Le diéthyltoluamide (DEET) contenu dans une large gamme de
répulsifs utilisés contre les insectes est soupçonné de toxicité d’un point de
vue neurologique. Pas évident lorsqu’on sait que c’est précisément cette substance qui est recommandée dans les zones atteintes par le paludisme par exemple car c’est la seule efficace.

- Les répulsifs anti-moustiques toxiques pour l’homme ?
Ce n’est pas l’efficacité du produit qui est mise en cause. Loin de là. Comme on s’y attend, l’odeur particulière dégagée par les répulsifs dont on imbibe la peau éloigne les insecte . Le succès du DEET que contient ces répulsifs se mesure d’ailleurs au nombre de personnes qui les utilisent dans le monde, de l’ordre de 200 millions ( commercialisé sous des produits tels que l’Insecte Ecran).
Le hic c’est que le DEET aurait une action bien plus vaste que la simple gène olfactive en direction des insectes. Selon une étude réalisée par Vincent Corbel, de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de Montpellier, le DEET entraînerait la mort des moustiques par son haut niveau de toxicité en raison de l’inhibition d’une enzyme essentielle au fonctionnement des neurones de l’insecte.
L’équipe de Bruno Lapied, de l’Université d’Angers, a démontré pour sa part que le DEET inhibait une enzyme clé du système nerveux central, l’acétylcholinestérase. Le Professeur Lapied, qui a obtenu ces résultats suite à des tests in vitro sur des cellules d’insectes et de mammifères, indique que « le mode d’action est identique à celui des insecticides organophosphorés et des carbamates (aujourd’hui interdits en Europe) et met en évidence les effets neurotoxiques de la substance ».
Selon lui « le DEET représente un danger à des niveaux de concentration élevés, en particulier pour les femmes enceintes et les enfants ». Des études antérieures avaient par ailleurs montré le rôle possible qu’aurait joué le DEET, combiné à un antidote contre les gaz toxiques, dans l’apparition du syndrome de la Guerre du Golfe, induisant maux de tête et cancer du cerveau parmi les vétérans.
Alors que des études complémentaires sont en cours afin de cerner plus en détail la toxicité du DEET, il est recommandé aux personnes les plus vulnérables, femmes enceintes et enfants en premier lieu, de recourir à un moustiquaire ou à la citronnelle.