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À quoi servent la couleur et les taches des coccinelles ?

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À quoi servent la couleur et les taches des coccinelles ? « À assurer leur survie, répond Jacques Brodeur, professeur au Département de sciences biologiques et chercheur à l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal. Par exemple, la couleur vive de Coccinella septempunctata, la coccinelle rouge à sept points, équivaut à un message destiné aux prédateurs. L’insecte annonce : “Attention, danger ! Je suis toxique.” »

Et c'est vrai. Cette espèce de coccinelle est bourrée d'alcaloïdes, des substances nocives. Ces alcaloïdes confèrent à la coccinelle un goût infect. Cette stratégie adaptative de défense qui se nomme aposématisme est efficace. Si un oiseau gobe l'insecte, il n'en mourra pas, mais il se souviendra de sa déconvenue gustative, qu'il aura associée à la couleur et aux taches de sa proie. Résultat ? La prochaine fois, il s'abstiendra de l'attaquer.

D'autres espèces de coccinelles ont recours au camouflage pour survivre. Comme celles-ci ne possèdent pas d'alcaloïdes, elles dupent qui voudrait s'en nourrir en revêtant des robes plutôt ternes. Leurs élytres, ailes antérieures rigides qui recouvrent les ailes postérieures souples lorsque l'insecte est au repos, sont noirs ou marron. Ce mimétisme leur permet de se dissimuler parmi les plantes et les arbustes et d'induire en erreur leurs ennemis.

Dès 1862, le naturaliste Henry Bates a décrit pour la première fois cette stratégie de survie. Darwin s'est également beaucoup intéressé au mimétisme par la forme et la couleur. « Ce phénomène passionne les biologistes depuis plusieurs siècles », souligne M. Brodeur. Ce spécialiste de la lutte biologique, une solution de rechange de plus en plus courante aux pesticides chimiques, connaît bien les coccinelles, qu'on appelle « bêtes à bon Dieu ». « La lutte biologique est un moyen efficace et viable de réduire les populations d'insectes nuisibles, dit-il. Les coccinelles qui mangent les pucerons sont des alliées naturelles. »

Il n'y a pas qu'une ou deux espèces de coccinelles. À ce jour, on en a recensé plus de 5000 et toutes arborent des parures différentes. Certaines ont sept points noirs, d'autres seulement quatre ou deux. Quelques-unes n'en possèdent même aucun. La couleur peut aussi varier : marron, noir, jaune, orangé, rouge... La coloration est due à des pigments : le rouge avec le carotène et les nuances sombres avec la mélanine, qui sert à la formation des points noirs de certaines coccinelles. Ces couleurs et motifs sont d'origine génétique et se transmettent de génération en génération. Le nombre de points sur l'insecte n'indique donc pas son âge. « Cela est un mythe, confirme le professeur Brodeur. Il sert plutôt à distinguer certaines espèces entre elles. »

 

Publication initiale : 

Dominique Nancy sur http://www.nouvelles.umontreal.ca/r...

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