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Sexualité et post-partum
Sexualité et post-partum
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7 août 2012
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Richard Dansereau, 3 articles (Sexologue clinicien)

Richard Dansereau

Sexologue clinicien
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Sexualité et post-partum

Sexualité et post-partum

Bébé est arrivé et maintenant voilà que vous n’êtes plus un couple seul, mais bien une famille. Il est clair que ce petit être viendra bouleverser bien des choses… notamment votre vie sexuelle. Toute une adaptation à prévoir !

La naissance d’un premier enfant peut causer des difficultés psychologiques pour les nouveaux parents et occasionner par le fait même une baisse significative du désir et de la satisfaction sexuelle. Plusieurs changements (psychologiques, sexuels, physiologiques ou financiers) exigeront en effet un niveau de communication important entre les partenaires.

Parmi ces changements, il n’est pas rare de constater également une diminution du désir sexuel après l’accouchement, hautement attribuable à l’allaitement maternel. Donner le sein provoque en effet une baisse d’hormones comme les œstrogènes et la testostérone tout en augmentant le taux de prolactine. Jumelés ensemble, ces éléments provoquent une baisse de la lubrification vaginale et de l’intérêt sexuel en général.

C’est environ un mois après l’accouchement que l’on remarque une baisse dans la fréquence des rapports sexuels et une insatisfaction plus marquée ce, sur plusieurs plans. Ce qui a pour résultat d’affecter la sexualité du couple en question.

Allaitement et baisse de désir

Ce sont principalement les mères qui ressentent moins de désir et de pulsions sexuelles. Ceci s’explique par le fait que c’est une période d’inquiétude pour la femme vis-à-vis ses nouvelles responsabilités maternelles et les tracas qui en découlent.

En période d’allaitement on constate une baisse de désir due à la fatigue et en et à l’augmentation de la prolactine, responsable de la lactation, cause une baisse des œstrogènes et de la testostérone. Ce qui explique aussi la baisse de l’intérêt sexuel et la sécheresse vaginale qui cause des douleurs au moment de la pénétration. Quant au niveau du désir, on note une baisse du côté de la femme mais aucun changement chez l’homme qui lui, reste stable en termes de désir sexuel. La diminution du désir ainsi observé chez la femme est attribuable, entre autre, à une baisse du niveau des œstrogènes et de la testostérone. Baisse due en partie à l’augmentation de la prolactine responsable de la lactation. Cette baisse dure environ de quatre à six semaines après l’accouchement, mais elle est prolongée dans le cas où la mère allaiterait.

L’allaitement joue un rôle prépondérant dans la modification hormonale qui se traduit en une hausse marquée de prolactine, hormone responsable du phénomène de la lactation. Cette transformation hormonale cause principalement une sécheresse vaginale, donc des douleurs à la pénétration, ce qui ne facilite en rien le retour aux activités sexuelles dans le couple. Aussi, due à l’allaitement, des douleurs aux seins sont parfois observées en raison des micros lésions au niveau des mamelons dus à la succion lors des tétées. Par conséquent, les caresses du partenaire dans cette région sont moins bien accueillies qu’auparavant Quant aux modifications physiologiques que peuvent subir certaines femmes suite à un accouchement, les changements ne se situent pas uniquement au niveau de la silhouette, mais aussi des transformations au niveau cardio-vasculaire, respiratoire, rénal, métabolique, musculo-squelettique, cutané, hormonale ainsi qu’au niveau des organes génitaux il est possible que certaines femmes aient une vision plus négative d’elles-mêmes et de leur corps, ce qui entraîne sans contredit une baisse du désir ainsi que de la satisfaction sexuelle.

Finalement, au niveau psychologique, certaines craintes ont été observées dans les mois qui suivent la naissance. Entre autre, la crainte de ne pas être à la hauteur, de ne pas être une bonne mère. Tout le stress que cela implique fait que la femme se remet en question à propos de ses capacités. La crainte d’être fécondée à nouveau dans un trop court laps de temps crée aussi un stress considérable chez la femme qui ne discutera pas spontanément de cet aspect avec son conjoint de peur de transmettre cette crainte à ce dernier. La période de post-partum est pleine de vulnérabilité, surtout pour la nouvelle maman. Par le fait même, celle-ci est moins disposée aux relations sexuelles pour une certaine période. , chaque couple aura un retour à une vie sexuelle d’avant grossesse d’une durée variable.

Physiquement, les relations sexuelles peuvent être reprises trois ou quatre semaines après l’accouchement, elles surviennent en moyenne sept semaines après. C’est un mois après l’accouchement que la baisse dans la fréquence des relations sexuelles et la satisfaction par rapport à celles-ci est la plus marquée. L’adaptation parentale est un défi. En moyenne, il faut 3 à 10 mois après l’accouchement pour s’adapter aux nouvelles et multiples exigences sur beaucoup d’aspects de la vie. Une discussion sur les changements prévus dans la sexualité doit être introduite systématiquement dans les consultations prénatales. Il faut informer les couples que leur satisfaction sexuelle peut décliner après l’accouchement, mais qu’ils peuvent s’attendre à une récupération graduelle au cours de l’année qui suivra.

Il est bon de suggérer d’utiliser un lubrifiant pour compenser la diminution de la lubrification vaginale. De 50% à 80% des nouvelles mères connaissent les « bleus » du post-partum qui sont caractérisés par une plus grande fragilité émotive. Au niveau de la sexualité du couple en post-partum, la tendresse et l’affection qu’ils se témoignaient sont canalisées vers le nouveau-né. Cette attention que porte la mère peut entraîner la jalousie de son conjoint. La naissance de l’enfant perturberait aussi la vie sexuelle des couples et l’impact serait plus grand pour les femmes que pour les hommes. Au niveau du vécu sexuel, le désir sexuel diminue de même que la fréquence des relations sexuelles. En général, les couples reprennent les activités sexuelles entre la quatrième et la sixième semaine après l’accouchement, ce qui coïnciderait au retour à la normale des changements physiologiques occasionnés par la grossesse, et ce, vers la sixième semaine du post-partum. Mais près du tiers des femmes ont arrêté d’avoir des relations sexuelles après le premier essai à cause de la trop grande douleur. Ce qui peut représenter un impact négatif à moyen terme sur la sexualité.

À quatre mois post-partum, la fréquence des relations sexuelles est moindre pour la majorité des couples par rapport à ce qu’elle était avant la grossesse. Pour cause, la fatigue, le sentiment d’être moins attirante et l’inconfort coïtal. Pour les hommes, on note que la majorité n’ont pas subit de changement en ce qui concerne le désir sexuel, contrairement à la moitié des femmes. Le désir sexuel peut être influencé par différents facteurs tant psychologiques, physiologiques que sociaux et ces facteurs peuvent être reliés entre eux. Par exemple, les douleurs occasionnées par l’épisiotomie ou par une déchirure du vagin produisent indirectement une baisse au niveau du désir sexuel. La baisse d’œstrogènes après l’accouchement provoque une atrophie et une sécheresse vaginale, surtout si la femme allaite. La prolactine, hormone qui stimule la sécrétion du lait chez la femme qui allaite aurait un effet inhibiteur direct sur le désir sexuel. Enfin, la fatigue constitue une raison évoquée pour ne pas avoir de relations sexuelles chez la femme. Au niveau psychologique, la baisse de désir sexuel peut avoir lieu lorsqu’il y a présence de dépression. Les cours prénataux n’offrent bien souvent pas ou peu d’information sur la vie sexuelle en post-partum. En général, les médecins traitent plutôt des aspects médicaux de la sexualité.

 D’autres facteurs situationnels peuvent jouer et se rajouter, comme des problèmes de santé chez la mère ou chez l’enfant, des problèmes financiers, la dépression, etc.

 Selon Senécal3, le post-partum chez certaines femmes peut durer quelques jours tandis que pour d’autres, cette période peut s’échelonner sur plusieurs semaines, voir plusieurs mois. Une grande proportion des cas de dépressions surviennent après la naissance de l’enfant. La mère est donc souvent laissée pour compte. Ce qui est le résultat de la fatigue, l’irritabilité, la tension et l’anxiété. Il note trois sortes de dépression : légère, modérée et sévère. Oui, il y a des changements de toutes sortes qui surviennent lors de cette période, mais ceux-ci ne sont pas tous vécus de la même façon d’une femme à l’autre ni d’un couple à l’autre non plus.

Richard Dansereau (M.A.) Sexologue clinicien.

POST-SCRIPTUM

  • 3 Senécal, M. Les aspects critiques de la période post-partum. Montréal : Maîtrise en psychologie.

    U.Q.A.M. 1983.

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Mots-clés :
Sexualité Couple Désir