d’accueil de la faune sauvage de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, « Il est interdit en France de posséder ce type d’animal, sauf obtention préalable d’un certificat de capacité délivré sur dossier par les préfectures ».
 
Pour les personnes intéressées, il faut avoir à l’esprit que ces renards, même après les générations de domestication dans la ferme sibérienne, ont besoin de beaucoup de liberté : ils ne se contentent pas d’un appartement et de la promenade quotidienne. Ils creuseront certes moins de trous dans les jardins que les renards sauvages, mais ils passeront tout de même leurs griffes et leurs crocs sur le mobilier. Un enclos de plusieurs centaines de mètres carrés est d’ailleurs conseillé pour abriter ce compagnon original. Kay Fedewa, qui côtoie ces renards si particuliers, a livré quelques indices : « Ces renards ne fuient pas l’homme et ne cherchent pas à l’intimider. Ils recherchent au contraire sa compagnie. Ils se font caresser et geignent comme des chiens ». Le quotidien Le Figaro précise de son côté qu’« au niveau biochimique ces renards domestiqués ont des niveaux d’adrénaline et de mélanine inférieurs à ceux de leurs camarades en liberté. Cela pourrait expliquer en partie leur comportement et leur physique domestique ». Alors, pari gagné pour Dimitri Konstantinovich Belyaev ?
 
Photo ci-dessous : Kay Fedewa (source : thedaily.com)
 
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