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Trop de malades mentaux dans les prisons
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19 janvier 2010
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Trop de malades mentaux dans les prisons

Trop de malades mentaux dans les prisons

En Australie près de 80% des personnes incarcérées sont des déficients mentaux. Des avocats et des professionnels de santé estiment que les malades délinquants sont trop nombreux à être derrière les barreaux.

Des magistrats oeuvrant dans plusieurs régions de l’Australie reconnaissent qu’ils se résignent à envoyer des malades mentaux auteurs de délit en prison du fait d’un manque de services de soins adaptés. L’ensemble des intéressés conviennent cependant que le traitement et l’évaluation dans un établissement spécialisé serait la meilleure option. Jeff Hogg revient volontiers sur l’absurdité de la situation. Magistrat dans la ville de Griffith, dans le sud-est du pays, il vient de quitter ses fonctions. L’ancien magistrat déclare ainsi au quotidien local Area News que l’envoi des certains déficients mentaux en prison a constitué la plus grande frustration de ses cinq ans d’exercice dans les tribunaux. Aux dires de Jeff Hogg, il est urgent de réorienter certains détenus des prisons vers des centres de santé et de rééducation où ces malades pourraient être soumis à une évaluation de leur état.

Cet avis est partagé par David Crosbie, le directeur général du Conseil de la santé mentale en Australie : « Trop souvent, lorsqu’il s’agit de prendre une décision jugée la plus saine pour la personne concernée et pour la collectivité en général, les magistrats sont démunis. Le délinquant malade est alors placé en détention sans autre option possible ». Pour David Davidge, avocat pénaliste à Griffith depuis 15 ans, le manque de services psychiatriques est la principale raison des dysfonctionnements judiciaires rencontrés : « Un plus grand accès à des services intensifs de soins pour malades mentaux permettrait de détourner un grand nombre d’accusés de la délinquance à un stade rapide. Si des installations adaptées existaient, une évaluation serait possible dès la garde à vue ».

Pour David Crosbie, la prison est le dernier endroit où devrait être envoyé un déficient mental : « Nous avons souvent à faire à des situations dans lesquelles des personnes qui n’ont pas (encore) été reconnues coupables croupissent en prison dans l’attente d’une évaluation de leur santé mentale. Il ne peut rien arriver de pire à une personne souffrant de problèmes mentaux car dans la plupart des cas l’incarcération aggrave la maladie mentale et empire la condition des intéressés, isolés et mis sous pression ». Le professeur Ian Hickie, de l’Université de Sydney’s Brain and Mind Research Institute, rappelle à cet effet qu’il y a plus de dix ans les tribunaux campaient devant le même problème face aux personnes en prise avec l’alcool ou les drogues. Selon ce dernier, le gouvernement fédéral avait par conséquent lancé des programmes de déjudiciarisation afin que certains malades puissent bénéficier d’un traitement adapté. « Malheureusement, le comportement vis-à-vis des malades mentaux, lui, n’a pas changé. Les autorités devraient évoluer sur ce point ».

Source : Psyplexus, ABC News, Area News


 

La rédaction CareVox
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