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Vivre après le Suicide
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22 novembre 2011 | 2 commentaires
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Elsa Prohom, 2 articles (Psychothérapeute)

Elsa Prohom

Psychothérapeute
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Vivre après le Suicide

Vivre après le Suicide

Le Suicide, ses causes & ses conséquences sur l’entourage / II.

Dans un article précédent, après avoir établi quelques données statistiques, nous avons vu quels pouvaient être les mécanismes du suicide.

Nous allons maintenant étudier quelles sont les conséquences probables sur l'entourage.

En quelque sorte, les proches sont des "survivants", des "rescapés" du traumatisme individuel (j'ai perdu un intime) et collectif (j'ai perdu un membre de ma famille) que constitue le suicide.

De par son caractère irréparable et irréversible, non "évolutif", cet acte déclenche en retour les réactions émotionnelles les + violentes et les + stables dans le temps qui soient.

On pourrait dire que les émotions engendrées chez l'entourage sont le reflet symétrique de celles qui ont provoqué la pulsion suicidaire chez le défunt, un peu comme si les émotions qui ont amené la personne à abréger ses jours lui survivaient et créaient une empreinte aussi durable que profonde sur ses proches.

En quelque sorte, le suicidé laisse en héritage psycho-spirituel les émotions qui l'ont mené à la mort ;

l'onde de choc du drame, le halo de négativité émotionnelle qui a accompagné l'acte suicidaire est absorbé et pris en charge par les intimes, en fonction de la sensibilité et des particularités psychiques de chacun.

 

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Les émotions toxiques à l'oeuvre que l'on peut identifier sont les suivantes :

  •  le déni, qui peut être complet ; la personne fait la "politique de l'autruche", refuse radicalement d'aborder le sujet, modifie les circonstances de la mort pour les rendre plus supportables, "politiquement correctes", voire invente des causes accidentelles de décès, créant ainsi un lourd secret familial qui ne sera pas sans conséquence sur les descendants auxquels on vole leur propre histoire ;

or, le devoir de mémoire existe tant au niveau des individus que des sociétés (commémoration, reconnaissance historique, etc).

Ou bien le déni est partiel : la personne banalise ("çà arrive dans toutes les familles"), relativise ("de toute façon, il/elle était trop fragile") ou minimise ("c'est une maladie mentale, y avait rien à faire") la portée symbolique de la disparition.

Grosso modo, cela donne : "on ne va pas en faire un fromage, tout le monde peut se tromper, il/elle a eu un moment d'absence."

  • le sentiment d'impuissance & d'inutilité ("malgré mon amour, je n'ai pas pu l'aider", "la mort est plus forte que l'amour"), voire d'absurdité ("l'amour ne sert donc à rien").
  • le sentiment secondaire, dans le sens où il découle du précédent, de culpabilité (je n'ai pas su l'aider, je n'ai pas été à la hauteur, je ne l'ai pas aimé(e) assez fort pour le/la retenir).
  • le sentiment d'abandon & de trahison  : "comment a-t-il (elle) pu me faire çà, à moi qui l'aimais tant, qui l'ai tant soutenu ?"
  • le sentiment résultant de colère, voire de rage, ou encore de désespoir, ou les 2 réunis, en alternance ...

 

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Evidemment, ces diverses émotions seront d'autant + marquées & durables qu'on aura entretenu des liens étroits avec le défunt ; à ce titre, elles sont susceptibles d'impacter & d'handicaper autant les relations intimes présentes que futures, en engendrant une angoisse existentielle chronique.

Comme tout vécu traumatique, le suicide d'un proche suscite le risque d'une compulsion à fuir l'intimité, soit en refusant de facto tout engagement durable,

soit en s'engageant, certes, dans une relation concrète, mais de manière superficielle ou incomplète, via différents modes de mise à distance de l'autre et d'évitement relationnel (manque de communication, agressivité, adultère, absence de libido, accaparement par une passion pour une activité quelconque, surinvestissement professionnel, etc).

Les séquelles de ce drame peuvent aussi consister, a contrario, en une forte dépendance affective, une attitude fusionnelle, une difficulté à s'affirmer et à se différencier de l'autre, une inquiétude permanente et démesurée pour ses proches, l'oblation (le sacrifice de soi) ...

Souvent, il y aura une tendance, par loyauté affective inconsciente, à rester hanté par le cher disparu, en imitant à notre insu ses traits de caractère et comportements les plus frappants, et donc notamment, malheureusement, ceux qui l'ont mené à sa perte ;

c'est une manière aussi trouble que symbolique de faire revivre l'autre à travers nous et de partager a posteriori sa souffrance, comme une forme d'hommage et de pénitence réunis - ce qui peut conduire ultimement à une dissociation identitaire.
 

Elsa Prohom - " Etre humain, c'est choisir." www.salvaterre.com
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Commentaires
2 votes
par tousensemble (IP:xxx.xx1.145.154) le 22 novembre 2011 a 10H43
tousensemble (Visiteur)

Chaque fois qu’une mère de famille seule élevant ses gosses....en a ras mais alors ras le bol "suicide ses enfants et se suicide après" une EPIDEMIE CETTE ANNEE

JE PENSE QUE NOTRE PRESIDENT DEVRAIT FAIRE QUAND IL SERA JUGE POUR LES 70 AFFAIRES...GROSSES COMME KARACHI (11 morts) ET MEDIATOR (2000 MORTS) DEVAIT PRENDRE 6 MOIS DE BAGNE POUR CHAQUE SUICIDE comme apparu sous-ministre incompétent du logement...le maire du village ou de l’arrondissement ...6 MOIS AUSSI.

CAR NOUS PARENTS...NOUS NE VIVONS QUE....LA PEUR AU VENTRE EN ATTENDANT.LA RECHUTE...notre système de santé fout le camps et notre service social est agonisant. POUR NE PAS DIRE DEPRIMANT...LES ASSISTANCES SOCIALES SONT LA POUR FAIRE PEUR...AVORTEZ !!!! disent elles en coeur aux jeunes FEMMES enceintes. CE MONDE EST DEGOUTANT ................

1 vote
par sabine (IP:xxx.xx0.19.28) le 22 novembre 2011 a 22H36
sabine (Visiteur)

Merci pour cette article qui explique bien le pourquoi de mon mal etre. J ai perdus 4 personnes en moins de deux ans . Dont deux ce sont suicidé. 54, 39, 47 et 64 ans. Ce ne sont pas des ages pour partir. Et mon mari a voulu divorcer. Je me suis senti abandonnée de tous ! Malgré que je ne veux pas etre medicamenté, antidepresseur, je pense qu il ne faut plus qu un malheur m arrive car je ne supporterai plus. Jamais durant plus de quarante ans je n aurais pensé qu une douleur si forte pouvait exister. Doit on prevenir les jeunes ke la vie n es pas rose ? ou faire comme moi, vivre en pensant ke la vie est magnifique jusqu au jour ou... Encore merci pour votre article. Sabine.