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Troubles de l’érection et idées reçues
Troubles de l'érection et idées reçues
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18 mars 2011
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

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Troubles de l’érection et idées reçues

Troubles de l'érection et idées reçues

Malgré l’existence de traitements efficaces, les hommes (et leurs partenaires) ont encore du mal à parler des troubles de l’érection, ce qui favorise les idées fausses et les rumeurs. Petites mises au point.

Les traitements par voie orale sont efficaces sur les « pannes » sexuelles. Mais votre médecin est seul apte à voir s’ils vous conviennent et à les prescrire. Surtout pas d’achats sur Internet, la majorité des produits sont contrefaits et dangereux.

Psychologique ?

Pas toujours. L’anxiété de la performance sexuelle, très fréquente en particulier quand on a une personnalité qui s’y prête, peut certes provoquer des pannes et entretenir le cercle vicieux de l’échec. Les soucis et les événements de la vie négatifs, chômage, décès, infertilité…, ou positifs, promotion, nouvelle rencontre, naissance… retentissent aussi sur la fonction érectile. De même que la dépression et les problèmes de couple. Mais la cause est parfois ailleurs : comportement sexuel de la partenaire : manque de motivation, problèmes gynécologiques, anomalie morphologique, même minime, maladie ou traitement en cours.
Même si l’origine du trouble érectile est d’ordre psychologique, il ne faut pas se résigner. En cas de dépression par exemple, l’association d’un médicament facilitateur de l’érection à un antidépresseur peut être la solution. Mieux vaut donc consulter un médecin, qui fera le point et décidera de la marche à suivre.

L’âge en question

Autre erreur : « avec l’âge, il est normal d’avoir des pannes ». Passé 60 ans, il y a bien sûr des petits changements : les érections involontaires qui surviennent en dehors de toute stimulation sexuelle, pendant le sommeil ou au réveil, sont moins fréquentes ; l’érection met un peu plus de temps à se produire ; le temps nécessaire entre deux érections est plus long ; et la rigidité est en général de moins bonne qualité qu’à 20 ans. Avec les années, le taux d’hormones mâles dans le sang a aussi tendance à baisser, ce qui ralentit la montée du désir, mais ce ne sont pas des troubles de l’érection à proprement parler. Il faut chercher ailleurs et, pour cela, en parler à son médecin. Le Pr Pierre Costa conseille ainsi aux hommes « d’insister, car certains médecins préfèrent encore ne pas aborder le problème eux-mêmes. Et aux femmes d’inciter leur compagnon à consulter parce qu’il est le plus souvent malheureux de cette situation qui retentit non seulement sur sa sexualité et sur ses relations avec sa partenaire, mais aussi sur l’estime de soi. »

Une véritable enquête

L’idée selon laquelle troubles de l’érection signifient impuissance est encore répandue et nuit à leur prise en charge. La véritable impuissance, absence totale d’érection, est assez rare. Si l’homme conserve des érections spontanées, nocturnes ou matinales, il ne s’agit pas d’impuissance, mais de dysfonctionnement érectile. Lequel, à partir de 50-55 ans, peut avoir plusieurs causes, psychiques bien sûr, mais surtout organiques. D’où l’enquête menée par le médecin, souvent jugée exagérée par le patient.

  • Un examen urogénital, avec toucher rectal, tout d’abord, en vérifiant l’absence de problème dans la zone abdomino-pelvienne (opération, irradiation, traumatisme).
  • Des questions ensuite pour cerner les facteurs de risque : poids, tabac, manque d’exercice physique, hypertension, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, excès de cholestérol, troubles mictionnels, pathologie chronique, hépatique ou rénale notamment, troubles du sommeil récurrents, etc.
  • Et un bilan biologique : glycémie, profil lipidique, ionogramme, créatinémie essentiellement et parfois dosage de la testostérone.

Si le médecin relève au moins trois facteurs de risque cardiovasculaire, il orientera son patient vers un cardiologue pour avoir son avis sur le bien-fondé d’un traitement par un inhibiteur de la PDE5 (phosphodiestérase de type 5).

Premier signe d’une maladie ?

« Dans 30 % des cas, les hommes souffrant de troubles de l’érection ne savent pas que ces troubles peuvent être le premier signe d’une maladie sous-jacente. », rappelle le Pr Costa. « C’est vrai aussi bien pour le diabète, un syndrome d’apnées du sommeil ou une atteinte cardiaque que pour une maladie neurologique, Parkinson, sclérose en plaques… et les troubles de la prostate. Un dysfonctionnement érectile est souvent le signal annonciateur ou révélateur d’une maladie silencieuse qu’il importe de traiter. » Le risque de coronaropathie et d’accidents vasculaires cérébraux est ainsi multiplié par trois. Une bonne raison de parler sans tarder de ses « pannes » à son médecin.

Inhibiteurs de la PDE5

Depuis l’arrivée de la fameuse « pilule bleue » (sildénafil) et de deux autres molécules de la famille des IPDE5 (tadalafil et vardénafil), on sait qu’il est possible, dans la plupart des cas, de pallier ces insuffisances et de casser l’engrenage de l’échec. Encore faut-il que les molécules soient les bonnes… Attention aux faux médicaments vendus sur Internet sous le même nom commercial. Au mieux ils sont inefficaces, au pire ils contiennent des produits toxiques, arsenic, peinture au plomb, acide borique…, responsables de problèmes de santé sérieux, parfois mortels. Seuls les IPDE5 délivrés en pharmacie sont vraiment garantis.


L’avis de l’expert : Pr Pierre Costa, chef du service d’urologie au CHU de Nîmes.

N’arrêtez pas vous-mêmes vos autres traitements !

« De nombreux patients arrêtent de prendre leur traitement pour l’hypertension, le diabète, la dépression… sans en parler à leur médecin parce qu’ils savent et/ou constatent que certains de ces médicaments peuvent provoquer des troubles de l’érection, comme certains bêtabloquants, diurétiques, antidépresseurs, antipsychotiques et neuroleptiques. Mais attention, ces traitements ont été prescrits, il ne faut surtout pas prendre l’initiative de les interrompre. Le médecin doit tout d’abord vérifier le rapport chronologique entre la mise en route du traitement et le début des troubles sexuels avant de proposer, si nécessaire, un changement de molécule d’efficacité équivalente. Dans d’autres cas, il suffit d’associer un IPDE5. »


Campagne d'information  : Alerte, faux Viagra sur le net !

Alarmée par l’explosion des ventes de médicaments contrefaits sur le net, en tête le Viagra et les autres médicaments prescrits dans les troubles de l’érection, l’Association interhospitalo-universitaire de sexologie (AIHUS) a recommandé récemment aux médecins généralistes de sensibiliser leurs patients aux dangers de ces achats sans garantie aucune. Les Français doivent savoir que la très grande majorité des médicaments vendus sur des sites Internet sont des faux.

Pour lutter contre ce fléau, économique mais aussi de santé publique, le laboratoire Pfizer a mis en place des dispositifs anti-copie, mais les trafiquants sont astucieux : les faux médicaments sont très souvent plus beaux que les vrais et les emballages très ressemblants. D’où sa campagne de sensibilisation lancée fin janvier sur Internet. Des bannières relaieront des messages de prévention et renverront l’internaute sur la page du site.

Numéro Mars 2011

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Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés
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