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Sexualité et Communication Non Violente
Sexualité et Communication Non Violente
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10 juillet 2015
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Nana Turopathe, 55 articles (Naturopathe)

Nana Turopathe

Naturopathe
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Sexualité et Communication Non Violente

Sexualité et Communication Non Violente

Il n’est pas forcément évident de parler de sexualité, même au sein de son couple, et même quand on se connaît depuis des années.
On peut en effet avoir peur de la réaction voire du jugement de son / sa partenaire, si on décide de lui parler de ce qu’on aimerait tenter en terme de pratiques, ou encore de ses fantasmes.

Il est encore plus difficile de se parler quand certaines choses se passent mal dans la sexualité : on a peur de blesser, d’être blessé(e), que l’évocation des difficultés sexuelles aboutissent à une rupture …

 

Bref, parler de sexualité n’est pas chose aisée ! Alors comment faire pour l’évoquer, en tenant compte à la fois de soi et de l’autre, en restant bienveillant, en évitant les conflits, et pour faire en sorte que les choses évoluent dans le bon sens ? Nous allons voir ci-dessous en quoi la Communication Non Violente peut nous aider à communiquer autour de ce sujet de la plus haute importance !!

La communication non violente, ke zako ??

La Communication Non Violente ou CNV est un processus de communication initié dans les années 70 par Marshall B. Rosenberg, qui permet d’exprimer ses émotions et ses besoins, tout en restant enempathie avec soi et avec l’autre. C’est un mode d’expression et d’écoute basé sur la bienveillance et l’élan du cœur, qui s’adapte à toutes les situations, tous les domaines de la vie (travail, couple, famille, amis..), toutes les personnes, et toutes les cultures. La CNV nous permet donc de rester en lien, et de désamorcer les conflits potentiels.

Elle est constituée de trois étapes-clefs, permettant à la fin d’énoncer une demande à l’autre :

1. Observation des faits :

La CNV recommande de parler de faits concrets et objectifs pour décrire les événements plutôt que de juger ou d’interpréter. Cela paraît facile, mais on a tendance à plaquer sur nos observations nos propres projections, nos propres filtres. Elles sont alors teintées d’évaluation, de jugement, d’interprétation. Il s’agit ici d’être dans la neutralité, afin que notre interlocuteur ne se sente pas attaqué par ce que nous observons, et donc reste dans une ouverture par rapport à nous. Concrètement, lorsqu’on observe un comportement concret qui affecte son bien-être / celui de l’autre, on se pose la question « Qu’est ce qui est ? ».

Exemple : dans le cadre de la sexualité, vous pouvez évoquer telle position, telle pratique, la dernière fois que vous avez fait l’amour, etc., de manière objective, sans arrière-pensée aucune.

2. Identification et expression de nos sentiments et émotions :

La CNV invite à développer notre intelligence émotionnelle ainsi que notre vocabulaire émotionnel, pour accueillir et exprimer toute la palette des émotions et leurs messages. En effet, plus nous sommes au clair avec nos émotions, dans toutes les nuances qu’elles proposent, plus nous pouvons les exprimer à l’autre le plus fidèlement possible. Concrètement, on réagit à une situation donnée par un sentiment, une émotion, ou on se demande ce que ressens l’autre. On se pose donc la question « Qu’est ce que je sens / qu’est ce que sent mon interlocuteur ? »

Exemple : dans le cadre de la sexualité, les émotions agréables peuvent être la satisfaction, le bien-être, la joie, la plénitude ; et les émotions désagréables, la colère, la peur, la frustration, la honte, etc.

3. Reconnaissance de nos besoins :

Il s’agit ici de nos aspirations et motivations, qui sont alors révélées par nos émotions. Effet, la CNV part du principe que nos émotions ne sont pas liées aux événements et situations que nous vivons, mais à des besoins qui sont comblés ou non chez nous, à un moment T. Les émotions agréables signifient ainsi qu’un ou plusieurs de nos besoins sont satisfaits ; les émotions désagréables, qu’un ou plusieurs de nos besoins ne le sont pas. Il y a différents types de besoins (besoins vitaux, relationnels, etc.). Ils concernent ainsi tous les domaines de notre vie, et sont différents selon chacun (mis à part les besoins vitaux, alors universels). Concrètement, on cerne ici les désirs et besoins qui ont éveillé ce sentiment chez soi ou l’autre, et on se pose la question Qu’est de que je veux, quel est mon besoin / que veut mon interlocuteur, quel est son besoin ?

Exemple : dans le cadre de la sexualité, on peut avoir besoin d’écoute, d’échange, de regard, de bienveillance, de douceur, de partage, de rires …

4. Formulation d’une demande  :

Les 3 étapes précédentes permettent de poser une demande à l’autre. Cette demande en CNV comprend plusieurs critères : elle doit être claire (elle concerne une action concrète à mettre en place), concerner une personne en particulier (Il vaut mieux ne pas utiliser de pronom indéfini, sinon l’autre ne se sent pas concerné, et la demande a peu de chance d’aboutir), être formulée demanière positive (la formulation négative est souvent interprétée comme une critique par l’autre qui se met en position défensive et est alors moins apte à nous répondre favorablement), être réalisable(si vous demandez la lune, ne vous étonnez pas si on refuse !) et négociable (Il s’agit ici d’une demande et non d’une exigence. Si l’interlocuteur l’interprète comme telle, il est fort possible qu’il refuse par principe ou accepte par obligation, ce qui dans les deux cas est délétère pour la relation).
Exemple : dans le cadre de la sexualité, on peut demander à aller plus doucement / plus vite, se regarder pendant l’acte, éteindre / allumer la lumière, utiliser un lubrifiant …

CNV et sexualité :

La CNV est particulièrement pertinente à utiliser dans le cadre de la sexualité, et ce pour plusieurs raisons :

D’une part, ce mode de communication nous permet de comprendre que nos états émotionnels n’ont rien à voir avec l’Autre, ce qu’il a fait, pas fait, dit, pas dit, etc., et inversement. Nous sortons donc de la culpabilité et de la culpabilisation du/de la partenaire (« C’est de ta faute si je n’ai pas d’orgasme », « C’est de ma faute si tu ne jouis pas », etc.), et nous prenons donc la responsabilité de ce que nous éprouvons (« Je suis en colère, mais ce n’est pas la faute de ma partenaire ; ma colère est liée à un besoin non comblé en moi »). La relation est donc plus légère. Cela dit, prendre la responsabilité de nos ressentis ne nous empêche en rien d’échanger autour de ce qui pose problème dans la sexualité de couple, et d’essayer de trouver ensemble des solutions qui satisferont tout le monde !

D’autre part, la CNV dans ce cadre-là est fort utile car elle permet d’initier le dialogue autour de la sexualité et de le maintenir, d’énoncer ses désirs, besoins et attentes (ce qui n’est pas toujours facile !), de debriefer sans agressivité si les choses ne se sont pas déroulées comme prévu (ce qui s’avère bien souvent très délicat et motif de conflit), de développer de l’empathie par rapport à l’autre (être à l’écoute de ses désirs, besoins, et émotions), et de faire en sorte que la relation reste fluide, sincère et authentique.

Par ailleurs, la CNV implique une certaine introspection, puisque pour prendre conscience de ses propres émotions et besoins, il faut les identifier et donc se pencher sur soi-même (ce qui n’est pas forcément dans nos habitudes !). Elle permet donc de partir à notre propre rencontre, et de connaître nos désirs, en matière de sexualité, dans l’ici et maintenant (ce qu’on veut aujourd’hui quand on a envie de faire l’amour ne correspond pas forcément à ce qu’on souhaitera la fois d’après !). On peut alors prendre conscience qu’on aime la douceur, qu’on préfère au contraire quand c’est plus soutenu, que certaines pratiques ne nous conviennent plus, qu’on aimerait en essayer d’autres, qu’aujourd’hui on souhaiterait garder la lumière allumée, etc. La CNV, de par les capacités d’introspection qu’elle implique, nous permet de mettre à jour nos aspirations du moment, de mieux nous connaître, de mieux connaître l’autre, et donc de faire évoluer notre sexualité, en fonction de nos besoins propres, mais également en fonctions de ceux de l’autre.

Enfin, la CNV nous permet de prendre la responsabilité de nos émotions et de nos besoins, et de formuler des demandes. En matière de sexualité, c’est extrêmement important ! En effet, notre partenaire, même s’il nous connaît très bien, ne peut pas deviner ce qu’on désire en la matière, si on ne le lui communique pas ! De même, la sexualité étant en constante évolution, ce qu’on aimait il y a quelques années ne correspond plus forcément à ce qu’on aime aujourd’hui ; il est donc impératif que notre partenaire soit au courant, et pour cela, une seule solution : le lui dire !

En somme, la CNV est un formidable outil de communication permettant d’évoquer n’importe quel sujet, même le plus délicat, dans la bienveillance et l’empathie par rapport à soi et l’autre ! Cela dit, il faut bien garder à l’esprit qu’on reste des êtres humains, donc à ce titre, étant imparfaits, notre communication ne peut pas être tout le temps irréprochable. Soyons donc indulgents envers nous-même et notre partenaire ! Il n’est pas toujours possible de pratiquer la CNV, surtout dans un domaine tel que la sexualité, directement lié à la confiance en soi, l’estime de soi, l’image du corps, et dans lequel les émotions sont très fortes. L’essentiel est de garder à l’esprit que cette manière de communiquer existe, qu’elle est fonctionnelle, et qu’elle permet d’entretenir des relations saines, avec soi-même et avec l’autre !
Enfin, c’est un mode de communication à part entière, qui nécessite donc un temps d’adaptation. On ne fait pas de la CNV tout le temps, ni tout de suite après en avoir compris les principes ! C’est un processus d’apprentissage qu’on acquiert progressivement, mais une fois qu’on l’a acquis, il est des plus efficaces et bénéfiques pour la relation !

Voici l’ouvrage de référence, pour celles et ceux que ça intéresse : « Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs » Marshall B. Rosenberg.

Nana Turopathe
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émotion