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Tueur d’Oslo : Après la folie meurtrière, quel verdict psychiatrique ?
Tueur d'Oslo : Après la folie meurtrière, quel verdict psychiatrique ?
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25 juillet 2011 | 4 commentaires
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

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Tueur d’Oslo : Après la folie meurtrière, quel verdict psychiatrique ?

Tueur d'Oslo : Après la folie meurtrière, quel verdict psychiatrique ?

La Norvège, ce royaume scandinave d’ordinaire si paisible, a subi un traumatisme le 22 juillet dernier. Ce jour là, en début d’après-midi, Oslo a été le théâtre d’un attentat à la bombe, et une île voisine, Utøya, a du essuyer une fusillade sanglante. Inculpé pour ce double carnage qui a fait 76 morts et une centaine de blessés, Anders Behring Breivik, un norvégien de 32 ans, « venu de la ville, poli et solitaire » comme le précise le Nouvel Observateur, a reconnu les faits. Les interrogations sur la santé mentale de l’intéressé se font de plus en plus pressantes.

Avant d’avoir tué ses victimes de sang froid, Anders Berhing Breivik aurait pris des stéroïdes anabolisants, ces produits dopants de synthèse destinés à augmenter la masse musculaire, la force, l’endurance et la récupération. Le Docteur Harrison Graham Pope Jr., un professeur en psychiatrie à l’Ecole Médicale de Harvard, aux Etats-Unis, s’est penché sur les événements. L’expert a déclaré au quotidien norvégien Verdens Gang que « Breivik les a aussi consommé dans le but d’accroître son agressivité et de se sentir invincible ». Aucun expert ne va cependant jusqu’à affirmer que les stéroïdes anabolisants seraient la cause des attaques.

Que se tramait-il donc dans la tête du tueur ? Bien au sud du fjord d’Oslo, la question a taraudé un psychologue danois, Henrik Day Poulsen, qui avance d’emblée deux possibilités : « Soit cet homme est totalement dérangé, soit il est sain d’esprit et obéit à une idéologie fanatique ». Du côté des extrêmes droites européennes, en tout cas, les distances sont prises : Du Parti du Progrès norvégien au Front national de Marine Le Pen en passant par le Parti pour la Liberté néerlandais de Geert Wilders, tous décrivent Breivik comme un « malade » ou un « psychopathe ».

En Suède, la volonté de comprendre est tout aussi poussée qu’à Oslo. Et pour cause, chez le voisin scandinave Anders Behring Breivik y est comparé au tueur de Malmö, Peter Mangs. L’Expressen imprime ainsi qu’« il sera tentant d’attribuer à Breivik un diagnostic psychiatrique. Dans nos sociétés médicalisées, on le présentera comme un esprit malade au milieu de semblables sains, et non pas comme un symptôme des problèmes engendrés par la société ». En Norvège, où la population est encore sous le choc, les spéculations vont bon train. Pour Jan Oskar Engene, expert des crimes en série à l’Université de Bergen, le cas présent relève du domaine de la psychologie.

Mais alors, Breivik est-il fou ? Randi Rosenqvist, spécialiste en psychiatrie et membre de la commission médicale auprès du tribunal à Oslo, est sceptique. L’experte a précisé aux journalistes de NRK que rien ne permet d’affirmer à ce stade que le tueur, qui devra faire sous peu l’objet d’expertises psychiatriques, souffre d’un problème d’ordre mental. Selon elle, en effet, « les gestes de l’auteur ont été froidement calculés, ce qui suppose à priori qu’il n’est pas sujet aux troubles psychotiques ». Joint par le quotidien Aftenposten, Dag Furiholmen, psychiatre et père d’une des personnes rescapées ayant réussi à quitter Utøya à la nage, tient cependant à tempérer ce jugement : « Breivik doit être un homme à la personnalité au moins perturbée. A mon avis, son isolement social et son incapacité à nouer des liens affectifs et sociaux ont renforcé chez lui la conviction d’être un génie incompris ».

Cette opinion est partagée en Belgique où Samuel Leistedt, psychiatre judiciaire à l’hôpital Erasme évoque pour RTL « une personne isolée qui nourrit pour une raison ou une autre une espèce de rancœur à l’égard de la société ». Au Royaume-Uni cependant, pour le maire et chroniqueur de Londres Boris Johnson, « Breivik , en plus d’être clairement fou, est également narcissique et égotique ». En France, enfin, le Docteur Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue, estime sur RMC qu’il est question ici d’ « un "héros négatif", narcissique, qui a commis un acte mégalomaniaque pour frapper les esprits ».

Face aux multiples hypothèses, il faudra attendre la conclusion des médecins norvégiens qui vont examiner Anders Berhing Breivik dans les jours qui viennent. Pour Daniel Zagury, expert psychiatre près la cour d'appel de Paris, les résultats ne devraient faire guère de doute : « Sur le plan psychiatrique, la probabilité pour qu’on ait affaire à une maladie mentale est quasiment nulle. Sur le plan médico-légal, elle est encore plus nulle dans la mesure où l’acte à été prémédité, et préparé de longue date ».
 

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Commentaires
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par FERRISI (IP:xxx.xx8.25.188) le 30 juillet 2011 a 12H56
FERRISI (Visiteur)

Je suis entièrement d’accord avec les conclusions du Docteur Daniel Zagury : le mode opératoire est celui d’un esprit calculateur, froid pas d’affects isolé et la préméditation de l’acte d’une manière qui défie le crime parfait ne font aucun doute à mon entendement. Pas de maladie mentale, pas d’acte médico-légal car pas d’hallucinations auditives qui lui ont dicté l’agissement pour les deux cas. Une personnalité adaptée à sa hiérarchie de valeurs, à ses croyances, un complexe d’infériorité qu’il refoule grace à un narcissisme exacerbé c’est une hypothèse..

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par Mirabo (IP:xxx.xx6.66.121) le 19 août 2011 a 20H05
Mirabo (Visiteur)

Plutôt que de simplement évoquer la "maladie mentale" ou la "folie", est-ce que les textes de procédure pénale ne parleraient pas plutôt d’être ou non "conscient de ses actes" ? Car à ce compte, n’importe quel assassin a quelque part une personnalité un tant soit peu malade, ce qui devrait suffire à tous les disculper...

Le code français parle d’ailleurs précisément "d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes" (si le discernement ou le contrôle n’est qu’altéré, la culpabilité demeure, mais le tribunal est appelé à en tenir compte).

En ce sens, toute cette discussion n’a pas vraiment lieu d’être (sauf de jouer à se faire peur), car le trouble psychique de Breivik n’a de toute évidence pas aboli son discernement.

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par Michel (IP:xxx.xx8.3.228) le 4 septembre 2011 a 16H37
Michel (Visiteur)

Eh oui : le code français parle bien "d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes". En revanche, il est épouvantablement muet au sujet des facultés propres de discernement de ceux qui, officiellement, sont chargés de prendre la température de "l’abolition du discernement" d’autrui. De la part de ces derniers, belle performance au passage... surtout quand on sait qu’ils prennent cette "température" APRÈS un délit : donc, une fois que l’acte lui-même est consommé et que son auteur est alors vraisemblablement dans un tout autre état d’esprit.

Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si on vous demandait de surveiller la cuisson de votre casserole de lait... attendu, évidemment, que celui-ci a débordé depuis longtemps. Sûr que pendant que l’on perd du temps à causer "d’abolition du discernement", la plaque chauffante, elle, reste fortement altérée de lait cramé...

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par un etre humain (IP:xxx.xx2.71.32) le 5 mars 2013 a 18H32
un etre humain (Visiteur)

ce qui me désole profondément, c’est cette non égalité entre les gens : je m’explique, quand un musulman ou un arabe commit un crime il est tout de suite jugé capable de ses actes, et souvent tué pendant l’arrestation, mais quand c’est un occidental qui commit un crime on cherche avec tout les moyens à le disculper. Moi je réclame tolérance zéro avec tout le monde, il faut que ce genre de personne comprenne que la vie humaine est sacrée.