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Viols : ce que la recherche nous révèle...
Viols : ce que la recherche nous révèle...
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4 novembre 2011 | 3 commentaires
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Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien certifié, 144 articles (Psychopraticien certifié)

Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien certifié

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Viols : ce que la recherche nous révèle...

Viols : ce que la recherche nous révèle...

Phénomène et crime particulièrement ancien sous ses diverses formes, le viol est longtemps demeuré un objet peu étudié par les sciences humaines et sociales.
Si la socio-criminologie anglo-saxonne a commencé à s’y intéresser dès les années 1950 et a produit depuis plus de vingt ans des ouvrages de synthèse couvrant l’ensemble du sujet, en France il faut attendre les années 1990 pour que des connaissances empiriques systématisées soient produites régulièrement sur le sujet par des psychologues ou des psychiatres et par des historiens.
Malgré des études pionnières, les études sociologiques sont plus récentes encore.

 

Dénonciation et criminalisation croissantes du viol

Cette production de connaissances est la traduction d’un long processus de modification des sensibilités qui a fait éclore une volonté nouvelle de dévoilement des violences sexuelles.
Depuis la Révolution française jusqu’aux luttes féministes des années 1970, la banalisation du viol a été dénoncée afin d’encourager la judiciarisation de ces faits longtemps laissés à la seule régulation des mœurs et aux arrangements entre les parties ou leurs familles.
La première enquête de victimation en France (l’enquête ENVEFF en 2000), portant spécifiquement sur les violences faites aux femmes, rapporte que 2,7 % des femmes interrogées ont été victimes d’un rapport sexuel forcé au cours de leur vie. Dans l’enquête de l’INED, réalisée six ans plus tard auprès d’un échantillon mixte, ce sont 6,8 % des femmes et 1,5 % des hommes qui déclarent avoir subi au moins un viol au cours de leur vie.
Pour les chercheurs, l’ampleur de cette augmentation ne signifie pas un accroissement des viols mais une plus grande propension des victimes (ou de leurs proches) à déclarer les faits.
 
Du côté des statistiques administratives, l’on relève une multiplication par cinq des faits de viol (ou tentative de viol) constatés par les services de police ou de gendarmerie en l’espace de 40 ans : dans les années 1970, autour de 1 500 viols par an sont enregistrés alors que l’on atteint aujourd’hui la barre des 10 000.
Enfin, les statistiques judiciaires montrent une nette augmentation du nombre de personnes condamnées pour viol entre les années 1980 et aujourd’hui, ainsi qu’une sévérité accrue de la justice : de 1984 à 2008, la part des peines de 10 à 20 ans de prison pour les auteurs de viols a crû de 16 à 40 %. De fait, accompagnant l’évolution des sensibilités, le législateur a durci la réponse pénale jugée insuffisante ou inadaptée.
De nouvelles lois de prescription, un régime procédural inédit et de nouvelles peines font aujourd’hui du viol le crime le plus sévèrement réprimé dans la plupart des pays occidentaux.
 
 

Progrès de la connaissance scientifique des viols

Depuis la loi du 23 décembre 1980, le viol est défini par la loi française comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ».
Mais la loi ne s’occupant que du général, cette définition ne dit rien des réalités sociales et psychosociales qui se donnent à voir derrière la catégorie juridique du viol : les modalités et les contextes de l’agression, les parcours et les situations des auteurs et des victimes et leurs relations.
Derrière l’unité de la catégorie juridique, il existe en réalité plusieurs types et plusieurs formes de viols que l’on peut notamment classer en fonction des liens ou des relations entre les protagonistes.
Ce faisant, il apparaît que le viol – à l’instar de l’homicide – est avant tout un crime de proximité.
 
Les deux tiers ou les trois quarts des viols, suivant les enquêtes, se déroulent dans des cercles d’inter-connaissance affective ou relationnelle. Ce que nous proposons d’appeler les viols familiaux élargis (viols commis par des pères, des beaux-pères, d’autres ascendants, des collatéraux, des conjoints ou des « amis de la famille ») viennent largement en tête, suivis par des viols commis par des copains ou des amis des victimes, par des voisins ou bien encore, à une échelle de plus basse intensité relationnelle, par des relations ou des connaissances, du voisinage ou professionnelles.
A contrario, l’auteur est inconnu de la victime dans un nombre réduit d’affaires, avec toutefois une assez grande variation suivant les territoires – les viols par inconnus étant en proportion plus importants dans les grandes villes ou dans les zones urbaines.
Également très faible est la proportion de viols collectifs, phénomène fort ancien et qui demeurent relativement rare en dépit de sa récente médiatisation en France.

Frédéric Duval-Levesque, thérapeute en psychothérapie. Mon blog: PSYCHOTHERAPIE – COACHING – FORMATION (à Toulouse)

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Commentaires
0 vote
par Lousk (IP:xxx.xx5.144.4) le 4 novembre 2011 a 19H02
Lousk, 3 articles (Étudiant en psychologie)

Quel est le rapport au psychologique ? Le ressenti n’est pas abordé, le point de vue évolutionniste est oublié... il ne s’agit là que de statistiques juridiques et soc.

0 vote
par pierre_jc (IP:xxx.xx1.73.18) le 7 novembre 2011 a 14H26
pierre_jc (Visiteur)

Le coït est un geste d’agression qui est - plus ou moins - consenti. Heureusement... Ce consentement est encadré par un réseau de coutumes, de tabous et de rationalisations sociales, mais on a toujours une casuistique et on en parle. Heureusement...

Pierre JC Allard

http://nouvelle societe.wordpress.com

0 vote
par Traroth (IP:xxx.xx6.112.208) le 7 novembre 2011 a 15H14
Traroth (Visiteur)

"Le coït est un geste d’agression" : Vous voulez dire que l’un des deux partenaires est toujours un agresseur et l’autre toujours une victime ? C’est pratiquement une négation du consentement, ce que vous dites !

Je vous assure qu’il y a des cas, j’espère l’écrasante majorité, où les partenaires sont tout à fait consentants et où le coït, pour reprendre votre terme médical, est un acte d’amour !